Articles de luober
Renouer avec le passé
En suivant la route de la vie et tous ses lacets
Il faut bien souvent renouer avec notre passé
S'immerger et se replonger dans le temps
En remontant le cours du fleuve lentement
S'asseoir alors en rêvant sur les berges blondes
Et regarder s'écouler du cours d'eau, les ondes
Nous sommes souvenirs, nous sommes aspérités
Nous sommes expériences, nous sommes pensées
Et rien demain ne saura nous couper de l'enfance
Car c'est dans son lit douillet que dort l'espérance

Tant de choses
J'aurais tant de choses à te dire
Mais je ne saurais que les écrire
As-tu vu la pluie d'été qui clapote ?
"It's true man", les projets qui capotent
As-tu vu l'oiseau blessé sur la branche ?
Toutes ces pensées froides qui dérangent
J'aurais tant de choses à faire
Mais ici, plus rien, c'est le désert
As-tu ressenti ton coeur qui explose ?
Tout le vide, si des râles sont en cause
As-tu pleuré seul quand les autres rient ?
Et pourtant tout au fond de toi, tu es envie
J'aurais hall, long couloir, la chambre où le mâle a dit
J'emporterai tes parents vers le paradis dès cette nuit
As-tu de la Terre, la conscience universelle et commune ?
L'envie demain de partir vers le ciel ou au moins sur la lune
As-tu resssenti la Nature qui reprend en toi tous ses droits ?
Tu es l'arbre, le ruisseau, l'hérisson, le loup, le chat, le lion roi
Il y a tant de choses dont je rêve, éveillé
Malgré le temps qui grignote mes étés
Tant de choses en moi sont à jamais ancrés
Je suis toujours cet enfant porteur d'éternité
Volent, volent mes rêves et mes envies,
Je souris car à présent je sais qui je suis
Il y a tant et tant de choses à faire avant que le temps s'impose
Alors allège mon coeur telle la libellule qui sur l'étang se pose

Derrière les illusions
Regarde, derrière les illusions
Toutes les petites bulles de savon
Qui éclatent quand tu dis oui, tu dis non
Et surtout quand je prononce ton nom
Sauras-tu recevoir ce que j'ai à donner ?
Mon plus beau sourire au parfum de liberté
Rouge baiser, coquelicot, croquer ton abricot
Vivre toutes les saisons, ni trop tard, ni trop tôt
Être présent en tout, du passé à venir
Et par dessus tout, arrêter de courir
Je veux t'entendre jouir de cette vie
Et dire que c'était un bout de paradis
Tu cherches tant la motivation
Au rayon rêve et implication
Alors tu soldes ce que tu étais
Le prix que tu croyais mériter
On te vend du rêve dans la boîte à malice
Mais au fond, tout cela est bien factice
Je suis le miroir de ton intrication
Le reflet brouillé de tes aspirations
Les ronces du chemin te griffent
Et ton coeur si rebelle se rebiffe
C'est ainsi, nous vivons de passion
Impatients, derrière les illusions

Larmes
Toute cette douleur que l'on essuie sur le visage des autres
Et qui, quelque part, tel un reflet est parfois un peu la nôtre
Nous sommes prisonniers de nos cœurs et de nos têtes
De l'étau qui se resserre et ces pensées qui nous maltraitent
Notre temps incarné s'écoule comme sur une joue une larme
Et multitude liquide, nous rejoignons l'océan et son vacarme
Puis, après la fureur océane, c'est enfin, enfin, le calme
Derrière mes épreuves, je ne suis et je ne reste qu'une âme

L'air de rien
Entends, le vent souffle, le ventre souffre
Le temps t'accule, la preuve fait ventouse
Dix-huitième lettre qui débute le rêve
Et qui finit le cor qui sonne sans trêve
Sur le pont, prêt à tout, bon à rien,
Mais empli d'espérance, l'air de rien
Du bateau, je regarde, l'âme erre
Du rat d'eau, ragondin, mon destin
Coule, oeuvre qui tendrement serpente
Vers ta fente, ta blessure, douce fêlure
Poisson-chat qui me roule dans la silure
Toujours troisième dans le père et la mère
Mais absente du fils et la fille, beau désert
J'étais pas né mais je reste dur à cuire
En faux dévôt, vite, vite, il faut m'enfuir
Sur le calendrier des beaux jours galants
Je te laisse le choix de la date, maintenant
Les mots sont des magies lettrées du soir
Vers lesquels la volupté, ce miroir est espoir
De nos désirs oubliés s'envolant en fumée
Qui laisse une trace fine, infime et éthérée
Je vois bien que j'ai l'air con, l'air de rien
Je touche l'héritage, cet impalpable bien
Que me lègue la langue de mes ancêtres
Qu'en faire à part du neuf ou dix, paraître ?
Alors l'air de rien, après le cul, avant laisse
Sur l'alphabet des jeux de mots qui blessent
Je poserai très délicatement ma détresse
Et de ma plume que depuis peu j'assume
J'écrirai en rondeau et vague d'écume
Car tant de bons mots flottent dans l'air
Qu'ils ne peuvent rester non lus, aube, air

J'ai en moi
J'ai en moi des soleils hérités de l'enfance
Des envies de solitude, un vide immense
Des blés mûrs, des sourires et des pleurs
La nostalgie du parfum oublié du bonheur
J'ai en moi un animal sauvage
Qui ne veut pas rester en cage
Indompté, j'ai besoin d'espace
Et passer sans laisser de traces
J'ai en moi un torrent de montagne
Et le souvenir d'un pays de cocagne
Aux accents de vacances éternelles
Une plage d'amour bleu et de miel
J'ai en moi le loup des steppes de Mongolie
Fuyant la meute et contenant tous ses cris
J'ai la liberté d'aimer pour seule compagne
Parcourant en être libre toute la campagne
J'ai en moi une lune noire, une partie sombre
La volonté de ne pas faire partie du nombre
Mais si je te croise en chemin et si je te reconnais
Alors je te tendrais la main et je saurais t'aimer
