Articles de luober
Je suis cet homme libre
Je suis un homme libre ayant perdu sa liberté.
Je suis un de ceux qui ont, le bonheur, égaré.
Je suis un curieux bâtisseur essuyant les plâtres,
Comme un berger sans mouton, un drôle de pâtre.
J'erre, vas-y gère, cet être vide, cet être creux,
Tourmenté sous la foudre et le courroux des cieux.
Ecoeuré, décérébré, éviscéré, malmené et retourné,
Crois-moi, je suis le roi du monde des désespérés.
Qu'attends donc la vie de moi, bel avis de tempête,
La vie me malmène, ne me mettant pas trop à la fête.
Mais le doute m'assaille, comme ces noirs guerriers
Et dont les lances fébriles vers le lion sont pointées.
Mon salut viendra et mon guide me montrera la voie.
Oui, je suis cet homme libre, je n'ai donc pas le choix.
Ne me demandez pas...
Non, ne me demandez pas si je suis heureux,
je suis cyprès de la mort, je suis si peureux.
Ma peau ruisselle du venin de mon âme putride.
Chaque nuit de Lerne, je pourrais tuer l'hydre.
Surtout ne me délivrez pas de mes folles pensées,
Vous pourriez alors, tout en moi, tant de rêves tuer.
Vous me montrez du doigt pour marquer ma disgrâce,
Je ne voulais que caresser le bonheur, animal fugace.
Oh, non, ne me regardez pas droit dans les vœux,
Car vous ne pourriez les exaucer, seul ou à deux.
Et je m'enfonce dans la mer lente des sarcasmes
Il me faudrait relire Platon, Virgile ou même Erasme.
Non, ne me demandez pas si je suis heureux,
Vous pourriez voir de la buée dans mes yeux.
Je ne vous dois rien mais je me dois d'avancer
Vers ces mondes intérieurs, magiques contrées.
Comptabilité
On dit souvent que quand on aime, on ne compte pas,
Mais, même si tu m'aimes, ne comptes pas trop sur moi.
De façon générale, je ne ferai pas de nous la comptabilité.
Tant de calculs faussés dont il faudra te "comptes en T".
Quand tu feras le bilan alors que mettras-tu à mon crédit ?
Un débit de boisson, des taxes sur la valeur ajoutée, déni.
Beaucoup trop de passif à notre actif pour être équilibré.
Voilà, je t'ai fait ma déclaration dont je suis revenu imposé.
Tant d'immobilisations et de charges sont dans la balance
Que nous ne pourrons jamais faire de profit, malchance.
Si un jour, je devais aimer
Si un jour, je devais aimer,
Alors elle te ressemblerait.
Et si tu étais mon livre de chevet,
Chaque soir, des yeux, je te dévorerais.
Glissant en toi mon marque-page,
Souvent, j'en oublierais d'être sage.
Si un jour, mon âme, je livrerais
Toi seule, saurais t'en emparer.
Si une nuit froide, je m'en allais,
Alors mes paupières, tu fermerais.
Et même depuis la mort et l'au-delà,
Je crois que je saurais revenir vers toi.
Si un trésor, un jour, je découvrais,
Ce serait ton sourire, une nuit d'été.
Oui, tu m'as manqué depuis toujours
Et tu me manques encore, bel amour.
Si par malheur, je ne te trouvais jamais
Le vide dans mon coeur resterait entier.
Si un jour, tout l'univers devait être refait,
Lors de sa renaissance, je te rencontrerai.
Et si l'amour existait et n'était tu désormais,
Toujours en toi je croirais et te prononcerais.
Si une peau, je devais caresser,
Alors ta douceur, elle aurait.
Si un jour, je devais me prolonger,
Mon enfant en ton sein tu porterais.
Si un jour, j'arrêtais de rêver,
Ma vie n'aurait plus d'attrait.
Oui, si un jour, je devais aimer,
Alors au présent, je te conjuguerais.
Un jardinier poète
Moi, le jardinier poète, en charge de culture,
J'ai vu dans ce jardin virtuel où rien ne dure,
De biens magnifiques fleurs qui poussent
Et dont la surface des pétales a l'air si douce
Que la sève qui les parcourt et coule en elles.
Certaines de leurs feuilles sont faites de tendresse,
Et d'autres cachent en elles quelques détresses,
Enfin toutes grandissent avec égale sagesse.
Jeunes pousses, futures épouses du printemps,
Ouvrez corolles et laissez vous féconder par le vent.
Portez en vous les graines que je rêve d'y semer
Pour faire de demain le plus joli des bouquets.
Juste avant que la mort ne vienne me faucher,
Egayez donc ma vue, moi, le poète jardinier.

Jeux de maux
Univers de tous les hommes
Uni vers quoi en somme ?
Un hiver pointant son nez
Un nid vert bien douillet
Où l'on ferme les yeux
Pour y faire ses oeufs
Enfant, en fan, grande admiration
Parenthèse, par en thèse, éducation
Eclosion de notre progéniture
Est clos le chant de la nature
Omelette de jaunes et blancs
Hommes, l'êtes-vous vraiment ?
Aveugles aux grands appels du monde
Aveux de notre impuissance immonde
Dérive, des rives, grande inondation
L'égo, "je", LEGO, jeu de construction
Nos parapluies ouverts à la main
Pour se protéger sous les pépins
Tous assis sur cette grosse pomme
Roulant sur le chemin menant à Rome
On implore l'arrivée d'une éclaircie
Sous un ciel obscur que les éclairs scient
Est-ce pris, esprit, révélation
Les mots, les maux, l'émotion
