Articles de luober
L'empire d'essence
Dans tous nos plaisirs raffinés, les sens s'évaporent
Passant en revue mon derrick, ce phare métaphore
Je mets tentations sur le lit blanc couleur paraffine
Le baril fluctue et Marylin en a marre des pipe-lines
Variations énigmatiques du prix à la pompe, pom-pidou
Raconte-moi tes histoires drôles de pétrole, si noir bijou
Je n'extrais que du fioul de la plateforme de ma taulière
M'arrêtant aux stations services avec l'ambulance, hier
Bolides lancés sur la route, allemandes, grosses berlines
Recouvrant l'impôt ou la dîme, et d'un drap James Dean
Et tu carbures à l'an qui passe dans ce monde de brut
Au volant d'un camion si terne, tu roules vers ta chute

J'ai le cœur insulaire
Aujourd'hui, j'ai le cœur insulaire et l'âme vagabonde
Rêvant de longs dimanches à l'autre bout du monde
Devenir un homme accompli me prendra toute une vie
J'écrirai une suite au mot bonheur, une histoire infinie
Passer du temps avec ceux que j'aime, sera-t-il suffisant ?
Alors, j'organiserai toutes mes fuites pour aller de l'avant
Je voudrais dessiner les nouveaux contours de ma vie
Sur une feuille vierge, avec le crayon gris de mes nuits
Dans mon imprimerie clandestine, avec mon caractère gothique
La première impression est que tu es la bonne, coeur en panique
Vouloir devenir un autre est plus difficile que devenir soi
J'ai si peur. Rassure-moi. J'ai si mal au coeur. Aime-moi
Portant au fond de moi l'envie de renaître au monde
Aujourd'hui, j'ai le cœur solitaire et l'âme furibonde
Demain, rugir, bondir, surgir et entrer dans ta ronde
Aujourd'hui, j'ai le cœur insulaire et l'âme vagabonde

Il suffit que je pense à toi
Il suffit que je pense à toi,
Moi, la lourde statue d'airain
Pour m'alléger enfin d'un poids
L'instant présent nous appartient
Il suffit que je pense à toi,
Et la vie me paraît plus douce
Fleur de coton, étoffe de soie
Destin suçant son coup de pouce
Il suffit que je pense à toi,
Et j'oublie toute sclérose
Car au plus profond de moi
Tu réveilles tant de choses
Il suffit que je pense à toi,
Pour que mon agitation cesse
Oui, en l'amour, alors je crois
Moments de parfaite allégresse
Il suffit que je pense à toi
A tous tes sourires mutins
A ton corps gracile en émoi
Qui se donne au petit matin
Il suffit que je pense à toi,
Et tout le ciel s'entrouvre
Regarde, je n'ai plus froid
Tout mon coeur se découvre

A tous mes septembre
Mes automnes d'autrefois étaient emplis de fange
Sous les pluies de septembre et les flaques de boue
Me tirant vers l'étrange et me mettant à genoux
Je n'entendais que rarement le murmure des anges
Quand ce mois arrivait avec sa couleur d'ambre
Détournant le regard d'autres cieux plus sereins
Trop souvent à affronter un bonheur incertain
Les feuilles en voyage laissant si nus les arbres
Pris dans le tourbillon des vents de septembre
Je montais parfois ma vie à l'envers des saisons
En refusant de les suivre et d'entendre raison
Je restais prostré, assis seul dans ma chambre
Jeune, j'avais tant peur que la mort me visite
Septembre m'a ouvert l'esprit à ses senteurs
Ces odeurs de sous-bois et parfums de bonheur
Je n'avais pas les yeux tournés vers doux zénith
Septembre m'a montré que la vie n'est pas triste
Le raisin que l'on piétine dans tous les fouloirs
Sait me griser la tête, chassant mon désespoir
L'automne peut porter des pensées optimistes
A tous mes septembre, je fais la révérence
Car ils m'ont apporté une forme de résistance
A tous mes septembre, je dis soyons plus vieux
Sous les gouttes de pluie, tout peut être merveilleux

Du sommet de l'Olympe
Avec toi, une nouvelle mythologie, j'instaure
Me voilà donc pareil, au merveilleux centaure
Quand sur moi, avec tant de volupté, tu grimpes
Pour que nous décollions ensemble vers l'Olympe
Je me sens alors pousser d'Icare, les ailes
Devenant ton héros, et faisant tant de zèle
Entre tes jambes, entamant un long marathon
Tels Ulysse, Hercule, ou le coureur de fond
En ces contrées humides où rien ne pousse
A part de subtils cris d'agonie, ma douce
Ma liane aime à se perdre en cette forêt
Ton sanctuaire qui n'est plus à déflorer
J'irai cueillir porté par un amour solide
Les pommes d'or du jardin des Hespérides
Me blottissant contre tes tendres fesses
Telle Aphrodite, tu es mon unique déesse
Quand enfin je me répands dans ta bouche
Je suis un dieu en extase dans ta couche
Dans tes bras, je pourrais vivre mille ans
Immortel, parmi les Immortels, et confiant
Pour toi, je vaincrai tous les Minotaures
Je m'en irai voler toutes les toisons d'or
Je suivrai avec persévérance le long fil d'Ariane
Menant à ton coeur et que je mettrai en flamme
Avec la volonté du Phénix, et l'oeil du Lynx
Déjouant toutes les subtiles ruses du Sphynx
Je serai à la fois Jason, Thésée et Achille
Je serai alors courageux, héroïque et agile
Du sommet de l'Olympe, chutant de mes rêves
Poséidon, Héphaïstos et Apollon sont en grève
Et je ne puis t'aimer qu'avec mes faiblesses d'homme
Doté des seuls pouvoirs emplissant la tête des mômes

Tu es, tu hais, tuer
Tu es celle qui me sauvera
Tu hais ce que je ne suis pas
Tuer celle que tu ne veux pas
Tu es, tu hais, tuer, les trois
Je suis comblé par nos plaisirs
J'essuie, laver celle que j'admire
Jais, suie, corbeau et noir désir
Je suis, j'essuie, j'ai su réagir
Nous sommes addition, exception
Car de l'amour, tu es ma révélation
Posons nus, sans retenue, cupidon
Portant notre bonheur en dévotion
Tout comme la Sainte Trinité
Tel le Saint-Esprit révélé
Casser les murs, se retrouver
Lever toutes nos ambiguïtés
Vaincre tes peurs , t'apprivoiser
Convaincre ton coeur de m'aimer
Vivre nos rêves en toutes saisons
Pour les voir poindre à l'horizon
Tu es ma beauté, ma fragilité
Tu hais l'envie de t'éloigner
Tuer les doutes, les dissiper
Tu es dans mon ciel à jamais
