Articles de luober
Que conserve-t-on à la fin du voyage ?
Que conserve-t-on à la fin du voyage ?
Cartes postales, post stèle, mirages
De mes jeunes années au grand âge
En me réveillant en sueur et en nage
Je coule lentement dans le grand bain
Car qui trop en brasse, mâle éteint
Et fatalement, de la vie, manque le train
Tandis que nos amours passent leur chemin
Ainsi, que conserve-t-on à la fin du voyage ?
Avoir aimé sincèrement serait le bon message
Alors à toutes celles à qui j'ai fait l'amour
Souri un jour ou, simplement, fait la cour
Je vous porte en moi tel bouquet de roses
Dont les pétales sucrés-salés m'overdosent
Vous nourrissez toute ma poésie et ma prose
Et vos sourires, vos doux yeux sont osmoses
De ces pensées délicates que je garde de vous
Et de toutes les fois où je me suis mis à genoux
De tous les amours effleurés m'ayant fait signe
Je conserverai très tendrement, le chant du cygne

Langage Sybillin
Voyances et divinations
Parlent de tes émotions
Sans Sybille t'es rien
Et ton langage si vain
Arrivées de Pessinonte
Où l'on aime sans honte
Priant la déesse Cybèle
Cette divinité si rebelle
Tenant grand rameau fleuri
Bel étendard ou Crucifix
Couronne de la Passion
Fouet de la flagellation
Douze grandes prophétesses
Dont on écoute la sagesse
Lisant les oracles Sybillins
Hier, aujourd'hui, demain

Le chat mal au ventre
Le chat indolent qui attend les caresses
Qui me tend son ventre empli de paresse
Le chat si patient et que rien ne presse
Faisant preuve d'une incroyable adresse
Qu'il est doux ce pelage telle la toison
De la chatte qui trouble tant ma raison
Fin de l'hiver où grandissent les jours
Chaleur printanière, saison des amours
Toutes les souris du Missouri lui sourient
Pattes à coussinets et griffes à l'abri
Du poisson d'avril en fera son déjeuner
Tout matou pris n'est jamais prisonnier
Il se défile sans jamais perdre le fil
Et le retenir par la queue est inutile
Le chat mal au ventre, le chamallow tendre
A toutes les peaux lisses ne veut pas se rendre
Il est noir comme la nuit où il se fond
Il rôde sans subir notre ennui profond
Quand Dieu lui dit rentre à la maison
Le chat est écrasé par le gros camion

Baudelaire et moi
Tel un poète maudit aux rêves éphémères
Je n'aurai plus jamais peur de brûler en enfer
J'accosterai au pays des grands ports oubliés
Pour y suivre des filles aux saveurs vanillées
En buvant du vin blanc en soirées orgiaques
Je me repaîtrai de sexe au fond de tous ces "claques"
Dans ce monde humide qui peut paraître glauque
Je ne serai plus jamais celui dont on se moque
Mais j'étais bien trop sage pour les attirer
Toutes ces filles préfèrant les marins tatoués
J'invoquerai alors le fantôme de Baudelaire
Qui dansera avec moi dans tous ces repaires
Nous composerons des poèmes érotiques
Qui seront éreintés par toutes les critiques
Mais Charles et moi, au fond, on s'en fout
Pourvu qu'ensemble, on écrive un coup
Ainsi, je serai indécent, impoli et cynique
A l'opposé de cet homme si mélancolique
Et grâce à toutes nos caresses alertes
A deux, nous ferons jouir la fée verte
La sortant du bordel où on l'aura trouvée
Elle sera le joyau de toutes nos voluptés
Elle deviendra reine quand nous serons rois
Et l'on s'abandonnera dans son sillon étroit
Avec toi, je serai sûr de moi et un brin rebelle
Et lascive à nos pieds, elle sera la plus belle
Puis, elle assouvira, un à un, nos fantasmes
Menant nos plumes à des milliers d'orgasmes
Le vent du sud gonflera les voiles de nos vaisseaux
Quand nous ferons l'amour en déclamant nots mots
Les autres poètes jaloux devant nos "peau à peau"
Rêveront d'obtenir d'elle d'aussi longs sanglots
Baudelaire et moi, ferons de grands voyages
Où nous nous échouerons à d'étranges rivages
Et nous ferons macérer de noires décoctions
Breuvages magiques aux fleurs de la passion
Tel un poète endormi dans ses rêves éphémères
Je coudrai avec soin le linceul de feu Baudelaire
Je me réveillerai alors en un grand cimetière
La poitrine alourdie par une croix de pierre

Savoir encore aimer
Avant toi, je n'avais jamais ouvert mon coeur
Depuis toi, j'avoue que cela ne me fait plus peur
Tu sais, je t'aime mais je ne peux plus le dire
Tu vois, je t'aime mais je ne sais plus l'écrire
Tout cet amour que je ne peux plus te faire
Tout cet humour que je suis obligé de taire
Tous ces mots restent à présent coincés en moi
Car même si l'on dit que le ridicule ne tue pas
Je sais que toutes les belles choses ont une fin
Et de toi, c'est vrai, je suis resté sur ma faim
Ainsi, sans que tu puisses peut-être t'en douter
J'ai été prévenant, investi, tu ne peux imaginer
Je me suis tant impliqué que je me sens frustré
Tant sincère, pour ton corps et ton cœur, aimer
Alors comment faire pour moins penser à toi
Surtout que je ne le souhaite absolument pas
Peut-être transformer cet amour en tendresse
Et ce coeur sans domicile fixe oubliera sa tristesse
Pourtant tu m'as tellement comblé et empli de toi
Que je ne regrette vraiment pas d'avoir vécu cela
Nous avons eu tellement de chance de nous rencontrer
Tout mon être en a été transformé et mon âme éclairée
Mon coeur, si solitaire et un rien vagabond
A fait de toi à ce jour ma plus belle relation
Si à la porte de mon coeur blessé
Quelqu'un vient un jour frapper
Si à mes yeux hagards, un jour, elle apparaît
Celle qui, après toi, saura te faire oublier
Assurément cette femme atteindra des sommets
Alors, je pourrais dire : " Oui, je sais encore aimer"

Quand chaque nuage
Dans le ciel et ses condensations
Cumulus de toutes mes sensations
En gouttelettes et vapeur d'eau
Je m'embrume, vol de corbeaux
Je m'essouffle, souffle au coeur
A être plus fort que mes douleurs
Coureur de fond, en moi profond
Plongeant au centre du typhon
Je pars courir seul face au vent
Parcourir seul tout ce printemps
J'avais tant marché en cet hiver
Qu'il est long le chemin à l'envers
Pouvoir remonter le fil d'Ariane
Emplir mon âme de cette manne
Et dans chaque fleur, je te sens
Dans chaque pleur, je te ressens
Sur toutes mes pages, je t'écris
Et dans mes rêves, je te fais nuit
Sans être un monstre ou un damné
On n'oublie jamais qui l'on a aimé
Alors certains matins au bulletin météo
Comme en moi, il ne fait pas très beau
Quand chaque nuage me parle de toi
Espérer que la pluie ruisselle sur moi
