Articles de luober
Se lever de "bonheur"
Bateau laissé à la dérive vers les flots brumeux de la félicité
Si je m'y échoue un jour alors je ne pourrais que m'en féliciter
J'ai pourtant presque tout essayé pour atteindre cet îlot étroit
Devant ramer à l'infini pour porter quelques mauvais choix.
On est parfois envieux, on a parfois l'esprit frondeur
Mais pour être heureux, il faut se lever de bonheur
Sur le radeau de l'oubli, je m'en remets au souffle des tempêtes
Sur l'épave de ma vie, comment demain rembourser ma dette ?
Je porte tant d'espoirs déçus, l'abandon du présent qui s'enlise,
Et la pathétique image de l'homme qui, sur les rochers, se brise.
On a tous une certaine idée de l'amour réparateur
Mais pour être heureux, il faut se lever de bonheur
Le réveil du coeur ne marque pas forcément toutes les heures.
Il égrène les secondes de la vie et le cadran se gondole de peur.
Les graines ne donnent plus aucun fruit sur les arbres de l'ennui.
Les ailes de la mort recouvrent peu à peu tout du voile de la nuit.
On a tous tant de belles raisons de perdre son coeur
Mais pour être heureux, il faut se lever de bonheur
Quel cruel dilemme, quelle étrange dichotomie
Entre "réussir dans la vie" et "réussir sa vie"
Arrêtons d'être peureux et de la vie redevenons curieux
Je te le dis pour être heureux, il faut se lever de bonheur

Une fenêtre sur le monde
Faisant face à un univers Babylonien,
Derrière les grands carreaux, je me tiens.
Protégé par les murs si épais de la maison
Bien à l'abri du rythme de toutes les saisons.
Derrière cette mince paroi de verre
Ma vie et mes nuits restent amères.
Et la lumière de l'extérieur éclaire
Tous les champs colorés de la Terre.
Je me protège plus que de raison
De la tyrannie de la comparaison
De vertes prairies s'étendent là-bas
Lacs, monts, autres si beaux endroits
Peut-on vivre toujours par procuration
Comme à travers la lucarne de la télévision ?
Peut-on errer comme une âme moribonde
Sans jamais ouvrir une fenêtre sur le monde ?
Cercle de lumière
Du plus profond du puits de toutes mes souffrances
Enterré dans cette obscurité froide, humide et dense
Il m'arrive néanmoins de lever parfois les yeux vers toi
Grand cercle de lumière, seule issue, porteuse de joie
Dans le ciel gris bleu de toutes mes espérances,
Foi incertaine balisant les chemins de la chance,
Je suis la voie tracée par les murmures de mon âme
Je suis la voix m'aidant à entretenir la douce flamme 
La morte amoureuse
Toute ma vie, j'ai écrit tant et tant de fois sur l'amour
Et chaque nuit, j'en ai parcouru les plus beaux pourtours
Dans les paysages de l'oubli, tu restes néanmoins absente
Car malgré la mort, cette inconnue, en moi, tu es présente
Dois-je jusque dans ce tombeau venir chercher une réponse
Du doigt, je montrerai le chemin, même à travers les ronces.
Mort, Vieille voleuse d'âme, crois-tu vraiment que ça m'amuse ?
Mords, le porteur de vers, crois-tu vraiment en moi ma muse ?
Avant la moisson, n'ai-je plus le droit de m'enivrer de toi ?
Dernière oraison, neige dans mon coeur, et il fait si froid
L'amour revenant, vingt ans après, frapper à ma porte
La mort, le néant, rafflant la mise, en quelque sorte
Je me souviens, tu m'avais dit, qu'au moment de traverser le pont
On se rapproche de la personne qu'on a vraiment aimé tout du long
On lui tient tendrement la main comme pour mieux libérer son âme
On lui tient des propos sincères tout en lui déclarant sa flamme
Les saisons s'enchaînent, mon amoureuse, malgré les incertitudes,
Laisse tomber tes chaînes, sois courageuse et prends de l'altitude.
Alors guide la main tenant ma plume dans mes plus belles transes
Tu portes mon fardeau et, par ton baiser , donne-moi la délivrance

Le pro du verbe
Avoir le verbe haut et manier, remanier le proverbe
Ces petites phrases, sentences rigolotes ou acerbes
Qui amusent, distrayent et nous amènent à réfléchir
Illustrant parfois nos propos, nous faisant sourire
En fait, le vert est-il plus herbe ailleurs ?
Cette couleur d'espoir pour les rimailleurs
En manque d'amour, en recherche de bonheur
Le grand sénégalais va-t-il tirer ailleurs ?
Rien ne sert de courir, il faut partir à point
Le lièvre et la tortue se sont posés un lapin.
Chercher, trouver et se réfugier dans la solitude
S'affirmer, douter et enfin casser les certitudes
Vouloir se protéger, prendre la posture, attitude
Je te tends la perche, mais le coup est bien rude
Les pro du verbe avec les preux de la peau lisse
Ne se référe qu'à Saint louis, c'est un artifice
Bataille des mots, Guerre à retrancher l'adverbe
Ce n'est point le sujet et encore moins le verbe
Etre plutôt qu'avoir, naître plus tôt un soir
Mettre tant d'espoir. Maître, il se fait tard
Il faut bien se raser pour être imberbe
Et il faut parfois se fier aux proverbes

Quatrain à la lune
Le beau miroir de la pleine lune
Juste posé sur la plaine de dunes
Se reflète sur les flots étincelants
Où Hécate déroule sa langue d'argent