Articles de luober
Ici, tout est dit !
Ici, tout est dit et j'erre sans but dans la plaine de l'oubli.
Là, tout est fait, flotte au dessus de moi, l'ombre du passé.
Même dans les entrailles de l'enfer, même au fond d'un désert
Je ne trouverai pas de repos, frêle carcasse, tas d'oripeaux.
Parmi toutes ces âmes mortes, comment demain faire en sorte
De remplir autour de moi l'espace, être plus qu'une trace ?
O douce clarté céleste, guéris-moi de cette maudite peste !
Où est donc en ce monde ma place ? Je ne ressens que disgrâce !
Je sais, je t'ai déçu, je te déçois et je te décevrai encore !
Ne m'en veux pas de dire que quelque part, je suis déjà mort !
Amour, Amie, c'est ainsi, je n'ai pas été celui dont tu as rêvé.
Impur, Impie, je ne t'ai apporté qu'un court début d'éternité.
Ici, tout est dit, je me dois de reprendre ma route vagabonde.
Là, tout est fait, il est temps de partir pour cet autre monde.
Le vide
Au loin sur cette grève, les rochers prennent des bains de mer.
Rouge, mon coeur, organe sans trêve, fait de même et reste amer.
Bleu les blés, vert l'été, vers l'hiver de mes douces sensations.
Je t'ai donné le vide, je t'ai vendu l'extase, froide abdication.
Si près de moi, les falaises plongeant dans les gouffres du néant,
ne laissent aucun choix, entraînant dans leur chute mes sentiments.
Les sentiers incertains où nous avons marché sont désormais vides.
Vides de sens, vides d'essences, liquides insipides, corps livides.
L'absence de tout, la présence de rien, la morsure des chiens fous
Ne laisse en moi aucune rage, mauvais présages, le chant du hibou.
Quand tout notre être est assoupi, telle une belle au bois dormant,
Momie égyptienne dont l'âme est embaumée, ronces et piquants.
Entends-moi, il n'y a rien, toutes les couleurs du rêve sont fanées.
Bleu dilué, vert aspiré vers le néant, le noir est maître, morbidité.
Le noir est traître, acidité, vérité, le vide est là, éclats du temps,
Disparus les jeux d'amants, reste un jeu d'échecs omniprésent.
Au creux du chemin
Passent longues années, restent illusions déçues.
Passe espérance, te voilà souffle glacial du vécu.
Avoir au sein du cœur une crevasse si profonde,
Permettant d'engloutir toute la tristesse du monde.
Pouvoir y enfouir des fleuves, des océans de larmes
Malgré ce sourire de façade, indéfinissable charme.
Ce rêve éternel d'amour, aussi léger qu'un nuage.
Un irrésistible espoir, aussi illusoire qu'un mirage.
Ce manque, cette faille, se creuse toujours plus loin.
Comme une maladie incurable, une mort sans témoin.
Pourrais-je seulement une fois te tenir dans mes bras ?
Pourrais-je me réchauffer un jour à ton feu de joie ?
Les arbres aux écorces noires me semblent si proches.
Même les feuilles que je foule me font des reproches.
Le doute est une machine infernale à broyer les âmes.
J'ai peur de moi, de toi, de mon indéfinissable drame.
Malgré la multitude, vivre des instants d'incertitudes.
Au creux du chemin de l'existence fleurit la solitude.

A une étoile filante
Je veux croire qu'une étoile de ce ciel brille encore pour moi !
Que protectrice et bienveillante, elle saura me montrer ta voie !
Que cette lumière éternelle, irréelle, saura éclairer mon passé,
Effacer mes erreurs et un jour me donner mille raisons d'espérer !
Je t'ai attendu si longtemps, comme la mort ou une rédemption !
Je t'ai rêvé si souvent que le seul mot qui me vient est abnégation !
De mes doigts fébriles et tendus vers toi en un geste merveilleux
Je veux toucher tes lèvres, effleurer ta nuque, caresser tes cheveux !
Je laisserai tomber toutes les inutiles vanités et tous les pâles trésors
Pour épouser tes formes, pénétrer ton âme, me fondre en ton corps !
