Articles de luober
Quitter la surface
A la surface de mon coeur la douleur s'efface
Petites bulles restant coincées sous la glace
A la préface de ma vie solitaire sans mot dire
Tant de chapitres merveilleux restent à lire
A la rigueur, je veux bien délaisser le passé
N'en faire qu'une bouchée pour m'en délecter
En profondeur, en sous-marin qui se déleste
Quitter la surface et oublier tout le reste

Compte à rebours
Le temps nous est compté, pauvre corps
Le temps nous est conté par la mort
Défilent années, mois, semaines et jours
Alors, alors, ne pensons qu'à l'amour

Des seins animés
Images de belles lectrices en bandes dessinées
En tableaux, aquarelles, au fusain ou au trait
Rêver qu'un jour entre les doigts, vous m'ayez
De beaux sourires qui viennent les salons égayer
Ecrire romans et poèmes pour vos tendres soirées
Savoir lire entre mes lignes, rêves fous et sensualité
Alors, sortant chaque nuit de vos cadres de papiers
Je vous verrai doucement bouger, des seins animés
Vous posant tendrement sur mon ventre douillet
Je tremperai ma plume de joie dans votre encrier
Vous direz de mes écrits et moi que vous nous aimez
Et je ferai de nos amours une oeuvre à vous dédicacer
Partir en fumée
Partir en fumée, voir son âme s'élever
Toucher la vérité, l'amour, l'éternité
Parfum de la nuit, tous ces moments bénis
Ou tant espérés, qui font notre humanité
Vos luttes sans classe sont plus que fumées
Nuages, brouillards et brumes sont à portée
On pourrait, du bout de mon émoi, les toucher
Les vagues à chapeau d'écume sont apportées
Par les éternelles marées qui dansent
Sur les flots rances de ma Renaissance
Partir en fumée, tel un saumon, remonter
Son âme vers tous les plus hauts sommets
Empruntant le lit du ruisseau de Dame Poésie
Où je couche avec tant de délices, tous mes écrits

Les amours perdus
Tous les amours perdus, dites-moi donc quand ils reviennent ?
Ces traces de pas laissées sur l'ocre et la terre de Sienne
Toute la profondeur des regards et les sourires complices
Disparaissent-ils à jamais au profit d'autres gestes factices ?
Quand nos âmes doutent et ne trouvent plus leur place
Que nos corps dorment dos-à-dos, sans briser la glace
Que le froid dans nos coeurs se fait de plus en plus intense
Que nos rêves et nos vies sont séparés par un ravin immense
Tous les amours éperdus, dites-moi donc quand ils renaissent ?
Ces grâces du ciel qui nous ont transportés à la rue des Abbesses
Quand on ne sait plus vraiment où chercher, où donner de la tête
Pour retrouver où l'on a rangé son coeur, ses désirs et le reste

Divers de solitude
Qu'il est torturé le chemin des sentiments
J'ai appris cela maintes fois à mes dépens
Je n'ai plus les mots et je n'ai plus le temps
Vois, l'horloge qui tourne sur le grand cadran
Ces espaces où l'on se sent vidé, empli de néant
Et où l'on n'a plus la force, ici et maintenant
Juste de se coucher et dormir pour longtemps
Car parfois, je n'ai plus l'envie et ça se ressent
Sensation diffuse, cette impression de solitude
Qui fait se sentir seul, même dans la multitude
