Articles de luober

Haltères égaux

Par Le 2016-06-20



J'ai cherché le sommeil, trop léger
Je ne l'ai point trouvé, vite envolé
Je me noie dans un verre
Je me noix, fruit d'hiver
Je me pomme, fruit d'automne
Et de ta fleur, tu m'embaumes
Je sais que j'en fais des tonnes
Car tu restes mon anticyclone
Si riche de toi à toute heure
Toi, mon nanti des prés soeur
Tu fleuris, tel bouton passion
Sur lequel je fais dépression
Déesse des fesses, tu m'obliges
Nous sommes venus, Callipyge
Moi, surmoi, et surtout sur toi 
Conscient, inconscient en émoi
Mon coeur est prisonnier furtif
De ton château d'if, frêle esquif
Dans tes différences, je t'accepte
De toi, je suis le fervent adepte
Mais je te porte à bout de bras
Haltères égaux, ce poids en moi
Altérité versus ego sans trique
Ma débandade, fuites magiques
Sur le mur trop blanc de ma vie
Je plaquerai toutes mes envies




Alter ego

Le reflet du miroir

Par Le 2016-06-17


L'homme de l'autre côté du miroir
Et qui nous donne sa tête à voir
Fait travailler sa glande pinéale
Nous projetant une image d'Epinal
Il se cherche et parfois se trouve
Tel un animal, l'enfant de la louve
Alors, perdu dans sa nature profonde 
Into the Oscar Wilde refait le monde

Il fait et défait l'amour avec vous
Battant le fer avant qu'il n'échoue
Fleur de sel minéraux, bustes fesses
Désir à ta mesure, obtenir l'ivresse
Passer et repasser le blanc linceul
S'oublier en chemin pour rester seul
Reculer pour mieux sauter dans le vide
Ange, dont la nature sauvage est avide

Est-ce toi, Est-ce moi dans la glace
Qui fait face à toutes les menaces ?
Suis-je cet étranger, ce cas mutant ?
Et dans la liste, suis-je existant ?
J'ai beau voir Simone et relire Sartre
Je ne ferai plus le tour de Montmartre 
Hors là, je piquerai bien tous les mots passants
Pour mon nid, Zola Sion, assommoir assommant 

Je me reflète et pousse l'image imparfaite
D'un être propre, qui tente d'être au net 
Mais tu files où, malandrin, pauvre bête
Même ta vie s'éteint, sans tain, distraite 
Poèmes, mal armés pour résister au temps
Subiront ses assauts, humilité du présent 
Psyché qui  nous renvoie nos vanités vanillées
Le père de la douceur amère et du sucré-salé



Miroir




 

Les tempêtes du coeur

Par Le 2016-06-16

 

Dans ces vastes étendues où l'on essaie de marcher droit
Où les vents puissants font courber l'échine chaque fois
Faisant face à ce souffle divin, blanc ou rouge, tel un brave
J'avance lentement, tirant fort sur la corde qui m'entrave 

Combien de temps vais-je ainsi résister à la tempête ?
Ce coeur balloté va-t-il survivre si on le maltraite ?
Au gré des remous de ma vie dont j'écris les pages
Les flots furieux déferlent sans trêve sur la plage

Nul ne pourra sonder toute la profondeur de mon âme
Nul ne saura chercher en moi, la source des flammes
Le coup de foudre qui s'abat et roule en boule de feu
Non, ne croyez surtout pas que l'amour n'est qu'un jeu

Entendez-vous, cachées dans mes récits d'aventures
Toutes les embûches débitées en copeaux et sciure
Ces branches arrachées des bois, les mois d'émois 
Les jours de gros temps quand nos coeurs se noient 

Cet horizon, qui s'étale à perte de vue, me rend aveugle
Tout cet océan qui n'en finit pas, tant il mugit et il beugle
Sur la jetée de l'amour, face aux flots, s'il le faut, je ferai grève
Car de ma folle passion et de mes émotions, peu à peu, je crève





Tempete

 

La mort et la solitude

Par Le 2016-06-14


Un jour, la mort s'adressa ainsi à la solitude :
Je casserai ton corps et toutes tes habitudes
Pour avoir ta peau, j'ai mille façons de faire 
De contrées glacées jusqu'au  brûlant désert 
Je pourrais te balader dans de fausses illusions
Si tu es déjà fauché, cela facilitera la transition


La solitude, rompue à tant de sacrifices, répondit : 
Je recherche ma vraie nature, repeinte couleur nuit 
Je ne crains pas le froid et encore moins les orages 
Tu ne me fais pas bien peur, tu n'es que le passage
Mort, je ne te désire point, mais si toi tu me veux
Alors soit, soyons amis, au moins, nous serons deux


Mort solitude


 

Même si ça ne rime à rien

Par Le 2016-06-13


Même si l'on me dit : cela ne rime à rien d'être poète
En vers et contre tous, je prends mon pied, c'est bête
Même si j'entends : tu n'arriveras jamais à rien mon gars
Il ne me reste que mes rêves, surtout ne me les enlevez pas
Même si la vie me donne parfois des leçons cuisantes
J'écouterai mon coeur et ses mélodies qui chantent
Je sais que je toucherai des deux mains les nuages
J'embrasserai le ciel, même si je n'ai pas été sage
Toutefois, en m'essayant à l'art difficile de la rime
Je parcours les prés verts tel un chasseur de primes
Même si je ne serais jamais, ni Rimbaud, ni Verlaine
Je sais qu'en voulant m'y frotter, je perdrai vite haleine
Néanmoins, je volerai bien à François Villon, sa corde
Pour y suspendre enfin tous mes mots dans le bon ordre
Elu à l'art pour peindre en bleu toutes sortes d'agrumes
Oiseau d'ennui, plongeant dans le noir encrier, ma plume
Même si gale me gratte et chante dans les pins parasols
Ma poésie dans le mistral pourrait prendre son envol 



Vent kush



 

Boire à la source

Par Le 2016-06-07

 

C'est un vallon caché, tout en bas des montagnes
Où l'on se rend à genoux, souvent nu et sans pagne
Et là, dans les profondeurs du ventre de la Terre
Coule une source magique, belle, fragile, éphémère

Elle est comme l'amour et toutes ses saisons pâles
De ses abondances d'hiver à ses aridités estivales 
J'y ai bu plus que de raison et réhydraté mon corps
A sa minéralité que je garde tel un fabuleux trésor

De ses débordements et ses cuvées grands crus
De tous ses romans fleuve que j'ai pourtant lu
A toutes les fontaines où je me suis mis à nu
Je garde vraiment de celle-ci le souvenir ému

Et je m'y suis abreuvé, la bouche dans le ruisseau 
Nez dans le gazon, à écouter le chant des oiseaux 
Libérant le flux du plaisir promis par Dame Nature
Ô, il est des cours d'eau bien plus beaux qu'une épure



Femme source montagne

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