Articles de luober
D'ombre et de lumière
Je suis l'ombre et j'ai tué la lumière
Pensée sombre couchée sur une civière
J'erre de châteaux plus forts que moi
En de profondes douves, où je me noie
Je suis sombre, je n'ai pas vu ta lumière
J'ai vite refermé la fenêtre de derrière
L'entrée des obscures et si noires messes
Et, j'ai blessé la colombe par maladresse
J'essuie l'ombre autant que tes larmes amères
Dans les souterrains cachant les trois mères
Hier, j'étais la noire et jaune salamandre
Je suis le ver de terre, réduit en cendres
Tu es aussi sombre que je fus ta lumière
Dans l'amour, je ne ferai pas carrière
A personne, je ne peux ouvrir mon coeur
Moi, le dragon d'or, porteur de malheur
Il fait nuit mais je vois de la lumière
Au bout de ce couloir coule une rivière
Sur la barque solaire voguant vers le ciel
Navigation silencieuse et regrets éternels
Je suis l'ombre et j'ai tué la lumière
Je suis redevenu ce que j'étais naguère
Un triste sire, une ombre bien éphémère
Et de ta douce amitié, j'ai fait un cimetière

Toucher ce ciel si bleu
Le temps nous appartient, quelle révolution
Au monde à se mettre enfin à notre diapason
Une aventure si magique secouant nos coeurs
Règne en nous tant de plénitude et de douceur
Voilà un rêve que je peux toucher à chaque heure
Rien ne laissait présager cet immense bonheur
Hormis tous ces nuages s'écartant de mon ciel
Il ne faut jamais croire, en chaque jour pareil
Ne baisse pas les bras si tout, autour de toi, change
Car demain sera mélodieux comme deux mésanges
Et partout la vie nous sourira radieuse, ce sera divin
Surtout la nuit nous appartiendra, je te dirai : "enfin"
En toutes ces belles heures passées contre ton sein
L'amour reste le passeport qui nous ouvre demain
Toucher ce ciel si bleu, bleu comme un rêve jaune
Caresse sur mon corps, ouvrant le coeur d'un homme

Le poème du croquemitaine
Le 31 octobre, du soir au matin
Je prendrai volontiers SAMAIN
et je la couperai jusqu'à l’aisselle
pour la faire sécher dans du gros sel
Pour fêter ça,on mangera bonbons et pâtes
Avec mes amis fantômes et psychopathes
Ensuite, on jouera à se foutre la trouillle
Décorant de bougies de grosses citrouilles
Nous ferons alors le sabbat avec les sorcières
Et on se les tapera juste après les packs de bières
Puis, on ouvrira aux esprits retors le passage
Mettant le feu aux peluches des enfants sages
On rangera les cendres dans des urnes
Puis après le grand tapage nocturne
Quand la police téléphonera aux matines
Alors je répondrai : Allo, Allo, Halloween

L'homme seul
L'homme seul au bout de la grève, prêt à se jeter à l'amer au goût d'amants.
Sentiments en ébullition emplis des mots : globine, globules, rouge, sang.
A cours d'amour et à corps de chasse, sonne sa retraite, enfin il rend grâce.
De rêves non aboutis en cauchemars qui glacent, il ne trouve plus sa place.
L'homme seul, cherchant une trêve avec lui-même, tombe dans l'impasse.
Dans l'étroitesse de ses pensées, son corps y dort et son cœur rend grâce.
Dès lors, c'est à grands cris que la mer lèche et que le sel ronge patiemment
Toutes ses réflexions solitaires dont il s'enrichit et où l'or loge avec le temps.

Voyage au pays des mots
Seul sur mon coeur isolé, tel Robinson qui crut Zoé
Je navigue parmi les Marquises de la haute société
Chaque départ vers une île est un recommencement
Chaque destination révèle qui nous sommes vraiment
J'ai été riche coiffeur chez les Argent teints
J'ai été pauvre et j'ai coulé chez les lamentins
Visitant la pompe Afrique, les puits à pétrole
Voyant tant de disparités, pas vraiment drôles
J'ai vécu en Suisse, dans un abri de fortune
Mal garé en Lorraine, où j'ai pris une prune
En allant tout au nord, vais-je devenir un Viking
Ou tel un anglais à New-York, faire un père Sting
J'ai forgé mon caractère en Italie que j'adore
J'ai été chien avec les chiennes et doux labrador
Et au pays des kangourous, et des dingos malins
J'ai du ronger mon os, trahi par tous les miens
Assigné à faire de très gros chèques en Slovaquie
Roulant en orient sur de drôles de ma Chine en folie
J'aurais été souvent à la Rue si tu n'avais pas été là
Car j'ai fumé du saumon pas très frais aux Pays-Bas
Parcourant tous les sommets du triangle terre
J'ai Bolivie, mais ça ne sert à rien en Asie
Acteur de ta bienveillance qui m'a éconduit à Paris
Jouant sur les quais de Seine, beau théâtre de la vie
Voyageur, j'ai souvent fui ma réalité
Avant d'enfin la coucher sur le papier
Voir ailleurs était ma façon d'exister
Avant de pouvoir le bonheur toucher
Tous les pays du monde, Univers plus de liberté
Pour rêver, parler, écrire et pouvoir s'exprimer
Et, pour que tous mes mots voyagent et dansent
Je reviens toujours près de vous, ma chère France

Elle s'en est allée
Le souvenir de son tendre visage était porté par le vent
Et, dans les arbres, il m'apparaissait de temps en temps
Aux toutes premières gelées, j'ai su que je l'aimais vraiment
Mais la fin de l'hiver a commis un délit envers mes sentiments
Alors de branche en branche, je cherchais son corps du regard
Un rêve de silhouette, fugace, impalpable, me laissant hagard
Et mes yeux fatigués attendaient souvent le marchand de sable
Fantôme de mon coeur, épuisé par l'absence, tu es si vulnérable
Les feuilles éparses jonchaient le sol, jolie clé musicale
Chantant dans mon âme certaines douleurs abyssales
Autrefois dans ses bras, l'amour était à ma portée
Mais sans aucune fausse note, elle s'en est allée
