Articles de luober
Noir corbeau
Je me suis souvent demandé si je méritais d'être aimé
Si moi-même je devais, mes ailes vestigiales, déployer
Et, s'il est vrai que je n'ai jamais trouvé mon corps beau
Corneille, sur le trajet, dit les mots acides de ses héros
Drôle d'oiseau aux yeux noirs et au plumage clairsemé
Vers quel haut sommet, devrais-je un jour m'envoler ?
Je fus parfois plus heureux là-haut, dans ma solitude
Cette tour d'ivoire sans ailes et fans, mes béatitudes
A me torturer l'esprit jusqu'à ce que mon coeur saigne
A écrire, enfermé dans ma bibliothèque, tel Montaigne
Rien de ma noirceur n'est à mettre sur un manque de Poe
De Novalis, porter un certain romantisme à fleur de peau
L'amour n'est pas, dans tous coeurs, appelé à régner
Dans sa grande toile, je me suis trop souvent englué
J'essaierai d'ouvrir la fenêtre sur de grands espaces
Des champs parsemés de mots, belles fleurs vivaces
Pour vous aider alors à ressentir vos propres émotions
De ma poésie, je jouerai et j'éclairerai toutes vos saisons
Mais n'exigez pas que je fabrique la magique potion
Car, en effet, je n'ai pas sur moi le moindre échantillon
L'amour, le bonheur et l'espérance ont parfois leur maison
Mais souvent, sans domicile fixe, ils échappent à notre raison

Pour vous madame
Parfois vous me verrez sourire, peut-être même rire
Mais il est si dur de ne vivre qu'avec des souvenirs
Derrière mes façades, dans mon coeur, c'est l'hiver
Qui me rappelle votre voix, votre visage, votre chair
Pour vous madame
Et tous vos charmes
Je lirai entre les lignes
Je guetterai vos signes
Je ne suis pas un ingrat, j'avoue être un privilégié
La vie m'a, si ce n'est, protégé, du moins, épargné
Mais, derrière mes déceptions, je me sens si démuni
Rien ne m'avait préparé à aimer. Où est le paradis ?
Pour vous madame,
Je traverserai les flammes
Je combattrai les infernales légions
Pour, de Vénus, atteindre le mont
Et si, au contact de votre corps, je me suis abandonné
De vous, je garde encore mille et mille autres beautés
J'affronte alors l'épreuve avec résignation et courage
Même si je l'avoue, vos yeux m'étaient doux paysage
Pour vous madame,
J'écrirai de somptueux drames
Je relirai "L'adieux aux armes"
Même "La Chartreuse de Parme"
Enfants terribles, parfois nous nous sommes chamaillés
Et par tant de sentiments contradictoires, je suis troublé
Alors, je me nourris des moments passés, avec nostalgie
Et le soir, souvent, je me demande : mon coeur est à qui ?
Et même si d'autres le guettent
Je ne suis pas dans la conquête
Pour vous madame, oui
Mon coeur est acquis

Tel que je suis
Si les miroirs ne me renvoient pas le mot beauté
Dans vos yeux, s'il n'y a pas tout le désir espéré
C'est ainsi, apprenez à me regarder tel que je suis
Si ma tête n'est pas assez large pour bien penser
Dans mes neurones agités, n'en déplaise à Rabelais
Alors tant pis, vous devrez m'accepter tel que je suis
Si mon coeur est atrophié, pas assez grand pour aimer
Dans mes émotions exprimées, j'ai pourtant été vrai
Si point suffit, il faudra pourtant m'aimer tel que je suis
Loin de toutes ces tortures et de tout ce bruit, je m'enfuis
Laissez-moi à mes imperfections et laissez-moi à ma vie
Invisible étincelle qui m'anime et m'a fait tel que je suis

