Le blog poétique de LUOBER

Retrouvez ici, poèmes, articles et passions culturelles de votre héros,
ainsi que toute la petite histoire de la trilogie et autres anecdotes.

Aveugle destinée

Le 2016-05-14

 

Depuis que l'homme hagard a mis pied à Terre
Que d'un pas lourd, il avance, échine courbée 
Du berceau de l'humanité à la mise en terre
Il demande aux cieux : quelle est ma destinée ?

Et sur son front sali et perlé des sueurs du labeur
Esclave du corps meurtri emprisonnant son âme
Ne voyant bien souvent que le joug du malheur
N'ouvrant plus les yeux, aveuglé par ses drames 

Oubliant de respirer par poumons et par coeur 
Il se laisse envahir tout entier par la gangrène
Alors que s'ouvre à lui toute la corolle des fleurs 
Tous les sillons profonds où l'on pose la graine

Atteignant ses limites, le concept par la preuve
La mort est son unique repos, son unique repaire
Ne grandissant pas toujours face à ses épreuves
Assez peu reconnaissant, il maudit Dieu le père

Qu'avons-nous à porter plus que le pesant fardeau des ans ?
Qu'avons-nous d'horizons ? Oui, qu'avons-nous de repères ?
Quel est notre raison d'être dans la nuit éternelle du temps
Si ce n'est par les chemins de l'amour, atteindre la lumière



Destinee

Pluie de mai

Le 2016-05-13



De son insistance mouillée, la pluie de mai frappe à mon volet 
Mais je ne lui ouvrirai pas, car dehors la nuit est aux aguets
Sous la lune humide, un animal nocturne rôde pour me dévorer
Je reste seul avec mon coeur cherchant mille raisons d'espérer
Bien sûr, j'ai encore de l'amour en moi comme s'il en pleuvait
L'ouverture de ton parapluie te protège de mes rêves bleutés
Pourtant je rêve peu, si ce n'est pour dans mes bras te serrer
Et tandis que flétrissent lentement les derniers brins de muguet
Que dans ma vie je cherche encore des motivations pour avancer
J'aimerai tant que, pour moi, tu aies encore quelques belles pensées



Mai pluie muguet

Attention danger, je suis un poète

Le 2016-05-13


Attention danger, je suis un poète
De m'aimer, es-tu vraiment prête ?
Je ne jette point mes mots en l'air
Sinon ils retombent sur leur derrière
Ils dépassent rarement mes pensées
Ils sont leur prolongement insensé
Ceux que j'exprime ou que je reçois
Chavirent ou déçoivent, c'est au choix
Mais ils sont vrais et de pures émotions 
A manier avec beaucoup de précautions
Sur eux, je construis mes univers
Qui t'abriteront de tous les hivers
Des lettres qui, mises bout à bout,
​Prennent alors un sens tout à coup
J'ai fait du rodéo sur une licorne
Souvent dépassé un peu les bornes
Doux rêveur, chercheur de trésor 
Oui, j'ai tué cent fois le minotaure
A tort ou à raison, dans le labyrinthe
Tous les combats menés m'éreintent
J'ai perdu le fil assez souvent
Et retrouvé Ariane tout autant
Je t'offrirai les nains de la forêt
Les korrigans, les lutins, les fées
Mais dans les faits, je suis défait
Et l'effet est souvent dévastateur
Sur les battements de mon coeur
Gravir des montagnes célestes
Peut faire fuir comme la peste
La pente est parfois un peu raide 
Attention danger, je suis un poète



Poete danger

Tri sélectif et tricolore

Le 2016-05-09

 

Bleu comme les traces de coups que tu prends
Yeux brouillés, battus, toi qui manifeste tant
Bleu nuit et debout pour nourrir tes enfants
Tu veux juste travailler et vivre décemment
Derrière les débordements, justes revendications
Tant d'amalgame, là est le drame, salis par des cons

Blanc virginal mais sale à "riez aux éclats" de grenade
Tempes gonflées par la traque, matraque, débandade
Ces grands casseurs, qui mélangent tout dans la fange
Souvent, comme toujours, tout est pollué par la frange
Blancs cassés ! Qui de la rue ou de Marianne a raison ?
Descends, c'est l'arrêt "Pression", enfer et Dame Nation

Toutes ces luttes menées depuis Léon Blum, ces sacrifices, ces acquis sociaux
Ce qu'ils nous grignotent, c'est à qui ? C'est à nous depuis Waldeck-Rousseau
D'où qu'il vienne, rouge est notre sang, couleur des raisins de la grappe
Mini, stère en bois, bouge la loi, quand on fait une connerie, on la rattrape
Pour un saint, dix cas, cerise sur le gâteau qu'il partage sans notre accord
Bleu, blanc, rouge, entre parties prenantes faire le tri sélectif et le tricolore



