Articles de luober
Exister
Non, aujourd'hui je ne vous parlerai pas d'ailes
Envol des oiseaux migrateurs et tendres soleils
Même si dès le matin, quand je me lève à peine
Et que toutes pensées, vers elle, me ramènent
Je vous parlerai de moi et de ce qui me fait vibrer
Tout ce qui en moi me donne l'impression d'exister
De ces matins, où la lumière d'été frappe ma peau
De ces lieux, qui n'appartiennent à aucun drapeau
Je vous parlerai de mes rêves, de mes éternités
Là où l'amour d'absolu n'est jamais très éloigné
Ces grands champs de colza aux jaunes surexposés
Et où la lumière de Van Gogh semble les survoler
Je ne suis que le néant qui marche vers sa tombe
Misérable cellule de plus dans le cancer du monde
Mais j'ai des océans d'encre tout au fond des yeux
Juste de quoi écrire mille ans sur la voûte des cieux
Quand aux heures rares, où ma bouche rejoint la sienne
Et que de Paris à province, je bois à sa source diluvienne
Mon coeur se réhydrate, je redeviens être de persistance
Je me sens exister, retrouvant enfin toute ma consistance

Les choses avec elle
Les choses avec elle prennent toujours un relief inouï
Je me délecte devant le spectacle de son corps épanoui
Tous les gestes de l'amour, avec elle, m'interpellent
Vois, mon corps, le premier, sait répondre à l'appel
Je voudrais tant faire à ses côtés des voyages aux confins de l'Univers
Lui écrire mille poèmes façon Luober, mieux encore, lui lire Baudelaire
Elle est ma fée "électricité", électron libre dont je veux être l'électrode
Je me noierai volontiers dans les eaux vertes de ses yeux émeraude
Elle est mon archéologue favorite, l'égyptologue parfaite
Libérant enfin mon corps momifié de toutes ses bandelettes
Sachant me troubler et sortir mon coeur de son vase canope
Réconciliant tous mes sentiments atomisés, façon microscope
Avec elle, je pourrais faire l'amour tout autour de la Terre
Dans des champs de blé, champs de bataille ou des cimetières
Toutes ailes déployées, animal fabuleux, je saurais m'envoler
Survolant les mers, frôlant l'écume comme les cimes enneigées
Je l'emménerai avec moi pour découvrir des trésors cachés
Tous ces petits lieux magiques, poétiques, ou même sacrés
Et, entre deux rêves vécus à deux, elle vivra ses autres vies
Mais elle restera ma Muse, inspiratrice et sublime égérie
Avec elle, je pourrais vivre neuf vies que ça n'y suffirait pas
Car à force de l'aimer, j'userai son corps et même ses draps
Défaire, refaire, parfaire, faire l'amour de mille manières
Tous les recoins du ciel et de la terre seront nos repaires
Avec elle, et avec ou sans ailes, je ne saurai ployer
Même sous le joug de la vie, je ne pourrais l'oublier
Et, je prononce son nom, quand dans ses reins, je pioche
Mon coeur, tout en émoi, s'emballe quand elle m'approche

