Articles de luober
Aveugle destinée
Depuis que l'homme hagard a mis pied à Terre
Que d'un pas lourd, il avance, échine courbée
Du berceau de l'humanité à la mise en terre
Il demande aux cieux : quelle est ma destinée ?
Et sur son front sali et perlé des sueurs du labeur
Esclave du corps meurtri emprisonnant son âme
Ne voyant bien souvent que le joug du malheur
N'ouvrant plus les yeux, aveuglé par ses drames
Oubliant de respirer par poumons et par coeur
Il se laisse envahir tout entier par la gangrène
Alors que s'ouvre à lui toute la corolle des fleurs
Tous les sillons profonds où l'on pose la graine
Atteignant ses limites, le concept par la preuve
La mort est son unique repos, son unique repaire
Ne grandissant pas toujours face à ses épreuves
Assez peu reconnaissant, il maudit Dieu le père
Qu'avons-nous à porter plus que le pesant fardeau des ans ?
Qu'avons-nous d'horizons ? Oui, qu'avons-nous de repères ?
Quel est notre raison d'être dans la nuit éternelle du temps
Si ce n'est par les chemins de l'amour, atteindre la lumière

Pluie de mai
De son insistance mouillée, la pluie de mai frappe à mon volet
Mais je ne lui ouvrirai pas, car dehors la nuit est aux aguets
Sous la lune humide, un animal nocturne rôde pour me dévorer
Je reste seul avec mon coeur cherchant mille raisons d'espérer
Bien sûr, j'ai encore de l'amour en moi comme s'il en pleuvait
L'ouverture de ton parapluie te protège de mes rêves bleutés
Pourtant je rêve peu, si ce n'est pour dans mes bras te serrer
Et tandis que flétrissent lentement les derniers brins de muguet
Que dans ma vie je cherche encore des motivations pour avancer
J'aimerai tant que, pour moi, tu aies encore quelques belles pensées

Attention danger, je suis un poète
Attention danger, je suis un poète
De m'aimer, es-tu vraiment prête ?
Je ne jette point mes mots en l'air
Sinon ils retombent sur leur derrière
Ils dépassent rarement mes pensées
Ils sont leur prolongement insensé
Ceux que j'exprime ou que je reçois
Chavirent ou déçoivent, c'est au choix
Mais ils sont vrais et de pures émotions
A manier avec beaucoup de précautions
Sur eux, je construis mes univers
Qui t'abriteront de tous les hivers
Des lettres qui, mises bout à bout,
Prennent alors un sens tout à coup
J'ai fait du rodéo sur une licorne
Souvent dépassé un peu les bornes
Doux rêveur, chercheur de trésor
Oui, j'ai tué cent fois le minotaure
A tort ou à raison, dans le labyrinthe
Tous les combats menés m'éreintent
J'ai perdu le fil assez souvent
Et retrouvé Ariane tout autant
Je t'offrirai les nains de la forêt
Les korrigans, les lutins, les fées
Mais dans les faits, je suis défait
Et l'effet est souvent dévastateur
Sur les battements de mon coeur
Gravir des montagnes célestes
Peut faire fuir comme la peste
La pente est parfois un peu raide
Attention danger, je suis un poète

Tri sélectif et tricolore
Bleu comme les traces de coups que tu prends
Yeux brouillés, battus, toi qui manifeste tant
Bleu nuit et debout pour nourrir tes enfants
Tu veux juste travailler et vivre décemment
Derrière les débordements, justes revendications
Tant d'amalgame, là est le drame, salis par des cons
Blanc virginal mais sale à "riez aux éclats" de grenade
Tempes gonflées par la traque, matraque, débandade
Ces grands casseurs, qui mélangent tout dans la fange
Souvent, comme toujours, tout est pollué par la frange
Blancs cassés ! Qui de la rue ou de Marianne a raison ?
Descends, c'est l'arrêt "Pression", enfer et Dame Nation
Toutes ces luttes menées depuis Léon Blum, ces sacrifices, ces acquis sociaux
Ce qu'ils nous grignotent, c'est à qui ? C'est à nous depuis Waldeck-Rousseau
D'où qu'il vienne, rouge est notre sang, couleur des raisins de la grappe
Mini, stère en bois, bouge la loi, quand on fait une connerie, on la rattrape
Pour un saint, dix cas, cerise sur le gâteau qu'il partage sans notre accord
Bleu, blanc, rouge, entre parties prenantes faire le tri sélectif et le tricolore

Oiseau à réaction
Sans tomber dans le travers de toute immoralité
Je me nourris du monde, comme de tous ses excès
Secouant mes plumes d'acier dans le noir encrier
Longues pennes, peines mouillées, écrire et crier ?
Dans la folle sarabande où s'envole nos illusions
Cet univers, un jour, nous fera entendre raison
Souvenir de ton ventre et de ses saveurs sucrés
Reste à graver sur ma tombe : l'amour est vérité
Enfin voir la terre, d'en haut, dérouler ses passions
Etre libre et sans doute renaître "oiseau à réaction"

J'ai besoin du vent
Oui, j'ai besoin de toi comme j'ai besoin du vent
Qui gonfle ma voile et me fait aller de l'avant
Libre et invisible, je sens pourtant sa caresse
Rafraichissant ma peau et m'effleurant sans cesse
Je rêve souvent de toi soufflant à mes oreilles
Rendant toutes mes nuits à nulle autre pareille
Agitant mes volets et murmurant à mon âme
Virevoltant feu-follet dont tu restes la flamme
Oui, j'ai besoin de toi comme j'ai besoin du vent
Léger, impalpable mais toutefois partout présent
Tu remplis mon coeur et fais envoler les feuilles
Où j'avais tant écrit pour faire de toi, mon deuil
