Articles de luober

Délaisser... pour compte

Par Le 2014-05-12


Comme un spectateur distant et secret,

Vois, combien je me suis laissé aimer.
Tel un mauvais film, un parfait navet,
Je me suis laissé si souvent regarder.
Je me suis tant laissé faire et défaire
Que tu t'es lassée, si douce mais amère.
Ma mie-gale, tu m'as laissé pour mort
Après avoir dévoré mon corps, ce trésor.
Je l'ai tu mais il y avait du laisser aller.
Je l'ai vu et j'ai donc dû laisser tomber.
Regagnant enfin les laissés pour compte,
Le clan des perdants, des morts de honte.
Je me sens délaissé, mouton après la tonte.
Le poids des années, lourd comme la fonte.


Alone

L'amour danse avec la mort

Par Le 2014-05-05


- Que fais-tu assis au pied de cet arbre, brave homme ?

- J'attends la mort qui viendra peut-être d'une pomme !

- Ne te prendrais-tu pas pour Blanche Neige ou Newton ?
- Je n'ai que de la mélancolie en moi, cela donne le ton !

- Pourquoi donc es-tu si triste, mon valeureux prince ?
- J'attends l'amour mais mes chances sont bien minces !

- Ne crois-tu pas en l'avenir car d'être aimé tu mérites ?
- Non, il est trop tard, je ne peux que prendre la fuite !

- Sache que tout le monde a droit à sa seconde chance !
- La mienne tarde à venir et je vois déjà la mort qui danse !

- Oui, c'est moi, ne me reconnais-tu pas ? Je saurais t'aimer !
- Alors, prends-moi dans tes bras, il n'y fera pas plus frais !

L'amour danse avec la mort dans un long et douloureux corps à corps.
Il cache jalousement ses trésors et se refuse toujours aux amants morts.

Connecte-toi à moi ! A jamais, je suis ton autre toi !
Et pour toujours, je suis déjà en toi ! Tu es à moi !
Alors, Amour et Mort : aimez-moi ou tuez-moi !
Et si l'amour est mort : aide-toi, le ciel t'aidera !


Danse mort


Le corps a mille visages

Par Le 2014-05-03


Le corps a mille visages faisant passer tant de messages.
Il dit: désire-moi, aime moi, surtout ne soyons pas sages.
Le corps d'une femme aimée à la cannelle est parfumé.
Le corps d'une femme ailée s'envole dans nos pensées.

Le corps subit mille ravages faisant souffrir de beaux visages.
Il dit: soigne-moi, guéris-moi, apaise-moi et tournons la page.
Le cri d'une femme désespérée a la force d'un coup de bélier.
Le cri d'une femme abandonnée semble durer toute l'éternité.

Le corps nous ramène au rivage, serein et heureux, une belle image.
Il dit: caresse-moi encore, serre-moi plus fort, derniers outrages.  
Le cri se transforme en plaintes et doux gémissements par miracle.
Le cri du plaisir nous emporte, nous transporte hors du tabernacle.

Le corps a mille visages : séducteur, reproducteur, belle promesse de bonheur.
Il dit: je ferai de toi un esclave, un serf et je porterai ton plaisir et ta douleur.
Le corps a cette incroyable faculté, le cri a cette magique intensité
Quand de leur union, quelques neuf mois après, un jour, l'enfant paraît.


Corps 

Leçon de vie

Par Le 2014-05-01


"Enfant !", j'ai commencé, toi, tu finiras.
Vois-tu, je n'ai fait que te tracer la voie.
De mon amour paternel ne doute jamais.
Même maladroitement, je t'ai tout donné. 

Femme, tu as pleuré, mais tu m'oublieras.
J'ai fait, il est vrai, quelques mauvais choix.
De mes sentiments, tu as parfois douté.
Même indirectement, je les ai dévoilés.

Amour, j'ai enfin renoncé à croire en toi. 
Mais je t'ai imaginé et espéré quelquefois.
De mes rêves d'autrefois, il n'est rien resté.
Même après tout ce temps, où es-tu passé ?

Ami fidèle alors tu te rappelleras.
J'ai été partage et bien plus que cela.
Des belles soirées, je me souviendrai.
Même dans mille ans, j'y repenserai.

Vie, j'en ai tant bavé que quand tu partiras,
Je resterai serein et allez au diable, mille tracas.
De nos longues années communes, je ne garderai
Même pas de remords et encore moins de regrets.

Mort, je te céderai, pas vraiment le choix.
Je trépasserai donc mais tout continuera.
De ton baiser froid, je me serais passé
Même si ton amour perdurera à jamais.

Dieu, la leçon fut rude, cruelle parfois.
Je n'ai fait que douter et perdre la foi.
Tu resteras ma belle lumière céleste, mon au-delà.
Vieux songe grimaçant, je n'ai fait que rêver de toi.


Dieu genese

Fleur de muguet

Par Le 2014-04-30


Premier mai

Premier aimé
Fleur de muguet
Preux chevalier
Défends le coeur
Porte bonheur

Mais que fait-on ?
Mai, belle saison !
Mais où va-ton ?
Reste à la maison,
Un autre dimanche, 
Clochettes blanches.


Muguet 2

J'ai su rêver

Par Le 2014-04-29


J'ai vu de beaux cieux écarlates

Comme repeints à la sauce tomate.
J'ai bu des vins doux et épicés
Sortis de tonneaux d'un bel été.
J'ai lu des livres si mystérieux,
Sombres, magiques et poussiéreux.
J'ai su des poèmes, des chansons
Je les ai oubliés tel ton prénom.
J'ai plu à des femmes mouillées
Qui en perdaient leur virginité,
Qui pleuraient comme des averses
A chacune de mes douces caresses.
Vois, leur voix montant aux nues,
Et le bel émoi de leur corps nu.
Depuis, délaissant mes aspirations
J'ai tu ces sensuelles ambitions,
J'ai du relancer ma vie dix fois,
Et cru mourir bien plus que cela.
J'ai survécu à un profond désarroi.
J'ai tué des reines et tiré des rois.
J'ai tu été, printemps, hiver,

Trois saisons me laissant amer.
Seul l'automne est comme moi,
Feuille fragile qui tournoie.
J'ai bu du thé, j'ai dû lutter,
J'ai lu Bronté, j'ai eu pitié
J'ai pu aimer, J'ai su rêver.


Oeil

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