Articles de luober
J'aurai tant voulu
Tu sais, j'aurai tant voulu
Que bien différent, tout fut
Tel le buisson ardent, ardu
La vie, sur la fin, t'aura rompu
Mais crois-moi, elle ne t'en veux pas
Pas plus qu'à toi, pas plus qu'à moi
Pas plus qu'à tous ces inconnus, là-bas
La vie a faim et nous sommes son repas
Elle a besoin de vies et elle nous mord
Souvent très profond, souvent très fort
Rien de vraiment personnel, je te le promets
Juste une série d'épreuves qu'il faut traverser
Et c'est ainsi depuis la nuit des temps
Avec sa soeur La Mort, au demeurant
Elle prend le vieux, elle prend l'enfant
Elle prend la femme, comme le géant
Quand l'une a fini enfin de jouer avec toi
Sa jumelle est là pour te tendre les bras
J'aurai tant voulu t'éviter les secousses
Et que vers la fin, la vie fut plus douce
J'aurai tant voulu, tant moulu
Que le grain est poussière nue
Le Fa rime quand le requis Aime
La musique que les cieux sèment
Arrêter le temps
Arrêter le temps
Juste un instant
Se poser tout près d'une mare
Suivre le pinceau d'un phare
Qui repeint lentement la nuit
Rester là, assis, sans bruit
Ecouter le vent
Devenir amants
Poser nos habits de poussière
Laisser le passé aux vestiaires
Mettre tes douces lèvres sur les miennes
Peu importe demain de nous ce qu'il advienne
Figer le présent
Être prévenant
Refaire un peu le monde
Juste quelques secondes
Et rêver que tout autour est éternité
Même si je sais que ce n'est pas vrai
Regarder chuter la feuille
Début de la saison des deuils
Dans la forêt millénaire à perte de vue qui s'étend
Pour ne pas blesser l'arbre, graver virtuellement
Nos noms qui s'envoleront un jour dans les nuages
Arrêter le temps est une illusion, un simple mirage

Octo génère
Octo génère tant d'amours, octogénaire tant de nuits
Qui se sont écoulés depuis ta naissance rue de Valmy
Lieu que tu n'auras quitté que durant quelques années
Pour revenir y habiter quarante ans avec ta dulcinée
Je sais que ce lieu bâti par ton père t'a rendu heureux
Et que tu aurais aimé y vivre encore longtemps à deux
Alors nous célébrerons sans elle tes quatre-vingt ans
Car la vie, capricieuse et rebelle, en a décidé autrement
Au gré de tes récentes tristesses et de tes déchirements
Je t'ai redécouvert au fil du temps en homme différent
Alors je suis en ce jour fier et honoré de fêter cet instant
Même la vie m'aime
Je t'aime la vie mais toi, m'aimes-tu ?
Même si à la fin de l'histoire tu me tues
Tu m'auras néanmoins permis de faire surgir
Mon âme tourmentée qui n'aura pas à rougir
De ces quelques années terrestres à essayer
De comprendre et d'apprendre qui j'étais
Automne comme hiver, paradis et enfer
Dans mes oasis comme dans mes déserts
Dans les vagues, dans le sable des dunes
Dans mes voyages intérieurs sous la lune
Sur le papier rougi par le sang coulé
De mon coeur qui n'a pas assez aimé
J'ai pourtant toujours essayé de faire de mon mieux
Et si parfois j'ai menti alors je n'en répondrai qu'à Dieu
Si souvent j'ai souri, j'ai toutefois gardé quelques cicatrices
Que je n'aurai pas guéri, même en buvant le fond du calice
Ainsi, rien n'aura pu étancher ma soif d'amour et de liberté
Mais même la vie m'aime car je n'ai pas honte d'être imparfait

Bel automne de ma vie
Quand l'automne descend sur la Terre
Que la Lune en mouvement se désespère
Des gouttes d'or se posent sur les arbres
Le coeur des feuilles se colore de marbre
Et le corps des filles au premier frimas
Se rhabille comme on remonte les draps
Sur la route qui nous conduira à l'hiver
J'entends en moi un poème de Prévert
Me rappellant, combien le parcours
Qu'il nous reste à faire est bien court
Mes amis, tout va si vite sur le chemin
On cligne des yeux et il est déjà demain
Sur le long ruban monotone qui s'étire
Ma vision se déforme, alors, je soupire
Femme, peux-tu m'aimer et me laisser libre ?
Mort, peux-tu me frôler et me laisser vivre ?
De mes saisons, tu n'es pas la pire
Bel automne de ma vie, je te respire

Mâle heureux
Malheureux rêve d'amour
Mâle heureux, peut-être un jour
Ne jamais vouloir faire de mal, si ce n'est à soi-même
Et tout doucement, à mots couverts, murmurer je t'aime
Malhabile cherche son style
Mâle habile baise en ville
Ne jamais renoncer à soi, forme de persévérance
Sinon lentement, sombrer dans l'accoutumance
Maladresse expressive
Mâle adresse une missive
Ne jamais arriver à s'échapper de sa prison doré
Et tel l'oiseau Lyre, de sa plume écrire le mot Liberté
Malentendu, lente déprime
Mâle entendu qui s'exprime
Ne jamais atteindre, ni effleurer le Nirvana
Mais rester philosophe dans tous les cas
Maladroite qui loupe le coche
Mâle à droite, femelle à gauche
Ne jamais abandonner et ne jamais douter
Aux sources de l'espérance, venir s'abreuver
Malheureux porte l'espoir
Mâle heureux pour un soir
