Articles de luober
Camouflage
J'aimerai tant parfois me fondre au paysage
Passer derrière le tableau, devenir une image
Aller sur la montagne pour y capturer l'écho
Faire l'école buissonnière tant pis pour les zéros
J'aimerai me cacher tout au fond d'un terrier
M'enfuir et exercer des tas d'autres métiers
Panser les blessures causées par nos hivers
Penser que je suis prêt à traverser les mers
Te prendre dans mes bras, te tenir par la main
Disparaître un beau soir, jusqu'au petit matin
Me réveiller près de toi, en ton corps enlacé
T'habiller, te coiffer, mon jouet, ma poupée
J'aimerai si souvent t'écrire des messages
J'aimerai tant, tu vois, caresser ton visage
Aller tout au bout de la digue de nos sentiments
Y jeter le bouquet dont rêvent les vieux amants
J'aimerai éviter tous les cruels regards
Ne plus être jugé, ne plus être blafard
Malgré ce qui fait nos belles différences
Laisser à cet amour une dernière chance
Pourquoi aux yeux de tous, doit-on rester si sage ?
Devoir subir ce camouflet ou mettre un camouflage
Alors je veux rêver encore en un heureux présage
Où je pourrais t'aimer sans plus aucun ombrage.
Le renoncement
Pris dans le vent sournois des folles rumeurs
Je t'ai laissé t'envoler vers un autre bonheur
Je ne t'ai pas repoussé, simplement protégé
Du monde tout autour et de la peur d'aimer
J'ai dû fermer les yeux sur tant de mes envies
Pour renoncer à toi, quel déchirement inouï
Alors ma première mission a été démission
Fuite, détachement forcé, si cruel abandon
Résigné, je me suis plié à ces grands desseins universels
Acceptant de n'avoir à offrir qu'un amour inconditionnel
A présent, je pourrais toucher le fond autant que l'absolu
Moi le porteur du renoncement, cette souffrance contenu
Surtout ne sois pas triste, ni même éploré
Tu as su lire en moi, tu as su m'apaiser
Alors ne t'inquiètes plus de moi, douce fleur
Car en te respirant tu as touché mon coeur 
Mélancolie
Soumis au supplice des rêves d'autrefois
Il suffit d'un mot, d'une musique parfois
Pour que du passé alors tu remontes en moi
Et me voilà fragile, chancelant, sans voix
Mélancolie, tu ne sais pas me dire au revoir
Lettres d'adieux oubliées au fond d'un tiroir,
Et de nos premiers amours, les photos jaunies
Tous ces vagues regrets qui pourrissent la vie
Et moi, que suis-je donc dans tes bras ?
Pantin désarticulé ne tenant plus droit
Voilà, j'en suis presque arrivé à me renier
Dans tous les cas, au temps, je m'en remets
Eternelle mélancolie, tu portes tout en toi
De ma solitude à tous mes mauvaix choix
Avec calme et dignité, je porterai ma croix
Rude nostalgie, me montreras-tu la voie ?
Sombre dame aux grandes allures romantiques,
Toi, la fiancée terrible aux doux accents gothiques
Je t'ai souvent pris la main pour fuir mon avenir
Me réfugiant dans hier et son troublant sourire
Mélancolie, tu es si belle quelquefois
Avec tes longs baisers âpres et froids
Dans un ultime voyage et sur une voie sans issue
Mélancolie, dans quelle impasse me conduiras-tu ?

Le prétexte
Dans mes très belles heures, j'ai écrit parfois quelques jolis textes
Qui voulaient monter jusqu'aux cieux mais n'étaient qu'un prétexte.
Derrière de folles apparences, je voulais simplement crier ton nom,
Remplir le vide dans mon coeur et oublier de ma vie les déceptions
La forme écrite de ma détresse est une poésie rimant avec tristesse.
Ces vers sont si noirs que tout cela me vaudra bien tantôt une messe
Et ce serait vraiment mentir de dire que je suis heureux en ce monde.
Passent les jours sans ta présence, dansent les heures, tourne la ronde.
Je ne saurais vivre dans l'errance, ni tolérer autant d'indifférence
Car l'amour est toujours là et il veut à présent combler ton absence.
Ainsi, ma vie, mes cris, tous mes pleurs ne sont que vagues prétextes
Et même la mort ne séparera pas nos âmes à qui connaît le contexte.
Alors sache que je franchirai le mur quelque soit sa hauteur
Et que je renouerai avec cet amour car il ne me fait plus peur.
Bien au-delà du temps qui s'enfuit, de nos vies et leurs incarnations
Nos rêves ne seront pas, nos rêves se seront plus, de vaines illusions 
Je m'éclipse
Vois donc, je joue à cache-cache
Tel un astre rayonnant mais fugace
Et, je sais que je me voile la face
Juste histoire de trouver ma place
Dans mes grands élans célestes
Souvent, je ne suis pas en reste
Je m'éclipse et je m'équinoxe
De rayons de lune, j'ai ma dose

Idéal féminin
Hey, petit où est ta dame ?
J'ai un petit état d'âme !
Je cherche l'idéal féminin
J'ai à l'idée du cousu main
Car derrière chaque Ulysse
Quelque Pénélope se glisse
L'amour absolu est un mythe
Trouant tout comme une mite
Le tissu de nos coeurs fous
Les laissant alors tout mou
Idéal féminin, pratique du baisemain
Idée oursin qui pique nos lendemains
L'amour saoûle autant que le vin
On s'ennivre, on cherche en vain
L'autre côté de moi, infime
Ma moitié, ma part féminine