Articles de luober
Prendre de la hauteur
Comme un grand oiseau engourdi, j'ai dormi sur un nuage,
Semblable à la barbe à Papa, douceur des cieux sans âge.
Au dessus de moi, la voûte étoilée, points scintillants,
Milliers d'aiguilles piquées dans la toile de jais, An !
Tout en bas, le vent curieux balaye devant vos portes,
emportant avec lui vos vieux rêves et vos amours mortes.
Ici tout est grand, sans mesure, plus grand que nature.
Ici, tu n'es rien, il n'y a de places qu'aux âmes pures.
Le monde d'en bas, devant toi, déroule son tapis de mensonges,
Alors misérable humain, reste toujours prisonnier de ton songe.
Les ailes de la nuit
J'ai souvent voyagé sur les ailes de la nuit,
Loin de toute cette fureur, de tout ce bruit.
J'ai parcouru d'étranges contrées lointaines,
Et, je vous ai tous rencontrés par dizaines,
Ames perdues, éperdues d'amour, de souffrance,
Les damnés, les errants de la dernière chance.
Rêves brisés, légions, passions et multitudes,
Tous orphelins de l'effroi, emplis de solitude,
Silhouettes écrasées de lourdes croix de pierre,
Ou grandes ombres fugaces échappées des enfers.
Un vent des profondeurs montant droit du Tartare,
Souffle sur les corps enfouis au fond des mares,
Et murmurant sans cesse depuis cette obscurité :
"Vous êtes encore un temps ce que nous avons aimé,
toujours pour l'instant ce que nous avons quitté".
Au petit matin je délaisse enfin ce monde spectral
sans peur d'affronter mon prochain voyage astral. 
La pluie des morts
La pluie est de la partie, et toi aussi tu es partie.
Du parti pris de la mort avec absence de remords.
C'est le jour des morts, et elle redouble d'efforts,
La pluie qui ruisselle si fort, coule sur tous ces corps.
Elle n'oublie personne, a de nombreux appuis, la pluie.
Ce corbeau mouillé, posé sur l'if, y trempe son plumage.
Ces croix ruisselantes sont tout autant de messages
lancés à l'homme seul, debout, à l'esprit si perméable
à ce que l'amour a été, à ce que la mort lui a enlevé.
Cet homme, c'est toi, c'est moi, c'est tout notre émoi.
Et ces gouttes nous déroutent, portant en elles le doute,
le froid, celui de l'effroi, de l'indicible peur qui nous broie.
Humide horreur des cimetières et des odeurs de terre,
Inaccessible bonheur après lequel on court en vain.
La pluie des morts, mouillant les vivants jusqu'à la mort.
Le domaine de la nuit
(à la mémoire de Lovecraft)
Dans le ciel de printemps tourne une lune rousse.
Sur les berges du ruisseau, rochers et mousses,
Clapotis de l'onde s'écoulant, murmure de l'eau,
Une fausse sérénité qui descend jusqu'au hameau.
Au fond des bois profonds, craquements sinistres,
Sont-ce les ombres du soir élisant leur ministre ?
Ou les légendes d'autrefois qui troublent l'esprit ?
La nuit s'avance avec délice en ces lieux maudits,
Recouvrant d'un voile ce que le jour avait éclairé.
La nuit étreint alors le coeur des habitants terrés,
apeurés, suppliant et priant à la flamme des bougies,
pour que l'aube soit et triomphe encore sur la nuit.
Tant va la plume au vent
Prendre la plume, c'est violer l'oie,
s'imaginer en puissant ou hors-la-loi
Ecrire, devenir provocateur sublime,
agitateur d'idées, taquiner la rime.
Se défaire de la gangue du matériel,
contempler sans cesse un nouveau ciel.
Cracher des mots à la face du monde,
mots d'amour, de haine ou de fronde.
Auto-lever les limites de la décence,
Et ne pas avoir peur de la démence.
Couvrir le papier virginal de ses choix
Ou de peur qu'il ne prenne un peu froid,
Le remplir d'utopie et de "je t'aime",
Et faire abstraction totale du système.
S'élever en martyr ou défenseur sublime,
Interpréter, analyser, atteindre des cimes
Et le lendemain être retombé tout en bas,
Devoir recommencer et tout remettre à plat.
Se battre pour cette vérité inatteignable,
Sans jamais comprendre la morale de la fable.
Rendre compte du monde ou bien à l'inverse,
Prendre le contrepied et franchir la herse,
Renverser les idées reçues de la narration,
Construire des univers et des civilisations.
Casser tous les préjugés, toutes les censures,
Se complaire dans l'immoral ou dans l'ordure.
Etre à la fois abstrait, absurde ou immonde,
Croire encore que l'on peut changer le monde.
Pris dans le paradoxe du "Misanthrope humaniste",
Se rêver en justicier, en tyran ou en anarchiste,
Et changer chaque jour, héros retournant sa veste,
Les idées et les mots portant en eux tout le reste.
Croire enfin, plus que les traces de pas ou de sang,
Que celles laissées par l'encre franchiront le temps
Et porteront dans leur sens profond et intrinsèque
les rêves de l'humanité rangés dans des bibliothèques.
Le mobilier breton d'autrefois
Le lit-clos est un lit enclos dans un meuble en forme d'armoire profonde, ajouré ou non et juché sur quatre hauts pieds.Le lit-clos étant fermé de tous côtés de panneaux de bois, on y pénètre en écartant des rideaux, en ouvrant une porte sur charnière ou en faisant coulisser une ou deux portes sur glissières. Le lit est placé en hauteur pour éviter l'humidité due à un sol de terre battue, un banc-coffre de même longueur sert donc de marchepied ainsi que de banc à lingerie le reste du temps. (source wikipedia)
Le banc de table
Le vaisselier-égouttoir (diverer)
Petit meuble suspendu comportant plusieurs étagères garnies de fuseaux. Les étagères du haut supportent assiettes et les plats,celle du bas, plus profonde, et à claire-voix, servait d'égouttoir.
Le porte-cuillers (paraihler) 
C'est un disque horizontal en bois que l'on suspend au-dessus de la table avec une corde. Le disque est muni d'encoches pour y glisser les cuillères.
Il est équipé d'un contrepoids permettant de la remonter après utilisation.

