Articles de luober
Cette vie ne veut plus de moi
Cette vie ne veut plus de moi
Ou c'est plutôt l'inverse, je crois
Elle me bouscule assez souvent
Et mes rêves, elle malmène tant
Cette vie nous laisse pourtant le choix
Il suffit parfois de se battre un peu contre soi
Car nous sommes notre ennemi et notre allié
C'est notre propre obscurité qu'il faut éclairer
Cette vie gris pâle que je vois défiler
Et toutes ces peurs que je dois affronter
Pour construire une stratégie intérieure
Afin de supporter ma mise en demeure
Cette vie féroce et toutefois si merveilleuse
Cette galaxie, cet univers, cette nébuleuse
Ce grand fauve carnassier qui nous avale
Et nous recrache, digérés, matière fécale
Cette vie, cette envie qui nous tiraille
Ce chemin que l'on cherche, cette faille
Qui durant des années en nous se dissimule
Tout au fond de notre âme en prise de recul
Cette vie s'écroule sous le poids
De mes douleurs, de mes froids
Elle m'interpelle, elle me secoue
Elle me blesse, me roue de coups
Cette vie de solitude, ce défi permanent
Où l'on a tant envie de crier "Maman
Prends moi dans tes bras à présent
Dans ta mort, tu me manques tant"

Dans mon lit
Dans mon lit,
Avec des valises sous les yeux, je voyage
Et je ne sens point les morsures de l'âge
Dans mon nid,
Je suis un oiseau de passage, trop sage
Car l'amour en moi n'a pas deux visages
Dans mon lit,
J'écoute les guides et leurs messages
Missions, prédictions et présages
Harmonie,
Que je cherche en moi et au-delà
Pour atteindre parfois le nirvana
Dans mon lit,
Si tu t'es blottie contre mon corps nu
C'est surtout mon coeur qui t'a reconnue
En Utopie,
On se fera des plans sur la comète
Sur mon épaule, tu poseras ta tête
Dans mon lit,
Je quitterai une nuit cette terre
Qui ressemble parfois à un désert
Sans souci,
Je tirerai alors ma révérence
Sans regret mais avec nuance
Dans mon lit,
Avec des rêves plein les yeux, je colore
Toutes les nuits de mille et un trésors
Dans mes écrits
Avec des mots, avec des si
J'aurai souvent rêvé ma vie
Dans mon lit,
Fleuve insoumis et rebelle, je surnage
Promeneur du pays de tous les courages
Et depuis le paradis
Couché sur un matelas de nuages
Je reviendrai passer le message

Bâti Soeur
Je suis un bâtisseur qui se construit lui-même
Posant pierre après père toutes les fondations
De son monde intérieur, dans les matins blêmes
Je suis le gris mortier qui demande réparations
Et qui file à la glaise quand tout en nous se fissure
Je monte des murs, fruits trop vers pour faire poème
Je sonde les coeurs rabotés en petits copeaux de sciure
Je suis le fil d'arpenteur, rectifiant du pareil au même
Les déformations, les aberrations de nos constructions
Qui sont devenues comme nos vies, des édifices instables
Assis autour de l'âtre pour se réchauffer aux émotions
Enroulés dans nos visions de fou rire, inatteignables
Mais parfois, dans la maison de nos âmes, le bâti ment
Pour s'en défendre et pourfendre les ans, bûches de la vie
Alors notre âme prend la hache, elle aime modérément
Mais parfois il faut alimenter le foyer avec nos ennuis
Derrière la porte, dans ce havre de paix que l'on se construit
Nous nous blotissons pour faire briller la lumière dans la nuit

Un autre temps
Dans un autre temps, un autre lieu
Où les âmes soeurs iraient par deux
Dans cette vie rêvée, à recommencer
Avec cet acquis, ce que désormais l'on sait
Grandis de nos erreurs et de nos espérances
Dans la sombre forêt de nos coeurs, attirance
Dans la douce lumière de nos ombres, brillance
Dans un lancer de dé, l'amour reste une chance
Il peut y avoir un sentiment d'injustice à être incarné
En ce que nous ne sommes pas réellement en vérité
En ce que l'on veut parfois fuir à longueur de journée
Pourtant la Source de tout a voulu nous y confronter
Que doivent tant payer et expier nos âmes impies ?
Pour avoir le sentiment de passer à côté de nos vies
Il faut briser la carapace de nos préjugés et avancer
De quoi écrire toute une vie et remplir des carnets
Dans un autre temps, un autre lieu
Où nos coeurs seraient heureux
Et nos corps fatigués et chaleureux
Dans un autre temps, un autre âge
Années tournant page après page
Le livre de nos âmes qui voyagent
Dans un autre temps, dénouant d'autres noeuds
Où nos consiences éveillées parcourraient les cieux
Et seraient bien plus proches de la volonté de Dieu

Prendre les devants
Je vole, je prends les devants
Je suis la pluie, je suis le vent
Car tu vois, j'anticipe
Question de principes
Et je ne suis pas parti
Je suis devenu énergie
Ici, tout est magique
Physique quantique
Non, la mort n'est pas
Seul mon corps s'en va
Il retombe en poussière
Mais l'esprit persévère
Petite lumière qui t'éclaire
Toi qui m'as tant pleuré hier
Sois rassuré, nous nous retrouverons
J'ai simplement changé de dimension
S'il te faut encore des preuves
Traverse d'abord tes épreuves
Prends tout ton temps et apprends bien
J'ai pris les deux vents : zéphyr et marin
Parcours ton sinueux chemin
Et je te dis simplement à demain

Laissez-moi tranquille
Laissez-moi tranquille, je dors
On est si bien dans cette petite mort
Laissez-moi, je me faufile, je sors
Juste pour voir l'envers du décor
Rien n'est plus important que la liberté conquise
Depuis tant d'années sur mes joues souffle la bise
Laissez-moi loin de vos agitations, de vos danses
En effet, je ne vibre pas sur la même fréquence
Laissez-moi tranquille, car là est mon trésor
Ne le gâchez pas, mon intériorité vaut de l'or
Cette belle différence, cette chance, je l'assume
Porté par mes ailes faites d'amour et de plumes
