Articles de luober
Le calice d'Alice
Avant que je ne pèle la peau lisse, bleu gyrophare
Devant mon terrier je m'abandonnais au désespoir
Je ne savais plus donner, encore moins être aimant
Restant enfermé, trop bien calé dans le firmament
Je ne savais plus rêver, mon coeur était absent
Car l'amour ne se décrète pas, mais il se ressent
Lapin blanc qui avait mangé tout son pain noir
Ton corps a eu pour mon émoi tous les pouvoirs
Et je me suis épanché en ton calice, belle Alice
Ce fût délicat, ce fût délice, un brin de malice
La vie m'a tout donné, la nuit m'a tout appris
Se livrer page après page, a toujours un prix
Egoistement, j'ai le droit de vouloir être heureux
Amant, j'ai tant souhaité me refléter dans tes yeux
Je voudrai que tu puises dans ton passé et en toi
J'aimerai que tu ne puisses plus te passer de moi
Aimant parcourir de ma bouche la carte du tendre
Sur ton corps fiévreux pendant des heures m'étendre
Alice, tes seins sont faits pour le creux de mes mains
Leurs pointes si délicates se dressent déjà vers demain

L'appel des sirènes
J'ai une certaine idée de la vie, de l'amour
De ces soupirs naissant avec la fin du jour
Est-ce poire qu'être fruit de la passion ?
Etal au grand jour de toutes mes émotions
Je ne peux, ni ne doit aimer tout le monde
Laissant s'envoler mes pensées moribondes
Cachant douleurs derrière urgence à aimer
L'appel de certaines sirènes reste un bienfait
Je me laisserai séduire par la femme-poisson
Qui me fera voguer vers de nouveaux horizons
Sur ses côtes pointues, je m'arrête dorsale
Prêt à m'engloutir dans cette union astrale
Et tel le héros Ulysse, naviguant sans cesse
J'écaillerai volontiers ses magnifiques fesses

C'est une fille extra
C'est une fille extra mais un tout petit peu sorcière
Que j'aurai pu rencontrer au centre d'une clairière
Elle sait se plonger en moi et dans toutes mes peurs
Comprenant vraiment comment fonctionne mon cœur
Tout me paraît plus facile quand j'entends son discours
Elle me donne envie de renouer aux choses de l'amour
Moi, je l'ai parfois blessé par mille maladresses
M'en voulant de lui avoir causé tant de tristesse
Me faisant comprendre que la vie est bien courte
Et que de mon œil aveuglé, elle enlèvera la poutre
Dans certains de mes rêves je me suis redécouvert
Lisant en moi par magie comme dans un livre ouvert
Elle tourne sans fard les pages de mes hésitations
J'avais oublié ce que voulait dire le mot "séduction"
Elle veut me délivrer de toutes mes illusions
Me rendre heureux pourrait être sa mission

Trois fantômes et un chien fou
Dans le désert que fût mon coeur
Erraient quelques esprits frappeurs
Trois étranges spectres faisant "booo"
Murmure aux oreilles d'un chien loup
Le premier fantôme venait du passé
J'ai mis très longtemps à l'oublier
Se glissant dans toutes mes transes
Présent en moi en fin d'adolescence
La seconde ombre hantait le présent
Me le faisant vivre plus intensément
Révélant enfin que j'étais important
Et que cela valait le coup d'être vivant
Le troisième fantôme regarde le futur
Et caresse doucement mon coeur si pur
Il murmure à mon oreille des "je t'aime"
En me redonnant une confiance extrême
Aux côtés des spectres garde-fous
Oui, ce fut moi, ce jeune chien fou
Dans ces promesses de bonheur
Désormais plus trace de douleurs

Seine de crimes
Sous le pont Mirabeau coule la Seine du crime
A Paris, la tristesse le dispute à la peine, ultime
Quand vient la nuit et que sonne notre heure
Sur les trottoirs, les corps sans vie demeurent

Les morts vous parlent
En mémoire des victimes des attentats du vendredi 13 novembre 2015
En ces temps barbares, écoutez, les morts vous parlent
Ils disent que l'âme de certains hommes est très sale
Au nom d'un Dieu, ils servent les desseins du Diable,
Ces fauteurs d'attentats et tous leurs actes minables
Paris saigne, la terreur règne
En ces temps sombres, voyez, comme tous nos morts sont calmes
Derrière nos pleurs, ils nous veulent solidaires face au drame
Ces chiens de la haine, lâchés dans nos rues, et qui aboient forts
Seront muselés, euthanasiés par notre coeur et tous nos efforts
Paris souffre, odeur de soufre
En ces temps de cohésion nationale, les morts vous parlent
Restons fermes face aux prisonniers de l'aliénation mentale
Jamais, on ne rasera gratis tous ces barbus et ces barbares
Les Nations libres mèneront ce dur combat face aux ignares
Paris pleure, sombres heures
En ces temps barbares, écoutez, les morts vous parlent
Que résonnent les bourdons dans toutes les cathédrales
En mémoire des âmes envolées, des innocentes victimes
Nous leur devons tous les combats contre le fanatisme
Paris se relève, la main sur le glaive
