Articles de luober
Couleur chair
Emportés par foie parfois, elixirs, désirs et faiblesses
Préférant aller à con, fesse, se griser de vin de messe
De mon hardi goupillon dressé, j'agrandirai ta blessure
Voir en couleur chair, mélanger ton huile à ma peinture
Le bien, le mal, la roue, le pal, nos corps et coeur en panne
Diable d'hommes s'arc-boutant, les anglais avec la Jeanne
Les vents, Gilles de Rais souffle sur nos corans lassés
Et l'habit bleu a versé au fond du ciel ses nuages épais
Tu as tort à relire sans cesse les imparfaites écritures
Ainsi, le temps plié fait au fond de l'espace sa courbure
Religions dont tu n'as cure se nourrissant de la baie mûre
Jouant avec l'histoire, la vérité, comme autant de ratures
Je serai très franc ma soeur, je ne serai pas franc-maçon
Et nous irons en voyage sur la lune, ensemble à l'unisson
Alors je te crucifierai à la rose croix du plaisir éternel
Aime-moi, aie foi en moi, tu verras s'ouvrir grand le ciel

Tous les matins du monde
Tous les matins du monde se ressemblent
Toutes les âmes, brunes, blondes, s'assemblent
Aujourd'hui comme hier mais pourtant différent
Dans la nuit incertaine aux portes du firmament
Tous les cœurs esseulés se souviennent
Quand sur le chemin de la vie ils traînent
Leur chagrin ou leurs moments heureux
La trace d'une peine ou d'un espoir à deux
Tous ces moments où les corps attirés se touchent
Tes suaves senteurs féminines inondant ma bouche
Et le délicieux souvenir de tes yeux qui m'interrogent
Depuis, le temps de nos amours a tourné sur l'horloge
Tous les matins du monde où j'ai rêvé de toi
A ces instants volés que l'on ne rattrape pas
Ceux où l'on s'est aimé en étant dans le vrai
Ces heures portant en elles, toute l'éternité

Libérez les chevaux de bois
Libérez les chevaux de bois et les otaries du jardin des plantes
Déchaînez le fantôme de ton souvenir si présent qui me hante
Que mille intempéries, la grêle et la foudre s'abattent sur moi
Si en la force de mon amour, de mes sentiments, tu ne crois pas
Sortir du mauvais rôle de ma vie, ne plus être l'amoureux transi
Et exposer à la face du monde, mes rêves, ma folie et mes envies
Allant si haut que j'aime tes bas sans que je sois collant pour autant
Prenant des risques, électriques, tournant sur ta bobine en t'aimant
Les pensées créent des ponts invisibles, qui relient en silence
Les âmes sœurs, qu'importe le temps, la distance et l'absence
Lis, béret sur la tête, tenant ma baguette et tourne le manège de ma joie
Libérez alors les chevaux de bois comme toute l'énergie que l'on a en soi

Seule la nuit
Seule la nuit m'attend, seule la nuit m'apporte du repos
Quand dans le torrent du doute, emportée par les flots
Mon âme tourmentée voudrait, sans cesse, jeter l'ancre
Me voilà, prenant la plume, que je trempe dans l'encre
Seule la nuit fait voyager et ouvre la porte des rêves
Là où je baise les étoiles, sans relâche et sans trêve
Face à l'éternité, je mets tout mon corps en expansion
Quand je m'offre entier tout l'univers et ses érections
Alors, en file indienne ou en file entropie, tel un céleste mécène
Je donnerai mon corps, puce, à toutes "Nobel" physichiennes
Qui, avides de prix, le déchireront de leurs crocs acérés
Pour dans toutes les galaxies, enfin pouvoir m'éparpiller
Observant sans fesse la constellation de la verge, sans I car
Le sexe du monde pénètre le ciel comme la lumière d'un phare
Lune qui chute dans mes sons d'âge, perdant la foi et l'hymen
Seule la nuit saura me faire aller dans la paix du triste, Amen

Au coeur des saisons
J'attends qu'elle veuille se blottir dans mes bras
Quand l'hiver sera là et qu'il fera à nouveau froid
Et même si c'était l'été et qu'elle avait trop chaud
Je ferai alors toujours en sorte d'humidifier sa peau
J'attends que ce coeur bien lourd s'élève vers les cieux
Que l'automne et ses vents l'emportent avec mes adieux
Et même si seul le printemps devait enfin me la ramener
Ainsi, de toutes les saisons d'elle, ce serait ma préférée

Leçons de sa voix
Le son de sa voix, leçons de sa vie me font du bien
Ce timbre doux comme la rosée et légèrement voilé
Qui fait vibrer en moi tout ce qu'il y a d'humanité
Ô que j'aime entendre ce très troublant refrain
Impression de flâner nus, phare sonore éclairant ma voie
D'une myriade de notes lumineuses aux couleurs d'éternité
Se reflétant sur tout le ciel en nappes mordorées
Mon âme en est apaisée et mon corps est en joie
Quand je l'entends parler et que j'écoute sa voix
Pour ce ramage, je composerai de belles mélodies
Et j'écrirai des chansons aux multiples couplets
Tel le chant des oiseaux qui veulent s'accoupler
Jouant des musiques célestes empreintes de magie
Tirant sur la corde qui fait vibrer mon diapason
Pour interpréter avec elle de longs concerts tôt
A nouveau, partir à deux, faire des fugues en do
Tentant avec tant d'amour d'accorder nos violons
Ainsi, j'apprendrai par coeur, de sa voix, les leçons
Laissant échapper mon cri douloureux en longue agonie
En servile, autrefois, j'ai bramé pour la biche aux abois
Mais si les avocats lisent que j'ai tiré leçons de sa voix
Je retirerai ma plainte car seul l'amour dirige ma vie