Le grand semainier
LUNDI
Le premier jour de l'humanité : sans toi, sans moi.
Une semaine, un mois, des siècles, puis nous voilà.
Nul renoncement ne saura inverser la tendance.
Dieu a bien voulu nous laisser notre chance.
Il est le grand maître, seul juge de nos errances !
MARDI
Maintenant que le second jour de notre semaine est là
Avec toutes ces âmes perdues qui errent dans l'au-delà,
Rien, ni personne pour nous sauver demain ne viendra.
Donne-nous du rêve, de l'amour et redonne-nous la foi.
Il est impératif que derrière toute douleur, l'espoir soit !
MERCREDI
Marche vers moi et surtout ne reviens pas en arrière.
Energie universelle au bout de ce si long couloir de lumière.
Règne l'amour et la peur, à part égale, comme un mirage.
Crains donc la douleur de l'absence et les obscurs passages.
Refoule les froides idées et tiens-toi prêt à vaincre tes craintes.
Enfonce en toi le souvenir inaliénable des douces étreintes.
Demain sera bleu, violet et parfois vert émeraude.
Il répondra à toutes les questions qui te taraudent.
JEUDI
Je porte des espoirs de demain au fond de mon sommeil
Energie du renouveau prise à la fois à la lune et au soleil
Un magnifique rêve de Ra, un terrible cauchemar d'Hécate
Dont l'approche est semblable aux pas feutrés d'une chatte
Il vient vers moi le temps merveilleux des rouges coquelicots.
VENDREDI
Viens à moi enfant paumé, vagabond de l'amour, roi de la solitude
Entre dans ton coeur les signes de l'oubli des plates habitudes.
Ne passe pas à côté de ta vie et suis toujours ton chemin de gloire.
Devant tes yeux hagards brilleront alors de belles lueurs d'espoirs,
Reflétant les couleurs de ton âme et de très étranges paysages
Emporté par tes élans tu entendras de merveilleux messages
Disant à qui veut l'entendre : envolez-vous vers les plus hauts nuages
Il est temps mes amis de vivre : aimez, festoyez, arrêtez d'être sage.
SAMEDI
Seul un jour vous serez, alors profitez de vos semblables.
Avec eux, soyez doux, respectueux, authentique, affable.
Maintenant vivez à l'instinct, portez l'instant tel un cadeau
Et surtout ne pensez pas trop, tout juste ce qu'il faut.
Demain vous emportera tous sur la lame de la faux.
Il sera toujours assez tôt pour corriger ces défauts.
DIMANCHE
Douter de moi, c'est douter de vous.
Ignorants du monde ou pauvres fous.
Montez dans le grand arbre de la vie
Avec ses longues branches infinies.
Ne vous cachez pas derrière ses feuilles
Car l'automne sonnera un jour leur deuil.
Hormis certains mystères bien cachés dans les livres,
En vous, trouvez la force, la joie et le courage de vivre !

Aller vers soi
De ce monde, pouvoir un jour jouir,
Sans devoir se soucier du paraître,
Et en inhibant tout notre mal être,
Oh ! De ce monde savoir se nourrir.
Oui, toujours aller vers soi
Et surtout, ne pas renoncer.
Sur le fil, ne pas hésiter
A sortir de ce cocon douillet.
Car ne plus aimer, c'est mourir,
Comme se dissoudre dans le néant.
A terme, disparaître au firmament.
Ne plus rêver, c'est s'évanouir.
Que va donc devenir le mot sourire ?
Si tu laisses s'envoler tes aspirations
Et tout se disperser en vaines actions.
Doit-on se prendre pour des martyrs ?
Dans le terrain vague des incertitudes,
Les pétales de la fleur délicate du sentiment
Sont si fragiles et exposées à tous les vents.
Résisteront-elles aux affres de la solitude ?
Alors, ne pas reculer, tu te dois.
Ne pas avoir peur de ce que tu es.
Laisser le poison mortel de côté.
A pas mesurés, avancer vers toi.