Articles de luober
La femme au séant
Elle était vêtue d'écume et d'océan
Dans mes envols nocturnes de goéland
Moi, l'oiseau de mer un peu rebelle
J'avais de vagues souvenirs d'ailes
Et pour moi, au soleil, elle était si reine
Que même dans mes rêves salés de peine
Je continuais, halé, mets poivrés
Car avant elle, j'avais assez zoné
Belle conque érotique qui enchante
Sa si douce crique, si moule hante
Sa raie thorique et ses seins jacques
Pareils à deux jolis oeufs de Pâques
Et le rayon vert est mer, jeu au levant
Me rappellant ainsi ses reflets d'argent
Avec ses filets pélagiques géants
La femme au séant affame l'océan

Transpercer tes lèvres
Amant, peine, peureux, belle âme ou revêche
Ame en peine, peu rebelle, amoureux tête-bêche
Archer bandant son arc d'une force indicible
Pénétrant dans ton coeur sans rater ma cible
Du carquois, tirant le coup, plus que calèche
J'irai transpercer tes lèvres de ma flèche
Pour arrêter mes assauts il faudrait une bible
Car j'ai d'un démon, les envies irrésistibles
Et pour ton plaisir, restant sur la brèche
Mon corps éveillera en toi des flammèches
Je viserai, aviserai, diviserai ton corps en deux
Et je m'y reprendrai à maintes reprises, fiévreux
De ta bouche, j'apprécierai la délicieuse adresse
Qui sur ma pointe acérée délivre douces caresses
Avec plus d'une corde à mon arc-en-ciel
Je ferai voler en éclats ton pot de miel
Et tu téléguideras adroitement mon missile
Touchant coeur, corps et âme dans le mille

C'est ainsi...
Je mens ferme dans ma solitude
L'âme en terre, de mes habitudes
L'âme en table, l'âme innée, l'âme en tain
Dans le grand miroir, je ne reflète plus rien
J'étais si bien dans ton corps
Faisant mien, tous tes trésors
Amant aimant tant la limaille de bonheur
Sans aucun reproche et sans aucun pleurs
Tel un moine reclus dans une abbaye
Sur l'amour divin du vin, je me replie
Restant cloîtré dans mes émotions
Me posant mille et une questions
De nous deux, je n'arrive pas à m'enfuir
J'ai été bâtisseur pour te reconstruire
Touchant la pierre, touchant le fond
Pour avoir du problème la solution
Touchant le coeur, touchant le con
J'ai pris ton joli corps en dévotion
J'ai laissé mon amour entre nous
Car ce souvenir est plus que doux
Je ne pourrais t'effacer de ma vie
Je n'y peux rien, mais c'est ainsi

Incultes
Scélérats, porcs humains
Qui conditionnent demain
Pour montrer mon culte
Je baisse mon Panthéon
Montrer la face cachée des dieux
A tout ceux, se montrant odieux
Et les croyants, j'occulte
Autant que les incultes
Et sur la Crète de coq tu t'écroules
En nous mettant la chair de poule
Bourdon de Râ abattu en plein vol
Tel insecte d'Egypte, bombe aérosol
Héliopolis, ville de Toth
Le dieu lunaire, mon pote
Isis est la pire amie de
Seth le cruel, le fétide
Horus, ce drôle d'oiseau
L'Oudjat dans le ruisseau
Bien à l'abri des marais
Le croque au Nil édenté
Et pour délit, vrai, lésé, Breux
La mouise ou la Meuse, aveux
Et mes messages par bribes
Sont retranscris par scribes
Couac, île en soie, mes vertus, entendra
Inculte vaut mieux que dieux sans aura

Au hasard de la vie
Au hasard de la vie, au blizzard de mes nuits de galère
J'ai piqué des instants de bonheur à ma boutonnière
Fleurs légères et voluptueuses pour embaumer ma vie
Serre-moi donc bel amour de magie, j'ai si froid cette nuit
Au hasard des ans, vie d'ancien combattant, guerrier naguère
Aucun de mes sourires n'a jamais menti à mes amours sincères
Faisant paris sur l'amour mais ne jouant pas dans la même cour
Sans retenue, j'ai pourtant tout donné de moi dès le premier jour
Au hasard de mes mots, tôt, hangar où je range mes détresses
Parfois redevenant homme et montrant toutes mes faiblesses
Sortant du terrier, lapin blanc aveuglé par la lumière des phares
Etranger, vivant dans le monde sans y appartenir, un peu hagard
Au hasard de ma vie, la joie, habitants du village
A maints égards, anime ma ville, je suis de passage
Et, dans l'arène, sans détours, magnétisme de Diane
Chasse aux jardins heureux, la belle fleur de gentiane
Au hasard de mes rêves, bazar dans ma tête, emporte-pièce
Je garderai les bons moments et tous les instants de liesse
De ma passion, de mes bonheurs, comme de mes souffrances
J'espère alors que je laisserai à tous l'image de la bienveillance
Rien en ce monde n'arrive par hasard et encore moins parasite
L'art veut s'exprimer au travers de nous mais le temps passe vite
Ainsi, il ne faut pas mot dire quand le mâle est diction, air de rien
Sur le mur de ma vie, un lézard est enfoui mais sera au soleil demain

Je m'en vais
Soleil en Terre, Poète en vers, solitaire
Juste assez solide pour affronter l'hiver
Il faut que ça rime, il faut que ça trime
Comme toi, cher Martin, I have a dream
Mais je n'ai pas vocation à être immortel
Car je touche bien assez souvent le ciel
Vous donnez à lire du plaisir, de l'émotion
Vous éclairez, vous poussez à la réflexion
Ouvrant des portes ouvertes le plus souvent
Pas forcément celle du paradis, mort-vivant
Préférant passer par la fenêtre, fol amant
Car je ne sais pas à quoi l'enfer s'attend
Etre authentique sera déjà bien suffisant
Partager ma folie et être un brin insolent
Artiste, cet étrange état d'âme d'écorché
Art triste, face à la croix rouge, autant plier
Peignant champ de colza sous ciel d'orage
Nom d'un premier tableau ou d'un paysage
J'entends toujours le chant de ce rossignol
Même si on lui a coupé les ailes en plein vol
Je véhicule en moi d'étranges contrées
Peu me suivront dans mes rêves oubliés
Encore moins comprendront le tourbillon
Où je tournoie, d'échecs en folles passions
Je ne poserai jamais ma valise de vagabond
Car je garde cette flamme en moi, sublimation
Et même si parfois, je suis cassé, je reste entier
Mes rêves sont plus forts que les limites imposées
Je voudrais réenchanter un monde trop terne
Où notre insatiable curiosité est en berne
Adosser à mes paradoxes, mes contradictions
Je m'en vais par les chemins de la déraison
