Articles de luober
Jack le breton
Poète et écrivain, écrivain et poète
Partagé entre le voyage et la quête
Chemins et routes que tu as souvent pris
Des jupes de ta mère jusqu'à l'alcoolémie
Paradoxe des hommes enfants rebelles
Parade de l'Amérique qui nous interpelle
"N'oublie jamais que tu es breton"
Te disait ton père sur tous les tons
Comment trouver sa place et faire ses choix
Quand on est américain-breton-Québécois
Enfant de la langue du "Joual"
Rien dans ta vie ne sera banal
Pas évident d'avoir quelques repères
Surtout depuis la mort de ton frère
De Ti-Jean à Jack, le chemin est long
Comme beaucoup écrire est ta solution
Tes terreurs que les nuits accroissent
Le "docteur Sax" calmant tes angoisses
Préférant souvent l'écriture au sport
Pour nous, tu n'as pas vraiment eu tort
Le jazz de Count, comme moteur d'inspiration
A l'époque de Mary, cette platonique relation
Puis des orgies hétéro ou homo, les souillures
Bel enfer : drogue, sexe, alcool et littérature
New-York, la rebelle t'entraîne au fond
Ami meurtrier, complicité, incarcération
Le mariage forcé comme "Rédemption"
Voilà pour toi, une autre forme de prison
Trois femmes et une mère qui t'accompagnent
"Beatnik way of life", comme seule compagne
Ton mal de vivre, comme source de ton génie
Tes errances marginales, comme style de vie

Merci
Le monde nous est souvent incompréhensible
Quand les épreuves nous prennent pour cible
Pourtant les gens valeureux avancent toujours
Transportés par l'envie ou portés par l'amour
Reconnaissant envers mes guides de m'avoir éclairé
Je dis merci à l'Univers de m'avoir autant épargné
Certains restent attachés dans leurs certitudes
Immobiles et immuables que cela en est ridicule
Je me suis libéré tout doucement de mes chaînes
Refusant de porter ce lourd fardeau, cette peine
Merci à tous ceux, qui ont su m'ouvrir les yeux
Me félicitant moi-même d'avoir été courageux
L'amour vrai ne devrait jamais être souffrance
Et juste de nos sentiments, être la délivrance
Je ne l'avais jamais croisé, il est admirable
Comme ta voix qui m'est si douce, si agréable
Merci à la nuit de m'avoir ouvert tes bras
Merci à la vie de m'avoir mené jusqu'à toi
Et on oublie parfois, et on oublie souvent
De remercier la vie, de remercier les gens
Et ce petit mot, même s'il est aussi court que celui de Cambronne
En est l'opposé, marquant la gratitude des vrais gentilhommes

Rien n'est plus beau
Souvent, j'ai regardé se lever le soleil sur un monde sans grâce
Car mes yeux étaient perdus dans le vide, buttant dans l'impasse
Mais rien n'est plus beau que la nature tout autour qui s'éveille
Désormais je sais à nouveau regarder ce monde qui m'émerveille
Malgré tout ce qui paraît insupportable comme cette peur de la mort
Les épreuves, l'absence, la perte des vivants trésors, les coups du sort
Il n'y a rien de plus beau que ces êtres malmenés au regard égaré
Mordus par la vie jusqu'au sang et pourtant ayant su se relever
Dans les bois éternels, j'écoute les frémissements du vent léger
J'aperçois des ailes fragiles sautillant dans les hautes futaies
Et même si je suis fort, même si je suis loup, je me laisse caresser
La femme que j'aime a su me redonner cette envie de se surpasser
Quand la vie a tout pris mais qu'elle sait aussi tout redonner
Rien n'est plus beau, que mon sexe dressé pour venir l'honorer
Je ne demande rien à la vie si ce n'est d'en perdre parfois le contrôle
Ses gémissements répondant à mes râles quand à deux l'on s'envole
Derrière mes solitudes, tous les doutes d'une vie qui est faite de choix
Je ne pourrais la perdre, sans me perdre moi-même une nouvelle fois
Je voudrais lui arracher mille sourires car son bien-être me sied
Rien n'est plus beau que de se sentir par l'autre, à soi-même, révélé
Animaux nus sur le sable, allongés sur la plage, enlacés et unis
Sous les rayons de la lune, je la dessinerai à l'encre de la nuit
Il n'y a rien de plus beau qu'après le néant, se sentir dans le vrai
Il n'y a rien de plus grand quand dans ses yeux, je me sens exister

