Articles de luober
Toutes ces vies
Toutes ces vies que l'on vit
En une seule, mon ami
Toutes ces vies que l'on vît
Partir par la lucarne de la nuit
Toutes ces vies que l'on envie
Quand les nôtres nous ennuient
Doute sévît quand tout s'enfuit
Et que l'on se retrouve démuni
Routes que l'on suit à la sueur
De notre front que l'on essuie
Captant les gouttes de bonheur
Qui coulent souvent sans bruit
Joutes que l'on mène avec fracas
Où chaque jour n'est qu'un combat
Toutes ces vies enfin que l'on revivra
Progressant vers le meilleur de nos états

Lumière intérieure
Intérieurement, j'écris en solitaire des vers
Qui me rongent l'âme et me mettent à l'envers
Ils révèlent tout le tissu que l'on a en soi
Habillant de poésie tout ce qui nous déçoit
Extérieurement, je regarde s'écouler le monde
Tel un fleuve d'effroi empli de choses immondes
Submergé par les flots mon coeur lentement dérive
Aura-t-il la force demain d'atteindre l'autre rive ?
Il y a pourtant ici bas de très belles choses
L'amour en fait partie, j'en ai pas eu ma dose
J'en redemande encore et encore jusqu'à l'overdose
Je m'en nourris tel un salvateur sirop de glucose
Il y a aussi cette lumière universelle qui transparaît
Dans le regard de certains êtres que l'on sent illuminé
Ils posent sur nos existences leur vision bienveillante
Et, quand ils s'adressent à nous, la vie semble évidente

Peinture
Aux couleurs changeantes de la vie
A tous les coups de pinceaux réussis
Je rends un vibrant hommage
En posant mon regard vers mer
J'aperçois sur une langue de terre
La jeune fille à la perle, bien sage
Des teintes pastels au rouge de braise
Du bleu de Klein au vert de Véronèse
Du brun Van Dyck au noir Soulages
Derrière le pourpre et le vermeil
Nos yeux éblouis s'émerveillent
Devant autant de poésie visuelle
De l'orientaliste Majorelle
Dont le bleu-violet étincelle
Je garde une vision de ciel
Le jaune de Van Gogh qu'il brosse
Et sur lequel, éclatant, il s'adosse
Nous ouvre la porte du soleil

Un lac
Un lac est tendu d'eau, capillarité du ciel
Echo dans une pièce où on lance un appel
A pile ou face, surface où l'onde se mire
Dans son reflet la montagne s'admire
Pureté de l'air empli de silence
Si petit quand tout est immense
En visiteur, intrépide marcheur
J'emprunte les sentiers du coeur
Respirer avec le poumon vert de la Nature
Quand mon corps est ici la seule voiture
Véhiculant mon âme vers tant de merveilles
Sur les berges du lac profond où la truite fraye
Ici, on se sent en paix et à l'aise
La solitude à personne ne pèse
La nuit fait briller parfois mille étoiles
Sur la surface plane de ce liquide voile
Du débordement de cette eau enfantée par la glace
La vie s'abreuve tel le chamois, la marmotte, le rapace
Dans les vallons tout proches où le lac éternel ruisselle
Un parterre de fleurs multicolores dans les prés étincelle
Un lac majestueux au pied d'une montagne
Et où tous nos rêves les plus doux stagnent
Pures eaux glaciales des sommets enneigés
Nous ne sommes qu'une goutte d'eau en vérité

Un jour, je m'endormirai...
Un jour, je m'endormirai et mon âme sereine
Viendra survoler des Champs Elysées, la plaine
Tout sera alors plus léger que ne l'est aujourd'hui
Et je laisserai mon corps mort vivre sa longue nuit
Un jour, je m'endormirai d'un sommeil infini
Ainsi je retrouverai quelques parents et amis
Et nous rirons le vent, nous rirons la pluie et le temps
Je n'aurai plus froid dans mon coeur bien trop grand
Un jour bleu, je m'endormirai seul ou à côté de celle
Qui aura vu dans mon dos, pousser ces blanches ailes
Plumes à écrire que j'aurai essayé lentement de déployer
Pour voler au secours de mes rêves, mes belles éternités
Un jour, je m'endormirai avec encore des mots en moi
Ceux que l'on n'a pas pu exprimer et qui rime parfois
Avec amour, amitié, sourire, nostalgie et tendresse
Venant du plus profond de l'enfance, instants de liesse
Un jour, je m'endormirai après avoir prié pour ceux
Que j'aurai voulu protéger contre un monde douloureux
Dans lequel nous luttons avec toutes nos belles faiblesses
Un jour, je m'endormirai au passage de ta sombre caresse

Prisons
Prisons, brisons, prions ensemble
Pour ce monde fragile qui tremble
Réduction des espaces
Des espaces de liberté
Liberté conditionnée
A notre Terre, seule place
Sans les avocats de la défense
L'homme-éléphant, tôt ou tard
Est espèce menacée par milliards
Dans une des cellules, gît ma France
Qui lâche peu à peu, imperceptiblement
Les belles avancées de son modèle social
Pour que fleurissent les fleurs du capital
Faisant fi de tous ceux dont a coulé le sang
Car dans nos prisons de masse, Prions les cieux
Pour qu'il reste un jour la trace de gens heureux
Et, au fond de nos impasses, regardons droit dans les yeux
Les sacrifiés à toutes les luttes car on bat en retraite, adieu
Dans nos prisons de strass, de stress, courses futiles
Hyper-consommation, hyper-productivité de l'inutile
Broyons les hommes et le grain, on verra bien demain
Le climat, le plastique et le ventre de ceux qui ont faim
Vrai progrès des hommes ou prisons en somme
Où en sommes-nous arrivés pauvres pommes ?
Coincés derrière les barreaux de l'économie mondiale
Nous constatons pourtant que la machine s'emballe
Prisons, brisons, prions ensemble
Pour tous les sujets qui rassemblent
