Articles de luober

La goutte d'eau

Par Le 2015-10-22



Une larme salée avait glissé de ton oeil
Tombée sur le sol pour en faire le deuil
La goutte d'eau faisant déborder le vase
Et n'empéchant pas que les autres jasent

Bien entendu, tu m'as tant aimé à ta façon 
Si profondément, ma Mirontaine, mironton
Autrefois, t'en souviens-tu, jolie madame ?
Quand je m'enfoncais au creux de ton âme 

Et nous portions en nous tant de déraison
Claire la fontaine où nous nous baignions
Depuis, elle s'est emplie de mille pleurs
De folles espérances, de rêves de bonheur 

Dans les eaux vertes et froides de la Durance
Les poids sont rouges et à nos pieds dansent
Je goûte à nouveau et je m'égoutte toujours  
D'une oreille assez discrète en ascète du jour   

Nous savons la saveur acide de toute solitude
Car elle est bien souvent, plus qu'une habitude
Moite grandeur et décadence des jouvenceaux
Filet qui coule en ruisseau brûlant notre peau


La goutte d'eau est bien plus qu'un supplice
Quand sur ton visage s'écoule un sanglot lisse
La goutte d'eau faisant déborder l'emphase
Et venant ponctuer humidement mes phrases


Goutte d eau

Lit conjugal

Par Le 2015-10-20


(Poème dédié à la mémoire d'un vieil ami disparu)
 

Aux yeux de mes quinze ans, tu étais grand et beau
En toi, je retrouvais l'image de l'amour
De tes gémissements naissaient en un credo
Les plaintes du plaisir avec la fin du jour

Lit conjugal, passé hyménéal
Un premier faux pas, primordial

Et je rêvais de toi, les nuits de solitude
Tes draps fins me narguaient, je les voyais emplis 
de furieuses étreintes, de douces habitudes   
Et le clairon barbare m'arrachait à tes plis

Lit conjugal, présent abyssal 
Pas l'idéal pour mon moral

Aujourd'hui, tu n'es plus qu'un matelas sans âme
Tes ressorts fatigués m'accueillent avec des cris
La femme qui y dort, cette femme, ma femme
Comme en un cimetière, y enterre nos vies

Lit conjugal, futur létal
Et tout devient banal

Je m'y couche à regret, je le quitte avec joie
Rarement, j'y pratique et par nécessité
Le devoir conjugal, cette sinistre croix
Qu'une erreur de jeunesse m'oblige à porter

Lit conjugal,  impératif  final
De la solitude être le vassal





Lit conjugal


 

Vois-tu...

Par Le 2015-10-16

 

Vois-tu, je ne demande pas grand chose à la vie
Si ce n'est sur le sol, tracer un cercle d'amis
Sais-tu que je ne demande guère plus à la nuit
L'étreinte de ton corps, contre moi, me suffit

Sens-tu que je suis douce clarté, rêve et émotion  
Dans mon cercle magique je protégerai ton nom
Mais dans mon coeur je te répèterai à l'infini
Dessinant tes courbes jusqu'au bout de mon lit 

Comprends-tu que désormais, je te porte en moi 
Tu es le ruisseau, l'hirondelle, mais surtout toi
Ta nature rebelle et sauvage, je saurai apaiser
Mes mains, sur ton ventre, sauront te caresser

Vois-tu, je ne demande pas plus que toucher l'absolu
Ce sentiment de plénitude qui me porte aux nues
Vois-tu, tu me véhicules vers de nouvelles contrées
M'emportant avec toi, gravir ces imposants sommets

Et là, sur le toit vibrant de tout ce qui fait le monde
Je serai colibri inondant de nectar, ta matrice féconde
Mon regard d'Est en Ouest saura se perdre à jamais
Dans tes yeux, si troublants, qui ont su me regarder



P132

Je cherche un lointain refuge

Par Le 2015-10-14

 

Je cherche un lointain refuge où aller me poser
Moi, l'aigle solitaire, le vieil oiseau blessé
Et je partagerai mon corps, toute ma créativité
Avec celle qui comprendra ces belles subtilités

Je me poserai sur le nid de toutes mes voluptés
Moi, l'homme d'espérance qui fut tant bousculé
Là, je déferai délicatement toute sa carapace
Et je baiserai son sein de mon bec de rapace

Je voudrais un asile pour les coeurs sinistrés 
Moi, l'homme apportant de nouvelles idées  
Loin de ce monde fou et empli d'excités
Cherchant encore les clés de ma félicité

Je rêve d'un repaire où aller m'abriter
Moi, le vagabond de toutes sensualités 
Et je me blottirai au fond de sa matrice
Dans mes sentiments rien ne sera factice

Je cherche un abri, un havre de paix
Où parfois je puisse enfin me retrouver
Quand il fait nuit sur le noir de nos âmes
Et que j'ai en moi le désir d'une femme 

Je cherche un lointain refuge où aller reposer
Ces grandes ailes déployées et à présent usées
Alors, je m'endormirai royal toute contre celle
Qui saura comprendre ce qu'est battre de l'aile



Aigle

Il manque à nos vies

Par Le 2015-10-13


Amis, amies, il manque à nos vies
Une plage de Floride, un brin de folie
Un vent du sud qui balaye l'ennui
Et dans nos âmes, la cruelle ironie
Enfin retrouver ce courage d'aimer
Et apprivoiser les coeurs déchirés
L'amour est un vent insaisissable
Une poignée de grains de sable
En cette saison où l'on perd ses feuilles 
Où l'on mène combat de tous nos deuils
Malgré tout, on avance, on persévère
Tu m'étonnes, automne, poète sévère
Revois  ta copie à la lueur des bougies
Faisant naître en nous la subtile magie
Dis-moi quand pourrais-je m'épanouir ?
Et de ton corps offert, mon âme nourrir
Amis, amies, il manque à nos vies
La clarté qui assombrit nos nuits



P131


 

Je croyais être creux

Par Le 2015-10-10



Tel un tronc pourri, je croyais sonner creux
Oubliant de vivre et de ressentir pour deux 

Je pensais être pour toujours mort à la vie
Et pourtant, depuis toi, voilà que  je revis​
Autrefois, fantôme livide, spectre esseulé
Puis le tombeau s'ouvre, et voilà je renais​

Espére ! Est-ce paire, d'être à deux ?
A la lumière de ton amour radieux
Fleurs d'automne, souvent blêmes 
Me feraient aimer les chrysanthèmes

 Mes désirs sont virevoltants, débordants
Mes soleils, devenus des châteaux brillants
 Mes mémoires d'outre-tombe bien enterrées 
Et mes lunes toutes plus fécondes, désormais
Je construis de doux souvenirs pour mille ans
Je rebâtis mon coeur, mon intérieur lentement

Espère ! Est-ce paire, d'être heureux ?
Sous la force de mon esprit aventureux
Fleurs d'automne, fin des hortensias
Tu porteras mon coeur à bout de bras

Je croyais être creux et ne plus pouvoir aimer
Et pourtant, malgré tout, j'aime comme jamais



Croyance

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