L'homme qu'on voit là-bas
L'homme qu'on voit là-bas, couché dans la mer
L'oeil encore éclairé par les soleils d'hiver
N'est pas mort, tout simplement il se repose
Il est comme pétrifié, pensant à autre chose
Aux flux et reflux des grandes marées de l'oubli
Il rêve de refaire son monde, autrefois englouti
Sans trêve, il panse ses blessures à l'eau salée
De ses années de solitude, il ne peut cicatriser
Malgré les brûlures du soleil incandescent
Baigné par les vagues, les flots incessants
Son coeur désormais est froid comme la roche
Et sur lui, plus aucune moule ne s'accroche
Son regard est tourné vers la voûte céleste
Et il sait qu'il ne demandera pas son reste
Quand Anubis le ménera au pays du Bel Occident
Alors, il le laissera, en lui, mordre à pleines dents
Rien ne le retient plus sur la terre des hommes
Faire de lui le ménage, avec le grand majordome
Et l'érosion, patiente, fera peu à peu son ouvrage
Ne laissant qu'un mirage de son terrestre passage

Guidance, comptines d'enfance
Guidance ! Sous le houx qui danse ? Comptines d'enfance
Sont-ce vaines chansons ou doit-on entrer en transe ?
Ces voix qui chantent dans la lanterne magique
Conduisant certains dans des univers oniriques
Faire le tour du monde en quatre-vingt tours
De notre jeunesse jusqu'à nos grands amours
Ce petit navire qui n'avait ja-ja-jamais été gai
Et qui tout à coup, se met à na-na- à naviguer
Une souris verte qui courait dans l'herbe
Est-elle plus verte qu'ailleurs d'ailleurs
Le coup de baguette de la fée de Pinocchio
Amour vient trop tard, amour vient trop tôt
Défait, on court toujours vers des chimères
Des fées, oublions, houblon, verre de bière
De Bécassine aux aventures du petit Nicolas
De Martine au club des 5, on ne change pas
On reste souvent des enfants capricieux
Dans tous nos rêves, dans tous nos jeux
Peut-on résoudre en soi une telle équation
S'aimer en voulant être aimé, quel marathon
Suis-je fait pour toi ou bien pour elle ?
Mère Nature, fais-moi la courte échelle
Projection, fantasme sur ceux qu'on attend
Aide-moi, mon amour, à traverser le temps
Abandonné par Notre Père, bûcheron railleur
Tout comme le petit poucet et le petit tailleur
Semer des miettes ou des mouches à miel
Et si Mickael est de retour, alors juste ciel
Allez loup ya, dans la forêt des illusions
Regarde, il se fait si tard petit chaperon
Couper court, couper cou à ma mère l'oie
Avancer toutefois, tout en restant droit
Dans ma boule de cristal, je serai affable
Et à la fontaine, oui, je me sens capable
D'étancher ma soif de savoirs étranges
Progresser pour conforter ces échanges
Et de mes aventures, je serai le héros
Comme dans tous contes de Perrault
Espérant encore et espérant toujours
Qu'être juste peut conduire à l'amour
Quand nos nuits nous dérangent, où l'on sent que l'on change
Quand nos nuits sont étranges alors chante la voix des anges

Quand Beltaine fait saison
Quand Beltaine fait saison
Que je retrouve ma raison
Aux lueurs éclatantes de mai
Je n'ai qu'un ultime souhait
Que tu puisses m'aimer autant
Que je t'aime, tout simplement
Un jour, de l'Ecosse à l'Irlande
Je parcourrai avec toi la lande
Je serai arbre, je serai ciel
Je saurai faire couler le miel
Abeille pour butiner ta fleur
Plume pour caresser ton coeur
Alors nous évoquerons Belenos
Dans toutes nos sensuelles noces
En dansant autour des brasiers
Du feu en moi que tu as allumé
Et avec nous, sortant de la nature
Apparaitront toutes les créatures
Du petit peuple de la grande forêt
Qui se joindra à nos jeux d'éternité
Levant le voile entre nos mondes
Nous entrerons tous dans la ronde
