Articles de luober

Le double sens de la vie

Par Le 2018-05-24



J'aurai tant aimé t'aimer, à l'orée du bois, jour d'été
Quand les aiguilles défient le temps père, amandier
Vois, à la source de nos âmes coule un délicieux miel
Nous, gars et filles, concoctés par les abeilles du ciel

Dans les blés, dormir contre ton corps nu
Être un rien polisson comme le grand cornu
Si aujourd'hui je sombre dans la clairière
Je demanderai à demain de m'accorder hier

Pas simple à comprendre le double sens de la vie
Et on s'échoue sur les récifs faisant passer l'envie
D'écrire et de vous raconter des histoires originales
Dont il ne restera pas grand chose dans les annales

Tous ces mots s'envoleront tels des papillons éphémères
Orphelins de soie bleue, amants des fleurs, couleur mer 
Le long des routes, coeur en déroute, longue nuit
Au bord du chemin où à la rose se mêle l'ancolie

Je suis passé à côté d'elle, à tire d'ailes, bel ange rebelle
Le premier pas, c'est celui qui coûte, parfum d'asphodèle
A qui dire je t'aime dans ce désert où seuls les arts chauffent
Mon coeur solitaire guidé et protégé par une divine étoffe

Non, je n'ai pourtant pas trahi ce qu'au fond je suis
Car j'ai besoin d'être nourri par toute cette magie
J'emplirai mes enveloppes corporelles de belles lettres
Pour que mes mots enfin puissent toucher tout son être 



Sens
 

 

L'amer et le rivage

Par Le 2018-05-16




C'était un lieu où vivait un poisson
Tel un filet, une nasse, une prison
On y élevait très rarement le thon
Et on disait plutôt ouïe à l'âme son
Sur la ligne, il y avait parfois de la friture
Quand on cache à l'autre sa vraie nature
Durant les jours sans pluie ou les jours d'ennui
On réparait les baleines pour se mettre à l'abri
Mais au fond de l'océan on ne sent pas les gouttes
Les intempéries font ma raie, mon sillon, ma route

Le petit poisson était loup solitaire et très marlin
Il arrivait à échapper aux prédateurs, aux requins
 Comme un poisson volant, oiseau de mer échappé de sa cage
Néanmoins, un jour de tempête, il vint s'échouer sur le rivage
Mais rien jamais ne vous arrête quand même l'occis gêne
Et avant d'être mis en conserve, il put aperçevoir une sirène



Sirene

 
 

Les miettes

Par Le 2018-05-14



Chère Mère qui êtes aux cieux
Vous qui m'avez donné le pain
Jour après jour jusqu'à vos adieux
Que pourrais-je vous dire demain ?

De cette vie, si j'ai l'impression parfois
De ne récolter que de maigres miettes
Elles ont cependant su nourrir ma foi
Renforcer mon corps souvent à la diète

La mie si douce que je n'ai su trouver
Sous la croûte brune de mes espérances
Reste en panne, hier mon coeur était délaissé
Demain, la baguette magique deviendra rance

Il faut tant de temps et de levure de boulanger
Pour que l'amour puisse un jour, au sein du four
Ne pas faire que gonfler mais aussi croustiller
Rompre le pain et, au repas de la vie, croire toujours



Miettes 1




  

J'ai cherché

Par Le 2018-05-11



J'ai cherché des réponses  jours et nuits
A ce monde complexe, à cet univers infini
J'en ai trouvé quelques unes à ma portée
A force de quêtes, enquêtes et rêves éveillés
Essayer de comprendre ne m'a pas empêché
D'être émerveillé par cette étendue de beauté
Et même s'il y a tant et tant de contradictions
Et de souffrances qui demandent explications
Oui, je sais que tout a un sens bien plus profond
Ainsi, par le bien ou par le mal, nous avançons

J'ai cherché l'amour toute ma vie
Je l'ai si peu croisé, ce fut mon défi
J'en aurai écouté que quelques notes
A peine un prélude mais à qui la faute ? 
Certainement, j'en suis seul responsable
Et dans ma bouche, ce petit goût de sable
Sur la plage déserte des grands sentiments
Ce fut mon épreuve reine, mon égarement
J'aurai néanmoins croisé quelques belles âmes
Qui auront parlé parfois à mon coeur en flamme

