Articles de luober
Sur l'échelle du temps
Sur la grande échelle du temps
Nous montons tous allégrement
En s'élevant de degré en degré
On se sent quelquefois plus léger
Sauf quand les fins barreaux cèdent
Et qu'aux cieux, on demande de l'aide
Sous le poids de tant de fardeaux
Qui nous courbent souvent le dos
Je laisse souvent aller mon esprit à la dérive
Supputant qu'il puisse atteindre l'autre rive.
Sur ces flots incertains des rêves inachevés,
Je pose mon doux regard et j'élève mes pensées.
Me reviennent alors en plein visage des vérités
Faites de bien tristes et merveilleux regrets.
Le temps avale glouton nos maigres espérances
De son appétit d'ogre, il diminue nos chances
Un jour de trouver de nos âmes un mérité repos
Et il ne nous laisse en main que des oripeaux.
Criez, pleurez, suppliez, vous ne changerez rien.
Tous vos pleurs ne mouilleront jamais que demain.
Il est rare que l'on remonte l'échelle du temps,
Même si tout médium n'est qu'un chat errant
sur les trois dimensions : futur, passé, présent.
D'arrière en avant, se laisser glisser doucement.
Vivre ce vieux rêve de refaire le chemin à l'envers
Pour contrecarrer les règles immuables de l'univers.

Au pays des songes
Mes nuits agitées sont peuplées
Des habitants secrets des celtes forêts.
Des plus douces aux plus étranges,
Toutes ces créatures se mélangent.
Sans me laisser la moindre trêve,
Surgissant au milieu de mes rêves,
Absurdes, difformes sont les êtres
Qui de mes pensées sont les maîtres.
Leur silhouette floue et intemporelle
Passe parfois dans mes nuits iréelles.
Tels blancs fantômes des siècles passés,
Ils déboulent furtivement et m'effraient.
Selon leur divers degré de compréhension
Et surtout à mon égard leurs intentions,
Parfois, je dois les pourfendre de mon épée
Ou simplement dialoguer s'ils sont en paix.
Dans ces moments à forte charge émotionnelle,
Je me sens porté par une force exceptionnelle.
A bord de grands vaisseaux fantasmagoriques,
Je traverse les océans: Afrique, Asie, Amériques.
Sur ces nouveaux continents, je vais et découvre
Des richesses plus belles que celles du Louvre.
Des lumières, des senteurs et de grands paysages
Qui complètent parfaitement mon apprentissage.
Venez à moi, anges, démons et merveilles
Enseignez-moi tous vos secrets éternels.
Créatures des bois, esprits de la grande forêt,
Poussés par le vent fou, fées, lutins et farfadets,
Venez fières conquêtes de mes nuits bleutées
Poussez la porte de mon inconscient révélé,
Apparaissez, génies des fontaines enchantées
Et apportez-moi toutes réponses recherchées.

Il n'y a plus...
Le temps des doux sourires s'en est allé
Et les printemps, si joyeux, sont oubliés.
Il n'y a pas d'amour dans cette maison.
Il n'y a plus d'humour, ni de déraison.
Le coeur ne souffre pas mais il est vide.
Les journées semblent alors si insipides.
Il n'y a plus mes mains sur ta toison.
Et il n'y a plus d'humaines pamoisons.
Loin des rêves et attentes d'autrefois
Dans cette vie, je ne me retrouve pas.
Il n'y a plus "demain" dans ma vision.
Il n'y a plus de chemin à l'unisson.
Toutes les fleurs se fanent au soleil d'été.
J'ai si peur mon amour que nous ayons échoué.
Hormis qu'il n'y a plus grand chose à partager,
Amie, il y a si peu de mots que je puisse prononcer.
Le silence signe quelque part cette vérité.
Des lueurs manquent à nos yeux pour espérer.
Il n'y a plus à faire semblant pour paraître,
Plus qu'à rechercher un semblant de bien-être.
Tombent un à un les éclats de rires du passé.
Ne reste désormais qu'un grand arbre dénudé.
Il n'y a plus d'amour, plus de passion.
Il n'y a plus "toujours", à notre chanson.
Derrière les nuages
Derrière les nuages,
Il y a un pays
Qui donne une image
D’un modèle de vie.
J'ai rêvé d'Europe,
D’une nouvelle France,
Celle des philanthropes,
De l'égalité des chances.
Derrière les nuages,
Le chemin est long,
Rempli de virages,
Mais nous y croyons.
Et quand je pense à tous ceux qui sont morts
Pour que nous soyons libres et debout encore.
Et quand je pense à tous ces trésors
Que l'on gâche encore et encore.
Que laisserons-nous à tous ces enfants ?
Des marées noires, du chômage à vingt ans,
Des vestiges de forêts remplis de cendres,
Des guerres du golfe, des onze septembre.
Que laisserons-nous à tous ces gens ?
Virus mortels et retraites à cent ans,
Climat incertain et avenir indécis,
Des rêves bien vains pour une autre vie.
Que laisserons-nous dans tous nos tiroirs ?
Des bouts d'idéaux et beaucoup d'espoirs.
Fatigue
Quand la nuit s’étire,
quand l’âme se déchire,
tes idées sont brouillées,
boissons alcoolisées.
La fête est terminée,
mais tu ne veux plus rentrer.
Voici l’aube venue,
tu traverses la rue.
Tu titubes un peu.
Tu perds souvent à ce jeu.
Gagner, c’est difficile,
Tu es tout seul dans la ville.
Mais il te faut triompher
du temps et de l’espace.
Arriver ou mourir,
c’est à toi de choisir.
Fatigue est une femme indisciplinée
qui te fait l’amour sans s’arrêter.
Fatigue du lever jusqu’au coucher,
elle a toujours envie de danser.
Fatigue écrabouille ton cerveau
pour te mettre le moral à zéro.
Fatigue s’étire sur ta vie
et t’aspire dans le vertige de la nuit.
Grain de poussière
Tu puises le pétrole, tu souilles les richesses,
Tu pilles les forêts et mère Nature tu agresses.
Quand le volcan gronde, que la terre s’effondre.
Quand les eaux s’immiscent et tout engloutissent,
Quand la tempête te bouscule et la forêt brûle,
Quand la vague s’écrase et que le monde s’embrase
Comprends que ta grandeur n’est que décadence
et reviens sur Terre avec plus de tempérance.
Homme descend de ton piédestal
Arrête de croiser le fer et battre le métal.
Tu crois maîtriser l’atome, pauvre pomme.
Dernier prédateur de la chaîne, nature humaine.
N’oublie pas qu’un Dieu vengeur te règlera ton compte
et qu’en un peu moins d’un siècle vers le ciel tu montes.
Toi le puissant, toi le mécréant,
Souviens-toi bien que tu n’es rien,
Un négligeable bout de matière.
Un infime grain de poussière
Dans l’aspirateur céleste.
Ne demande pas ton reste.
Ne réclame pas ton dû.
La mort est au bout de la rue.