Le testament
(texte de 2006)
Egoïstement, il m'arrive parfois
De vouloir que l'on se souvienne de moi
Et de ce que j'aurai pu laisser
Comme trace pour l'humanité
Mais je ne suis pas un grand médecin
Ni un inventeur ou bien un physicien
Simplement un homme comme beaucoup
Qui veut pouvoir aller jusqu'au bout
Chaque jour devant nos yeux blasés
Des tonnes d'horreur, à la télé
Beaucoup d'entre nous ont renoncé
A vouloir un jour tout changer
Face à toutes ces richesses accumulées
Rien ne vaut la magie d'un ciel étoilé
On peut être soi sans posséder
Etre un homme en toute simplicité
Ce témoignage bien dérisoire
C'est un testament comme un espoir
Une philosophie à partager
Pour une autre façon d'exister
On veut savoir à quoi l'on joue
Et sur cette Terre ce que l'on fout
De ceux et celles qu'on va laisser
Ce qu'il adviendra pour l'éternité

Le peintre des étoiles
Sur tous les tableaux de ma vie que je dévoile
Dans mon ciel aspirant la poussière des toiles
Peintre impressionniste d'émotions et sensations
D'une folle sensibilité au service des passions
J'ai connu pas mal de vide dans mon existence
Ces grands trous noirs provenant de l'enfance
Mais, je ne demande à personne de les combler
Juste à la lunette d'astronomie, les observer
Le firmament, l'espace-temps, son étrange courbure
Ne sont rien, comparé à tes reins et leur cambrure
Sache que pour toi, j'ai tant d'amour à revendre
Alors, ne compte point sur moi pour le reprendre
Soleil sur ma peau, tu restes ma seule ambition
L'amour est fait de douceur et de compréhension
Sans cesse donner son coeur, son corps à loisir
Alors, fais de moi, l'instrument de ton plaisir
Tous mes désirs tournent autour de ta planète
Satellite en orbite, dressé, empli de gamètes
Tu es la source de vie au coeur de ma galaxie
Comète inspiratrice, palette aux couleurs nuit
Du fond de l'univers, je veux t'entendre gémir
Et, durant des années-lumières, te faire frémir
Sachant brouiller ton regard de mon pinceau habile
Je serai le peintre des étoiles, ces lumières graciles

Je veux qu'on sème
Dans les plaines glacées de la solitude
De ma vie j'ai traîné tant de lassitude
Mais tous les vents d'Iroise qui pénètrent mes os
Ne sauraient à eux seuls faire flotter mon drapeau
Je ne serai jamais comme fut feu Tristan Corbière
Et pourtant, de ma poésie, je veux faire bannière
Aède, je n'ai de mots dits que mes rimes et ma prose
Baiser la vie, en me cachant de la mort, enfin j'ose
Je ne prendrai pas la route, comme Jack Kerouac
Car je voyagerai tout autant calé dans mon hamac
Ne voulant point laisser derrière moi de traces immortelles
Partageant mes mots pour déflorer l'âme de quelques pucelles
Traversant mille champs de pavots aux côtés de Baudelaire
Sauvant, par artifice, ma peau d'ange déchu tombé à terre
En effeuillant les fleurs du mâle entre tes seins tendus
Vive ma déraison, pétale du désir, ma joie d'être vaincu
Alors comme Villon, je veux bien qu'on me pende
Si encore pour toi, cela permette que je bande
Sur le dos des moutons, je cueillerai Verlaine
Et, j'arpenterai ton corps à en perdre haleine
Quand ma semence fertile de mon corps est expulsée
Et se répand sur ta peau avide de toutes nos voluptés
Alors, ivre de nos plaisirs, je te lirai de Hugo, "Aux Feuillantines"
Avec mon accent chantant, je serai ton Rimbaud ou ton Lamartine
Il y a toi et moi, derrière mes vers et mes poèmes
Telles des graines de l'amour, je veux qu'on sème