J'ai cherché à m'exprimer dans l'art avec passion
La musique, l'écriture furent une douce révélation
Dans toutes mes passions qui ont été des chances
Je me suis senti dans la gratitude et l'abondance
Et j'ai attendu bien trop longtemps avant d'être moi
Mais c'est à de merveilleuses rencontres que je le dois
Rien ne devrait nous éloigner de notre vraie nature
Ni l'éducation, ni la naissance, ni autre conjoncture

Souvent j'ai cherché mon chemin, j'ai cherché ma voie
Je me suis perdu pour mieux me retrouver maintes fois
 ​Dans des portes dérobées ou des impasses obscurs
Il y a pourtant une chose dont je suis vraiment sûr
J'ai cherché le trésor qui brillait en moi tel un soleil
Ce fut le seul à me réchauffer et à porter l'essentiel



Portes
 

  

 

 

 

 

De l'espace

Par Le 2018-05-08

 

J'ai besoin d'espace pour sauver ma peau
Car je suis de l'espace tel un enfant indigo
Dans ce monde pointu et empli de rapaces
J'ai si peu de place, alors je quitte la surface
Tel un poisson blanc dans l'eau, rose boréale
Je surnage, surmenage, ménage, visage pâle
Noirs, tous les o
iseaux de mauvaises augures
Qui malgré tout tentent de faire bonne figure


Ne pas remonter car je n'ai plus la force 
Me laisser couler serein entre deux eaux
D'un bel arbre, me cacher derrière l'écorce
D'une roche millénaire, être l'un des cristaux

D'où vient ce décalage avec mes semblables
Cette impression en moi d'équilibre instable
D'où provient mon âme et toutes ses questions
Que si peu se posent au sein de leurs illusions 

Je suis différent mais pas du tout indifférent
Je suis à fleur de peau, à fleur de sel, piment 
Ma sensibilité réclame une plus forte cuirasse 
Oui, j'ai besoin d'étoiles car je suis de l'espace

 

Monde


 


 

 

Sur les flots de la vie

Par Le 2018-05-07

(texte de 2016)



Quand parfois je me réveille certaines nuits
Avec de toi, mes désirs et toutes mes envies
Que mon corps est tendu, tout prêt à exploser
Que seule une main salvatrice peut me soulager
Me souvenant alors de nos sensuelles rencontres
Je rêve de ta peau et quand je me blottis contre
Empli de tout mon amour pour combler l'absence
Du fruit de ta bouche, je suis souvent en carence

Tu as quelquefois, des mots plus durs que les miens
Quand ils m'atteignent, ils me font un mal de chien
Je me sens souvent perdu, déstabilisé, comme étourdi
Je me remets en question, ne sachant plus qui je suis 
Car de ce rapport à l'autre, j'avais perdu l'habitude 
De tout cet apprentissage, oui, j'étais en solitude
Et c'est du regard de l'être aimé que l'on se nourrit
J'étais mort à la vie, désormais je ressens, je revis

Je me suis souvent demandé si j'étais capable d'aimer
Si je pouvais être assez à l'écoute pour enfin tout donner 
Voilà tant d'interrogations tournant au dessus de moi 
Moi, l'animal blessé survolé par des oiseaux de proie
Oui, j'ai souvent un peu mal, j'ai souvent un peu froid
Des frissons me parcourent dans le creux de mes draps 
Avec la crainte de décevoir, plus que celle d'être déçu
Que peut-on contre l'amour quand il nous tombe dessus ?

Sur les flots de la vie, vogue la barque des sentiments
Saurai-je la conduire jusqu'à toi et voyager délicatement
Apprendre comment tu t'es construit et ce que tu hais
Comprendre comment tu fonctionnes, tout ce que tu es
Je porte en moi autant de forces que de faiblesses
Saurai-je combler les désirs de la grand prêtresse ?
Mon âme vient de loin, je crois en la lumière, je crois en l'éveil
Car même les cieux les plus sombres sont barrés d'arcs-en-ciel



Flots vie2

 

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