Articles de luober
De partout et de nulle part
Je suis de partout et de nulle part
J'avance l'âme nue, sans aucun fard
Dans les arbres où murmure le vent
J'effeuille les chapelets du temps
Ma vie, ai-je le droit de douter de toi
Empruntant tant de passages étroits
Sentiers boueux en glauques endroits
J'y ai perdu ma foi, ma raison parfois
Je sais bien que mon heure viendra
Pour mourir ou pour trouver ma voie
Alors, mon esprit éveillé s'ouvrira
Sur un ciel où ton sourire brillera
Perdu sur l'île mouvante de ton corps
Comme noyé dans mon plus beau décor
Je m'offre un doux répit, une petite mort
Partageant notre plaisir sans aucun effort
Je suis de partout et je suis de nulle part
Je suis avant tout un être perdu et hagard
Je suis le rêveur fou d'un grand cauchemar
Te suivant partout et ne menant nulle part
Et même si
Et même si nos amours ne devaient être que fugaces
Et si nous ne volons qu'un peu du temps qui passe,
Peu m'importe, j'aurai des souvenirs pour mille ans,
La douceur de tes lèvres tout comme un doux présent.
Et même si le vent balaye les feuilles de mes poèmes,
Je saurai y mettre de l'ordre pour réécrire: je t'aime.
Peu m'importe le mauvais temps et toutes les tempêtes
Tant que la couleur de tes yeux, à mes yeux, se reflète.
Et même si un jour, vers d'autres cieux, la vie nous emmène
Si le parfum capiteux de ta fleur, encore à toi, m'enchaîne
Nous ne pourrons jamais oublier tous ces instants défendus
Où tout autour de nous, le monde s'arrêtait, comme suspendu.
Trois points de suspension
...
Voilà trois points de suspension
Trois points qui en disent long
Sur ce qui pourrait être dit ici
Et sur tout ce qu'ils signifient
...
Si ces trois points pouvaient parler
Imagine tout ce qu'ils raconteraient
...
Mais voilà trois points d'hésitation
Telles de muettes conversations
Pour tout ce qui ne devrait plus
Etre étouffé et pourtant sera tu
...
Si ces trois points pouvaient rêver
Imagine jusqu'où ils nous emmeneraient
...
Voilà trois points d'inhibition
Telles de cruelles frustrations
Que l'on ferait voler en éclats
En disant : "après tout, pourquoi pas"
...
Si ces trois points étaient seuls au monde
Imagine leur course folle et vagabonde
...
Voilà ce qu'est la vie parfois
Une route avec tant de choix
Le trouble que je garde en moi
Que je ne veux pas semer en toi
...
Si ces trois points n'étaient que ponctuations
Ils termineraient mes phrases sans hésitation
...
Que de doux rêves et de sensations
Derrière trois points de suspension
Mais l'on emprunte le chemin d'à côté
Celui tout aussi merveilleux de l'amitié
...
Si ces trois points pouvaient à eux seuls arrêter le temps
Ils feraient de nous des enfants, peut-être même des amants
De si beaux émois
Tu es et resteras toujours un mystère pour moi
Cette énigme absolue que chacun porte en soi
Avec ton initiale posée au commencement de tout
Que dire donc, on te ressent ou pas, voilà tout
Tels les caprices du vent s'insinuant partout
Dans les coeurs, tu frappes de grands coups.
Amour subtil, amour profond ou amour volage,
De nos pauvres vies, tu écris quelques belles pages.
On rêve de ton éternité et de ton abondance.
On veut tous, un jour, entrer dans ta danse.
Cinq lettres qui devraient dominer le monde
En laissant une place à chacun dans ta ronde.
Si parfois tel un papillon léger, tu t'envoles
Butinant de fleur en fleur, drôle jeu de rôle.
Tu reviens, néanmoins, toujours à la charge,
Avec toi, peu de répit, encore moins de marge.
Tu nous broies, nous déçois ou nous transcendes.
Tu fais de nous des drogués car on en redemande.
On croit être fort et pouvoir enfin se passer de toi,
Mais on tombe, retombe dans ton piège chaque fois.
Et, malgré tout cela, on accepte toutes tes souffrances
On fait bien souvent face et front à toutes tes carences
Alors, de toi à moi, Amour, tu portes de si beaux émois
Que nous ne retiendrons de toi que les moments de joie.
Ce soir, la nuit
Ce soir, je suis l'homme le plus triste de la Terre
Si noir est ce coeur broyé qui tuerait père et mère.
Espoir, ce mot est une utopie à laquelle je me plie.
Pourtant, j'ai vaincu des démons et des âmes impies.
Ce soir, je suis l'arbre le plus seul de l'hiver
Si froid, que je ne me réchaufferai qu'en enfer.
Tu as puisé dans mes racines toute mon énergie.
Tu m'as effeuillé même si je t'ai aimé tant de nuits.
Au gré des saisons, j'ai gravi tous les degrés
De l'escalier menant de ton âme à ton intimité
Comme un laquais passant par la porte de service
J'ai sombré dans la luxure, parfois même dans le vice
Ce soir, je ne peux que regretter tout ce temps perdu,
Miroir, je ne peux que refléter un semblant de vertu.
De mes rêves, de mes envies, mes défis, tu a fais le tri.
Tu as tout assombri, tout détruit et la nuit m'envahit.
Cela me dessert
Il y a des années de joie, presque de bonheur,
Tu avais mis le feu à mes yeux et à mon coeur.
J'ai longtemps inondé ton corps de chantilly,
Me laissant grignoter la fraise chaque nuit,
Te faisant sauter telle une crêpe luxurieuse,
Me consacrant à ton culte, belle religieuse.
Mais le temps a tout fait éclater en miettes
Malgré les mille-feuilles dans mon assiette.
Avec amour, tu m'avais préparé du pain perdu
Tu savais pourtant que c'était peine perdue.
Nous n'en sommes jamais arrivés aux tartes,
Mais en simple rupture d'amour sur la carte.
Dans un éclair de génie, café ou chocolat,
Je me suis enfui, je suis parti loin de toi.
J'ai pris le Paris-Brest avec toute la crème.
Tu en étais toute retournée, et un peu blême.
Malgré toutes tes bonnes recettes de dessert
Ainsi, je t'ai laissé errer, seule dans le désert.
Alors, je sais bien que tout cela me dessert,
Mais la vérité c'est que j'aime le camembert.