Articles de luober
Du fée main
Certains ont parfois un poil dans la main, indocile
Chez moi, c'est une petite fée qui y a élu domicile
Sortie de nulle part, elle s'y est posée tranquille
Virevoltant au sein de ma vie avec ses ailes agiles
Elle illumine mes nuits de son beau sourire fragile
Toute sa magie scintille jusqu'au coeur de la ville
Chaque soir après avoir fait toutes ses espiègleries
Elle se pose au creux de ma main, et en fait son lit
Elle est vêtue du plus simple appareil la fée jolie
Pour elle, je laisse ouverte, la porte de mon logis
Je caresse doucement ses ailes quand il fait nuit
Et ne pas la réveiller est pour moi, un vrai défi
Elle m'a dit: "un jour, je me transformerai en femme
Alors sans retenue, tu pourras me déclarer ta flamme"
Ainsi, à force de lui toucher délicatement le Cupidon
Lorsque sa bise fut venue, l'amour fit un grand bond
Sans chaussures noires, avec juste un simple bonsoir
La femme-fée, l'homme échauffé s'aimèrent au boudoir

Prendre note
Devant le spectacle troublant de tes seins phonies
Je rêve de faire vibrer ta corde sensible, belle envie
Au clair de ta lune, oui, je tremperai bien ma plume
avec la sonate de Beethoven, remonter ton volume
En sonnant la charge pour te faire honneur madame
Je prends note qu'il faut que je fasse mes gammes
Sur la sensuelle tonalité de ton dos, fa, si, la, mi, ré
Au sol, je te plaquerai comme un accord parfait
Au son du canon, ou d'un joli prélude, entendu
Tes gémissements me donneront l'oreille absolue
Double accroche, afin de déchiffrer ta partition
Double approche, être en harmonie et à l'unisson

Le manque
C'est une bien étrange sensation, sortie de nulle part
Pourtant de mes sentiments, je ne suis jamais avare
C'est un petit étau, étreignant légérement mon coeur
Pas vraiment une souffrance, encore moins un malheur
Je me réveille habité par ton souvenir qui me hante
Mes journées sont bercées par le vent qui te chante
Quand, si loin, malgré toi et malgré moi, tu te planques
J'ai juste cette absence ressentie que l'on appelle manque
Par tendre solidarité, j'aimerai tant que tu la partages
Et que, tout comme moi, tu aies le feu à tous les étages
Que du matin jusqu'au coucher, tu aies ce léger sourire
Quand tu penses à moi, aimant même l'air que je respire

Une main tendue
Voilà une main tendue, pas vraiment une planche de salut
Une simple main pour effacer certains bouts de nos vécus
Quelques une de nos tristesses, quelques petites faiblesses
Amours douloureux, amours malheureux, nouvelle ivresse
De toutes nos errances, attendre la délivrance, paresse
Et ce n'est qu'une caresse, pour qui n'est pas en détresse
C'est autre chose sans doute, autre chemin, autre route
Un rayon de lune frappant mon carreau et qui m'envoûte
J'écoute ta douceur, ta folie, ta réserve, subtile délicatesse
Je te veux libre, gaie, amoureuse, épanouie, jolie prêtresse
Depuis plus de mille ans, je retiens en moi tant d'émotions
Emportant tout sur mon passage, et plus envie d'être sage
En portant certaines afflictions, en balayant mes mirages
J'ai moi aussi des rêves et aussi quelques belles blessures
Que j'enfouis au plus profond de mon être, car rien ne dure
Alors voilà une main tremblante venant réchauffer mon coeur
Une main que je caresse avec tendresse, passion et ardeur
J'entends chanter au loin le si doux murmure des fontaines
Et cette fragile brindille, ce brin de jasmin, cette jolie graine
Que je dépose avec tant de délicatesse au creux de ta main
Au creux de demain, rêve d'aventure pour aller plus loin
Une main tendue, un sous-entendu, toute la magie du vécu
Rencontre posée sur le fil de la vie, tel un bonheur en plus
Deux corps si timides qui se frôlent, ce tendre jeux de mains
Deux histoires, deux destins pour vivre un bout de chemin

A parents ment
Jamais dit, jamais fait de remous ou de ressacs
Et puis surtout jamais pris la main dans le sac
Le sac à malice de tous nos grands débordements
Du supplice des longues effusions de sentiments
Derrière le très encombrant masque de la pudeur
Je n'ai jamais ouvert mon coeur à mes géniteurs
Et, je n'ai point su exposer tous mes ressentis
C'est moche, un peu idiot et très souvent ainsi
Caché à l'ombre de la statue qu'ils m'ont érigée
Me répétant sans cesse, je ne suis pas cet étranger
Dormant sur les froides nuits de l'incompréhension
Gardant en moi tant de malentendus et de tensions
J'ai oublié un peu l'essentiel et son bon goût du miel
Alors avant que vous, ou moi, parents, montiez au ciel
Il est temps de vous assener à grands coups de regrets
Le simple fait indéniable que je vous ai toujours aimé
Si apparemment, à parents ment
et parfois apparences trompeuses
Mes chers parents, votre chair d'enfant
Votre cher enfant vous est reconnaissant

Religieusement
De ton corps, je ferai ma seule cathédrale
Et je m'y recueillerai très religieusement
De ton âme et ses profondeurs abyssales
Je pourrais combler un millier de printemps
De ton ventre, je ferai un théâtre
Où acteur, je me mettrai en scène
Et de tes reins, je serai idolâtre
M'y enracinant comme un chêne
De toutes les prières à ton culte vibrant
Je déclamerai celle du "tendre polisson"
Et tes yeux troublés chavireront souvent
Car de nos plaisirs, ils retiendront la leçon
Quand l'amour porte en lui un tel accomplissement
A aucun moment, on ne peut parler de blasphème
Quand on adore l'autre aussi intensément
Face à tous nos ébats, refusons l'anathème
De ton corps irrisé par toutes mes caresses
J'apprendrai les contours avec obstination
Et je saurai aussi trouver la bonne adresse
Me révélant ton coeur et toutes ses émotions