Allons vers demain
Souviens-toi que la "philosophie" a une muse
Et que de nos deux coeurs, de nos deux corps,
Patiemment, elle s'imprègne, elle s'infuse !
Mon amour, je veux tes yeux pour seul décor
Mon unique trésor est enfoui entre tes seins
Ce coeur qui bat et sur lequel je pose ma main
M'abandonnant en toi avec délice, soir ou matin
Désirant plus que tout te donner un plaisir sans fin
Je t'offrirai une tendre épaule pour enfin te poser
Abandonnant contre tes fesses, mon sexe épuisé
Enfouissant dans ton cou, ma bouche enfiévrée
Ouvrant ton âme d'un baiser, pour mieux la pénétrer
Chaque jour, chaque nuit, j'essaierai d'être meilleur
De te donner envie de m'aimer encore, ici ou ailleurs
Tu me montreras comment emprunter tes chemins secrets
Et par crainte de te décevoir, alors peu à peu, je grandirai
Mon pal besogneux, chaque fois, apprend et se nourrit de toi
Et ma bouche connaît toutes tes saveurs sur le bout des doigts
Ton regard posé sur moi m'intrigue et souvent m'interpelle
Que me dit-il sur ce que je représente pour toi, ma belle?
Tous nos mots inscrits en de longues lettres dorées
Compléteront le livre secret des amants épanouis
Cette belle histoire à l'accent des élans passionnés
Ainsi, j'y écrirai les pages de mes éternelles folies
Loin des bruits parasites et l'air des lampions
J'avancerai vers toi, comme vers ma rédemption
Et humblement à notre amour, je donnerai raison
En cherchant secrètement quelle est notre mission
Je rêve de longs voyages aux reliefs de ton dos
De baignades en ta source aux si chaudes eaux
Je croquerai tous les fruits, surtout ton abricot
Et je tracerai des pistes tout le long de ta peau
De toi, de ton regard, j'aurai toujours faim
Sur plages de sable fins, alanguis et sereins
Je creuserai tes reins, et j'y ferai du tout-terrain
Accroche-toi à mon sourire et allons vers demain

Ma cité inca
La vie, la mort, c'est l'envers du décor
La nuit, je dors et je sors de mon corps
Je m'envole et survole toute la cordillère
Du Pérou jusqu'à ses régions frontalières
Elle est ma cité Inca, faite d'argent et d'or
Et de son coeur, je serai le conquistador
Toi, le jeteur de sort, toi, le faiseur de mort
Point de lumineux corridor, attends encore
J'ai trouvé en elle mon plus beau sanctuaire
Mon Machu Picchu, Eldorado que je vénère
Elle est ma cité Inca, et à pied ou à dos de lama
Je lui offrirai un jour tout l'empire d'Atahualpa
L'envie est là, et je joue avec son corps
Je la scotcherai au lit comme un picador
J'ai l'appétit féroce d'un grand alligator
Je la dévorerai cru, elle, mon seul trésor
Elle est ma cité Inca, faite d'or et de vermeil
Sa lumière brille sur moi, éclipsant le soleil
Magie et émotion se mêlent dans l'athanor
Quand le jour, je mords dans la vie très fort
Et le Mal qui guette depuis son mirador
Jamais ne nous atteindra, vol du condor
Elle est ma cité Inca, perchée là-haut dans les Andes
Et pour elle seule, belle princesse indienne, je bande

J'ai marché vers elle
Depuis longtemps déjà, je marchais vers elle
Traversant déserts et gravissant montagnes
Parcourant solitaire les champs et la campagne
Je ne la connaissais pas, mais je la savais belle
Evitant chemins de traverse où je pouvais m'égarer
Sans jamais avoir sombré dans de vaines illusions
Elle m'est apparue enfin, au bout de mon horizon
J'ai su tenir le cap sans fléchir, sans jamais renoncer
Et l'Univers, attentif, a su me montrer la voie
Quelquefois, je me dis que l'attente a du bon
Car elle est ma Galatée, je suis son Pygmalion
J'ai marché vers elle et, maintenant, là voilà

Pour Vénus
Pour Vénus, je m'en irai décrocher la Lune
En elle, quel délice, je tremperai ma plume
Comme ces flêches que Cupidon nous décoche
A l'encre rouge de mon coeur sans reproche
J'écrirai des mots pour relier les étoiles
Et je m'offrirai à elle, nu et sans voile
Marchant tous deux aux pas des intuitions
Avec la même sensibilité, la même passion
Toujours prêt à donner le meilleur de nous
Vivre cette harmonie vaut vraiment le coup
Je crois pouvoir l'aimer sans détours
D'aujourd'hui jusqu'à la fin des jours
