Articles de luober
Le trouble
C'est un trouble indicible qui naît avec la fin du jour
Il porte en lui un rêve, bien plus qu'un long discours
Plus fort que la peur d'aimer, la crainte de se livrer
Immense, il peut souiller mon âme jusqu'à la délivrer
Quand il se rit de tout, alors rien ne peut le dissiper
C'est un émoi précieux, plus léger qu'un nuage d'été
Caché des hautes herbes tel un animal sournois
Prêt à dévorer mon coeur, prêt à bondir sur moi
Quand le soir descend, que ton corps nu s'approche
Sans aucune fausse note, jouant des doubles croches
Reste toujours en moi la mélodie du désir ardent
Ce chant qui m'interpelle, plus qu'un frémissement
C'est un trouble qui meurt avec nos cris d'extase
Portant en nos cellules, ce qu'est une anaphase
Devant nos corps rompus en sensuelles imbrications
C'est un paysage s'ouvrant sur de nouveaux horizons
Suis-je dans certains de tes rêves, la clé du firmament ?
Suis-je, moi-même, un brin troublé, un brin troublant ?
Et pourtant, ne m'as-tu pas dit que je te faisais peur ?
Sein blanc, écoute, écoute, j'entends battre ton coeur

Papillon de lumière
On ne se prend pas le chou
Ma piéride, au nom si doux
Dans le potager de mes nuits
Voyant tout se fâner à l'envi
J'ai décidé de vivre de passion
Cultivant bonheur et émotions
Dans le jardin de mes amours
Tu gardes la place du toujours
Car depuis toi, je suis l'éveil
Depuis ton toit, je vois le ciel
Alors j'irradie, le sel de la vie
Cela me botte, le beurre aussi
Quand t'es là, ma candela
Je te ressens ancré en moi
Et tout cela reste du "lux"
Telle ta douce odeur de musc
Herbes de provence, farigoule
Tu éteins toutes mes ampoules
Face à ta pleine lune, je me déplie
Pour devenir le soleil de tes envies
Alors enlacés, nos corps se déroulent
Et quand le courant en nous s'écoule
Portés par tous nos ébats électriques
Tu prends le jus quand moi j'abdique
Je peux toucher ta lumière
Les trois têtes du cerbère
Et, nous montons ensemble
Là, tu t'éclaires, il me semble
Baisse doucement la tension
Le cours de notre récréation
Tu es mon bel arc-en-ciel
Tuer le monarque éternel
Ce papillon de mes nuits
Qui quand tes ailes, je déplie
Deviens cet être de lumière
Qui jamais ne me désespère

Ma vie en technicolor
Vivre un bout de ma vie en technicolor
Voyager pourquoi pas jusqu'à Bangalore
Cela vaut mieux qu'être un dragon mort
Et pour t'atteindre, mon coeur, je déflore
Oui, je veux renaître, je veux enfin éclore
Et tous les recoins de ton corps, j'explore
Grimpe sur moi, si douce et sucrée passiflore
Car cueillir la fleur de ta passion vaut de l'or

Happy-Culteur
Ecoute donc bourdonner ton bonheur
Mon joyeux et besogneux apiculteur
Qui tout près de la ruche sommeille
Rêvant au milieu de mille abeilles
Tu fais si bien la danse de la cire
Tu sais que seule la reine t'attire
Sa fleur et son nectar, tu butines
Douce saveur sucrée très mutine
Sur la ruche, l'amour, la passion
Tu croyais en connaître un rayon
Mais aimer le miel, il n'y a pas pire
Ce goût des amours qui soupirent
Happy-culteur, bel amoureux transi
Par la gelée royale, source de la vie

Abattre mes cartes
Battu, rebattu, comme un jeu de cartes
Faut-il que je joue ou que je m'écarte
Etre solitaire mais sans aucune rancoeur
J'écoute tout doucement battre mon coeur
Je dis: "Belote, rebelote et dix de der"
J'ai coutume à le faire, ce pas en enfer
J'ai su lire entre les lignes, j'ai lu-cifer
Je ramasse la mise, au diable vauvert
J'ai fait le serment de vigne, celui qui saoule,
Cela me glace et me fout vraiment les boules
Et il me faut ab-sorbet le fruit défendu,
Ta chair si rose et mon doux rêve entrevu
Je suis ton évasion, ton vassal quatre as
Carte joker, jouant le second rôle, hélas
Si je ne suis encore le roi de ton coeur
J'en serai le laquais, le valet de coeur
Il me faut abattre mes cartes, voilà tout
En espérant avoir la main pleine d'atouts

Ego-Land
Je me recroqueville derrière mes écailles
Moi le lézard perdu, dragon pas si commode
Avec lequel il faut bien que je m'accomode
Il fait si froid en moi, que je me caille
Et pourtant, il faudra bien que je m'aime
Que je mesure ma force et que je m'efforce
D'avancer vers moi ou bien que j'en divorce
Et que de mon intérieur, je fasse un poème
Mon Ego, tu trembles tant, quand je t'effeuille
Si sautant de ta hauteur un jour je me suicide
Tu auras alors atteint la taille d'une pyramide
Et tu m'auras épargné quelques beaux écueils
Tes poignées dorées soutiennent mon cercueil
Mon bonheur passe-t-il par la reconnaissance ?
Mon honneur est-il foulé par autant d'errances ?
Pourrais-je vraiment un jour de toi faire le deuil ?
Et j'erre en moi sur la Terre dévastée de l'Ego-land
Je m'aime, tu m'aimes, on sème, quand bien même
Mon âme, mon drame, femme, ma flamme, j'essaime
Au son des trompettes de "gère Ego", folle sarabande
