Articles de luober
Le livre intérieur
Ami, je te le dis, on ne vit pas de sa plume.
On meurt à petit feu sous la lourde enclume.
Elle nous attire chaque jour au fond du puits,
Nous apporte le rêve et nous sort de l'ennui.
Amie, je te le dis, je t'aime à chaque page
mais ma vie fuit et s'enfuit comme un mirage.
Je n'ai presque plus de temps à te consacrer.
Je suis esclave et prisonnier des mes idées.
Je te traîne comme un boulet belle écriture.
Tes mots dansent et ont une bien fière allure,
Drogue subtile et viscérale qui me soigne.
D'autres plaisirs, peu à peu, tu m'éloignes.
Je te veux, je te hais, je t'ai et je t'écoute,
Je le peux, je le sais, je n'ai plus de doute.
Tu m'apportes le vrai contact avec moi-même
avec ces personnages dialoguant dans ma tête.
Ecrire pour survivre, écrire pour transmettre
Lire ce livre intérieur jusqu'à trouver l'ivresse.
Dans cette tête
Dans cette tête pleine, il y a parfois quelques moments de joie
mais aussi beaucoup de bruit occasionnée par le doute et la foi.
Dans cette tête vide, il y a aussi tous les regrets d'autrefois,
portés par les fausses routes que sont nos erreurs et nos choix.
Quand le vide inéluctable se fait autour de soi, esprit vagabond
déchirant nos chairs et forçant la raison à nous faire faux-bond,
Je porte en moi l'Alpha et l'Oméga, les croyances du monde de Ra,
aux portes du cimetière, aux portes de la misère et de l'effroi,
le vent souffle et me parle tous bas : la vie ne s'arrête pas là.
Une énergie cyclique sans fin flue et reflue, d'ici à l'au-delà.
Toi qui frappe aux portes de ma foi, et me force à me mettre à nu,
Sache que dans cette tête grise, je perçois les clés de l'inconnu.
Je porte en moi tous les signes du ralliement, peu importe le temps,
peu importe la souffrance et les gens, je suis l'hôte du firmament. 
Dissonance
Ce n'est pas parce que je chante faux
qu'il faut que je ferme ma gueule.
car des tas de gens à tous propos
sont parfois tout aussi bégueules.
Quand j'entends parler les spécialistes
ainsi que les plus grands économistes,
il y a beaucoup plus de dissonances
que dans ma voix de la stridence.
Bien souvent derrière chaque chanson
se cache une forme de contestation,
larvées au sein des masses laborieuses
tant et tant d'espérances silencieuses.
Ce n'est pas parce que je chante faux
qu'il faut que je ferme ma gueule.
Il n'y a pas que la voix des héros
qui doit s'élever toute seule.
Ceux qui parlent à tort, à travers
et qui n'ont pas l'air de s'en faire.
Ceux qui tiennent toutes les manettes
sont plus prompts à dire des sornettes.
Dans toutes époques et tous métiers
il y a toujours eu des pistonnés.
Des gens qui étaient bien placés,
bandes d'incompétents parachutés.
C'est pas parce que je chante faux
qu'il faut que je ferme ma gueule.
et que quand je sors enfin du métro
je leur donne tout ce qu'ils veulent.
C'est pas parce que je chante faux
qu'il faut que je ferme ma gueule
car des tas de gens à tous propos
sur la voie publique dégueule,
de belles lois et des mesures phares,
de vieilles recettes et des standards,
Mais aucun d'entre eux n'a le courage
de rentrer enfin dans un nouvel âge.
Peuple Celte
sur les anciens chemins empruntés par les mages,
un cercle de pierre surgit dans l'épaisse lande
et dit ô combien cette civilisation fut grande.
J'entends encore les refrains du chant des bardes,
et revois barbes blanches ayant du savoir la garde.
Le vent salé du large s'engouffre dans les mémoires
y déposant le souvenir de leurs anciennes gloires.
Fantômes du peuple celte, levez-vous de vos couches,
soulevez dalles de granit et déracinez les souches
des grands chênes de la forêt éternelle de Sucellos
et rejoignez les sanctuaires de l'éclatant Bélenos.
Au début de cette saison claire, honorée à Beltaine,
la renaissance spirituelle vous porte, vous entraîne,
vous conduisant jusque dans la clairière du Németon
pour célébrer vos cérémonies, les yeux sur l'horizon.

Une mère
Une mère, c'est un merveilleux rempart
mais c'est aussi et avant tout un art
pour jongler avec ses propres envies,
amour, don de soi et pardon gratuit.
Une mère, c'est un refuge contre l'oubli,
un être qui pour vous donnerait sa vie,
oublierait repos, sans compter ses nuits,
viderait son sang, une mère c'est un cri.

Les sept vies du fantôme
Dans le froid de mes nuits
danse le vent et la pluie.
J'erre au creux de l'ennui
flirtant tout près de minuit
avec le souvenir de la vie,
traînant mes chaînes impies.
Et je fus un homme autrefois.
Je fus une flamme quelquefois.
Vous les hommes, vous mes pairs,
vous avez commis tant d'impairs,
que ma mémoire efface les traces
d'une humanité dont je me lasse.
Dans le vide inter-sidéral je danse
Et avec de l'éther spectral je panse
les blessures si profondes de mon âme
revivant à l'infini, tous mes drames.
Je hante toujours vos chemins de ronde.
Je suis l'ombre et le reflet du monde.
Miroir de Votre double dans l'au-delà,
Je traîne dans mon sillage tant d'effroi
sur l'histoire humaine que cela me glace
et je passe, commets l'impasse et trépasse.
Je suis le signe obscur guidant vos nuits,
Mystère et révélateur de toutes vos vies.
