Articles de luober
Une infinie tristesse
Ces moments sortant de nulle part et qui vous montent à la gorge
Vous broyant le coeur pour le jeter sans scrupule dans la forge
Moments d'émotions où remontent en moi, une infinie tristesse
Que je sais si mal gérer et me laissant alors en proie à la détresse
Le temps, beau musicien, joue sa mélodie sur le piano froid de ma nuit
Ecoutant sa sonate au clair de la lune, je reste sourd à ma lente agonie
Rien n'arrête cette chute vertigineuse, ce chaos sidéral, cette anarchie
Je me perds en moi, le corps meurtri, le coeur blessé et l'âme démunie

Le jeune homme en moi
Au fond de moi un jeune homme sommeille
Lui, que seuls de tendres baisers réveillent
Il s'est endormi à la vie, à l'amour, autrefois
Avec blottie en lui la crainte de faire ses choix
Si désormais le choix m'échoit sans incertitude
Je choisis donc d'être vivant avec toute latitude
Il y a lui, il y a moi !
Je suis lui en émoi !
Il y a en moi tant et tant de sentiments étouffés
Nécessitant la ventoline du coeur pour respirer
Porté par le marasme des océans phobiques
Surnageant dans les réactions épidermiques
J'ai dû fonctionner avec trop d'approximation
Perdu dans le labyrinthe de mes renonciations
Le jeune homme en moi,
Désormais n'a plus froid !
Il y a aussi enfoui le personnage d'Erwan
Mais, en tous cas rien qui ne me dédouane
De vouloir vivre pleinement mes rêves
Et j'anéantirai tes drames sans trêve
Dans les profondeurs de mon coeur
Y cultivant des graines de bonheur
Le jeune homme en moi
non, jamais ne mourra
Pour toi, je vaincrai tous les hivers
Je saurai te réchauffer, je serai vert
De l'amour, je ferai pousser les ailes
Du désir, je ferai naître les étincelles
Le jeune homme en moi me murmure à l'oreille
Qu'il saura t'emmener au pays des merveilles
Oui, il y a un jeune homme en moi
qui te laissera libre et te sauvera

Le cow-boy raciste
(texte écrit en 1982)
Dans le vieux saloon de la ville
J'étais accoudé au bar tranquille
Quand derrière moi un type a dit
On aime pas les étrangers par ici
Lentement je me suis retourné
Pour surtout ne rien précipiter
Et alors je lui ai demandé
Quel est ton nom, dégénéré ?
Il m'a répondu d'un air simpliste
Je suis le dernier cow-boy raciste
Je suis la mort, je suis la haine
Et mes plaisirs seront ta peine
J'ai dit pourquoi tant de rancoeur
Ta soeur bat-elle encore le Beur ?
Pourquoi te sens-tu donc mis à vif
Devant une étoile jaune de shériff ?
Il a alors rajouté d'un air inquiétant
Je suis un vilain, je suis un méchant
Car je veux faire du mal aux gens
Et fais attention à toi maintenant
Moi, j'ai répondu en plaisantant
Je suis le dernier des mohicans
Et je déterre la hache de guerre
Contre les antisémites primaires
C'est ainsi que dans un bar de Buffalo
Est mort le dernier cow-boy facho
Lors d'une nuit absolument lugubre
Etouffé par un petit noir sans sucre
Alors, comme tout cow-boy a un cheval
Toutes les histoires ont leur morale
C'est que l'on est tous aussi con de croire
Qu'on est la race supérieure de l'histoire

L'homme décalé
Amis, j'ai souvent peur de ne pas être de ce monde
Car celui que l'on me propose est parfois immonde
En haute société, je suis mal à l'aise chez les snobs
Bien plus souvent intéressé par les traces des orbes
En scène, j'ai du mal à jouer tous ces personnages
Que l'on a attendu de moi maintenant et à tout âge
Bien loin des mouvements de foule, de la multitude
Je cherche à m'isoler et enfin rejoindre ma solitude
Tel Tefal, face au culte voué à l'argent roi, je glisse
Crêpe que l'on aplatit, homme décalé, dépité et lisse
Je n'adhère à aucun parti, à aucune basses énergies
Ne rêvant que de cette femme qui illumine mes nuits
Sourd aux clameurs politiques et aux histoires des hommes
Je traîne parmi les ombres avec quelques grands fantômes
Mais cette créature porteuse de lumière saura m'en défaire
Et de l'amour, elle saura conjuguer pour moi, le verbe faire
Ermite, ascète, poète misanthrope, recalé parmi mes semblables
Sortant de l'égout, dégouté de les écouter alors je me sens incapable
D'avancer du même pas, du même élan, allant vers d'autres horizons
La terre est si petite quand aux confins de l'univers, je pose ma vision

Accro de louve
Sur des guimauves en forme de nuages
On pose parfois nos rêves de voyages
Pour goûter de nos vies, les délices
Hauteur de vue, architecte, édifice
Il y a tant de magie cachée en elle
Elle est comme la Rome éternelle
Je crois en cette louve, en cet émoi
Et quand son corps est contre moi
Tout vibre de façon si merveilleuse
Avec l'envie de la rendre heureuse
Il ne faut pas douter face à la meute
Mes désirs naissent contre sa peau
Et l'amour sera notre seul vaisseau

Conte de faits
Rebelle au bois dormant
Souffle hautbois bandant
Avant que je sorte cravache
Alors défrise mes moustaches
Beau chat pelier fou
Joli chat peron roux
Je te veux si liquide
Que ton miel me guide
Tel un conte de faits
Entièrement défait
Et ta belle citrouille
Me fout pas la trouille
Cachée derrière un loup
Tu vas prendre un coup
Mes dents si acérées
Sauront te croquer
Méchant de l'anneau
Frodon, doux agneau
Perdu dans ta comté
Alors je te baguerai
Et ton corps frémira
Assaut de mes doigts
Demain je te mettrai
A l'amende si salée
Que dans cette forêt
Pourrais m'épancher
Te voilà ma blanche
Neige sur tes hanches
Et je sais je te paume
Le reflet d'un homme
Reine dans le miroir
Morale de l'histoire
