Le blog poétique de LUOBER

Retrouvez ici, poèmes, articles et passions culturelles de votre héros,
ainsi que toute la petite histoire de la trilogie et autres anecdotes.

Peinture



Aux couleurs changeantes de la vie
A tous les coups de pinceaux réussis
Je rends un vibrant hommage

En posant mon regard vers mer
J'aperçois sur une langue de terre
La jeune fille à la perle, bien sage

Des teintes pastels au rouge de braise
Du bleu de Klein au vert de Véronèse
Du brun Van Dyck au noir Soulages

Derrière le pourpre et le vermeil
Nos yeux éblouis s'émerveillent
Devant autant de poésie visuelle

De l'orientaliste Majorelle
Dont le bleu-violet étincelle
Je garde une vision de ciel

Le jaune de Van Gogh qu'il brosse
Et sur lequel, éclatant, il s'adosse
Nous ouvre la porte du soleil



Vangogh10

 

Un lac



Un lac est tendu d'eau, capillarité du ciel
Echo dans une pièce où on lance un appel 
A pile ou face, surface où l'onde se mire
Dans son reflet la montagne s'admire

Pureté de l'air empli de silence
Si petit quand tout est immense
En visiteur, intrépide marcheur
J'emprunte les sentiers du coeur

Respirer avec le poumon vert de la Nature
Quand mon corps est ici la seule voiture
Véhiculant mon âme vers tant de merveilles
Sur les berges du lac profond où la truite fraye 

Ici, on se sent en paix et à l'aise
La solitude à personne ne pèse
La nuit fait briller parfois mille étoiles
Sur la surface plane de ce liquide voile

Du débordement de cette eau enfantée par la glace
La vie s'abreuve tel le chamois, la marmotte, le rapace
Dans les vallons tout proches où le lac éternel ruisselle
Un parterre de fleurs multicolores dans les prés étincelle

Un lac majestueux au pied d'une montagne
Et où tous nos rêves les plus doux stagnent
Pures eaux glaciales des sommets enneigés
Nous ne sommes qu'une goutte d'eau en vérité
  




Lac

Un jour, je m'endormirai...



Un jour, je m'endormirai et mon âme sereine
Viendra survoler des Champs Elysées, la plaine
Tout sera alors plus léger que ne l'est aujourd'hui
Et je laisserai mon corps mort vivre sa longue nuit

Un jour, je m'endormirai d'un sommeil infini
Ainsi je retrouverai quelques parents et amis
Et nous rirons le vent, nous rirons la pluie et le temps
Je n'aurai plus froid dans mon coeur bien trop grand


Un jour bleu, je m'endormirai seul ou à côté de celle
Qui aura vu dans mon dos, pousser ces blanches ailes
Plumes à écrire que j'aurai essayé lentement de déployer 
Pour voler au secours de mes rêves, mes belles éternités

Un jour, je m'endormirai avec encore des mots en moi
Ceux que l'on n'a pas pu exprimer et qui rime parfois
Avec amour, amitié, sourire, nostalgie et tendresse 
Venant du plus profond de l'enfance, instants de liesse  

Un jour, je m'endormirai après avoir prié pour ceux
Que j'aurai voulu protéger contre un monde douloureux
Dans lequel nous luttons avec toutes nos belles faiblesses
Un jour, je m'endormirai au passage de ta sombre caresse



Dormir 1

 

 

Prisons



Prisons, brisons, prions ensemble
Pour ce monde fragile qui tremble

Réduction des espaces
Des espaces de liberté
Liberté conditionnée
A notre Terre, seule place

Sans les avocats de la défense
L'homme-éléphant, tôt ou tard

Est espèce menacée par milliards
Dans une des cellules, gît ma France

Qui lâche peu à peu, imperceptiblement
Les belles avancées de son modèle social
Pour que fleurissent les fleurs du capital
Faisant fi de tous ceux dont a coulé le sang

Car dans nos prisons de masse, Prions les cieux
Pour qu'il reste un jour la trace de gens heureux 
Et, au fond de nos impasses, regardons droit dans les yeux
Les sacrifiés à toutes les luttes car on bat en retraite, adieu

Dans nos prisons de strass, de stress, courses futiles
Hyper-consommation, hyper-productivité de l'inutile
Broyons les hommes et le grain, on verra bien demain
Le climat, le plastique et le ventre de ceux qui ont faim

Vrai progrès des hommes ou prisons en somme
Où en sommes-nous arrivés pauvres pommes ?
Coincés derrière les barreaux de l'économie mondiale
Nous constatons pourtant que la machine s'emballe

Prisons, brisons, prions ensemble
Pour tous les sujets qui rassemblent



Prison

 

J'aurai tant voulu



Tu sais, j'aurai tant voulu
Que bien différent, tout fut
Tel le buisson ardent, ardu
La vie, sur la fin, t'aura rompu

Mais crois-moi, elle ne t'en veux pas
Pas plus qu'à toi, pas plus qu'à moi
Pas plus qu'à tous ces inconnus, là-bas
La vie a faim et nous sommes son repas

Elle a besoin de vies et elle nous mord
Souvent très profond, souvent très fort
Rien de vraiment personnel, je te le promets
Juste une série d'épreuves qu'il faut traverser

Et c'est ainsi depuis la nuit des temps
Avec sa soeur La Mort, au demeurant
Elle prend le vieux, elle prend l'enfant
Elle prend la femme, comme le géant

Quand l'une a fini enfin de jouer avec toi
Sa jumelle est là pour te tendre les bras
J'aurai tant voulu t'éviter les secousses
Et que vers la fin, la vie fut plus douce

J'aurai tant voulu, tant moulu
Que le grain est poussière nue
Le Fa rime quand le requis Aime
La musique que les cieux sèment



Vie mort 

 

Arrêter le temps



Arrêter le temps
Juste un instant

Se poser tout près d'une mare
Suivre le pinceau d'un phare
Qui repeint lentement la nuit
Rester là, assis, sans bruit


Ecouter le vent
Devenir amants


Poser nos habits de poussière
Laisser le passé aux vestiaires
Mettre tes douces lèvres sur les miennes
Peu importe demain de nous ce qu'il advienne

Figer le présent
Être prévenant

Refaire un peu le monde
Juste quelques secondes
Et rêver que tout autour est éternité
Même si je sais que ce n'est pas vrai

Regarder chuter la feuille
Début de la saison des deuils

Dans la forêt millénaire à perte de vue qui s'étend
Pour ne pas blesser l'arbre, graver virtuellement
Nos noms qui s'envoleront un jour dans les nuages
Arrêter le temps est  une illusion, un simple mirage



Temps


 

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