Drapeau matraque

Oiseau à réaction

Le 2016-05-08


Sans tomber dans le travers de toute immoralité
Je me nourris du monde, comme de tous ses excès

Secouant mes plumes d'acier dans le noir encrier
Longues pennes, peines mouillées, écrire et crier ?
Dans la folle sarabande où s'envole nos illusions
Cet univers, un jour, nous fera entendre raison
Souvenir de ton ventre et de ses saveurs sucrés
Reste à graver sur ma tombe : l'amour est vérité
Enfin voir la terre, d'en haut, dérouler ses passions
Etre libre et sans doute renaître "oiseau à réaction"



Oiseau reaction

J'ai besoin du vent

Le 2016-05-08


Oui, j'ai besoin de toi comme j'ai besoin du vent
Qui gonfle ma voile et me fait aller de l'avant
Libre et invisible, je sens pourtant sa caresse
Rafraichissant ma peau et m'effleurant sans cesse

Je rêve souvent de toi soufflant à mes oreilles
Rendant toutes mes nuits à nulle autre pareille
Agitant mes volets et murmurant à mon âme
Virevoltant feu-follet dont tu restes la flamme  

Oui, j'ai besoin de toi comme j'ai besoin du vent
Léger, impalpable mais toutefois partout présent
Tu remplis mon coeur et fais envoler les feuilles
Où j'avais tant écrit pour faire de toi, mon deuil



Vent feuille

Noir corbeau

Le 2016-05-07


Je me suis souvent demandé si je méritais d'être aimé
Si moi-même je devais, mes ailes vestigiales, déployer
Et, s'il est vrai que je n'ai jamais trouvé mon corps beau
Corneille, sur le trajet, dit les mots acides de ses héros

Drôle d'oiseau aux yeux noirs et au plumage clairsemé 
Vers quel haut sommet, devrais-je un jour m'envoler ?
Je fus parfois plus heureux là-haut, dans ma solitude
Cette tour d'ivoire sans ailes et fans, mes béatitudes 

A me torturer l'esprit jusqu'à ce que mon coeur saigne
A écrire, enfermé dans ma bibliothèque, tel Montaigne 
Rien de ma noirceur n'est à mettre sur un manque de Poe
De Novalis, porter un certain romantisme à fleur de peau 

L'amour n'est pas, dans tous coeurs, appelé à régner
Dans sa grande toile, je me suis trop souvent englué
J'essaierai d'ouvrir la fenêtre sur de grands espaces
Des champs parsemés de mots, belles fleurs vivaces

Pour vous aider alors à ressentir vos propres émotions
De ma poésie, je jouerai et j'éclairerai toutes vos saisons
Mais n'exigez pas que je fabrique la magique potion
Car, en effet, je n'ai pas sur moi le moindre échantillon
L'amour, le bonheur et l'espérance ont parfois leur maison
Mais souvent, sans domicile fixe, ils échappent à notre raison



Corbeau

Pour vous madame

Le 2016-05-06


 

Parfois vous me verrez sourire, peut-être même rire
Mais il est si dur de ne vivre qu'avec des souvenirs
Derrière mes façades, dans mon coeur, c'est l'hiver
Qui me rappelle votre voix, votre visage, votre chair

Pour vous madame
Et tous vos charmes
Je lirai entre les lignes
Je guetterai vos signes

Je ne suis pas un ingrat, j'avoue être un privilégié
La vie m'a, si ce n'est, protégé, du moins, épargné
Mais, derrière mes déceptions, je me sens si démuni
Rien ne m'avait préparé à aimer. Où est le paradis ?

Pour vous madame,
Je traverserai les flammes
Je combattrai les infernales légions
Pour, de Vénus, atteindre le mont

Et si, au contact de votre corps, je me suis abandonné
De vous, je garde encore mille et mille autres beautés
J'affronte alors l'épreuve avec résignation et courage
Même si je l'avoue, vos yeux m'étaient doux paysage

Pour vous madame,
J'écrirai de somptueux drames
Je relirai "L'adieux aux armes"
Même "La Chartreuse de Parme"

Enfants terribles, parfois nous nous sommes chamaillés 
Et par tant de sentiments contradictoires, je suis troublé 
Alors, je me nourris des moments passés, avec nostalgie 
Et le soir, souvent, je me demande : mon coeur est à qui ?

Et même si d'autres le guettent
Je ne suis pas dans la conquête
Pour vous madame, oui
Mon coeur est acquis


Sexy169

 

×