Articles de luober

Au mieux

Par Le 2019-08-15



Il est chaotique le parcours jusqu'à la sépulture, 
En ces endroits funestes où nos corps reposent 
Et où un jour ou l'autre se finit l'aventure, 
On pose sur nos cercueils quelques jolies roses
La vie n'est plus alors qu'un rivage lointain 
Le souvenir d'un rêve aux contours incertains
Et face à ce corps inerte qui ne vit qu'une fois
Alors notre âme éternelle nous parle tout bas
Comme pour mieux s'alléger d'un grand poids :
"Oui, j'ai fait au mieux ou, du moins, je crois"

Toute vie semble inassouvie et incomplète
Emplie de regrets, de remords dans nos têtes
Riche de cette nouvelle expérience incarnée
Mais encore déchiré par d'humaines pensées
Nous nous en remettons au grand Mystère
Espérant qu'au prochain passage sur Terre
Nous saurons grandir et faire encore mieux
Pour approcher de ce que l'on appelle Dieu



Au mieux
 

Absinthe

Par Le 2019-08-11



Derrière vos mots
Verlaine et Rimbaud,
Paroles qui en rime
Frôlent avec les cimes
Ou les profondeurs
De toutes vos douleurs
Noyées dans le spleen
Dégâts de la narine

Au bout de vos nuits
De poètes maudits
Etalant leurs vers
Le coeur à l'envers

Derrière vos écrits
Poussés tel un cri
Un grand bateau ivre
Lentement dérive

Le goût de l'absinthe, délicieuse plainte
Parfum de fée verte, les sens en alerte
Le goût de l'absinthe, cruelle complainte
Tu seras ma perte, mon île déserte


Belles et rebelles
Effeuiller femelles
Leur visage pâle
Toutes ces fleurs du mâle
Laissées en jachère
Chère à Baudelaire
Vont à Montparnasse
Où elles trépassent
 
Le goût de l'absinthe, délicieuse plainte
Parfum de fée verte, les sens en alerte
Le goût de l'absinthe, cruelle complainte
Toi ma belle plante, ma douce mort lente



Absinthe petit
 

Tirer les runes

Par Le 2019-08-11

(chanson)

 

Quand de l'île aux moines jusqu'à Saint-Malo
On entend chanter tous les matelots
Quand bière et chouchen coulent à flots
Toutes tes excuses ont bon dos

Quand tu me dis que c'est la faute aux lutins
Que tu croises souvent sur ton chemin
De tous tes retards, oui, y'en à marre
Je savais bien que t'étais un fêtard
De tous mes mecs, y'a pas eu pire
Je vais te foutre sur la gueule un menhir
De tous ceux à qui j'ai fait des crêpes
T'es le seul à qui je jetterai des guêpes

Tu tires pas que les runes, Bières, blondes ou brunes
Je vais te mettre à l'eau, à la rigueur au sirop
Tu tires pas que les runes, Belles, blondes ou brunes
Je vais te couper les burnes, et t'enterrer dans les dunes

Dans les forêts de notre vieille Bretagne
Tu traînes la Marie que tu raccompagnes
Et tu voudrais alors que je dise Amen
Quand tu la sautes derrière le dolmen

Dois-je te mettre un homard dans le calbut'
ou annuler ton abonnement aux putes ?
Je sais plus quoi faire de toi marin
De l'Ille et vilaine, tu es le vilain
De tous mes mecs, y'a pas eu pire
Je vais te foutre sur la gueule un menhir
De tous ceux à qui j'ai fait des crêpes
T'es le seul à qui je jetterai des guêpes

Tu tires pas que les runes, Bières, blondes ou brunes
Je vais te mettre à l'eau, à la rigueur au sirop
Tu tires pas que les runes, Belles, blondes ou brunes
Je vais te couper les burnes, et t'enterrer dans les dunes

Les discrets

Par Le 2019-08-09

 

Ils font peu de vagues, peu de bruit
Mais, tout comme vous, ils ont une vie
Sans fracas, sans débordement avéré
On les croise parfois, les discrets

Certains vivent au sein de nos familles
D'autres dans la solitude de nos villes
Ne passant pas à la radio, ni à la télé
Ils gomment leur relief, leurs aspérités

Tout dans leur vie reflète la modération
Ils sont mesurés même dans leurs passions
Êtres introvertis et empreints de timidité
Pourtant en eux, brille un univers entier

Leur ciel est empli des mêmes nuages
Mais ils n'en font pas tout un fromage 
Leurs enfants sont aussi réservés qu'eux
Rasant les murs de peur d'être ennuyeux 

Enfin, ils meurent en hiver, un jour pluvieux
Sans qu'on sache s'ils ont vraiment été heureux
Souvent bons, bienveillants et surtout généreux
Ils partent alors comme ils ont vécu, silencieux



Discret

Celui ou celle que vous êtes

Par Le 2019-08-07




Être en équilibre sur le fil ténu de la toile
Proie ou prédateur, selon ce que l'on dévoile
Nous sommes tous mis au défi de tenir la barre
Embarcation incertaine ayant rompu ses amarres
Qu'on appelle la vie et qui nous en fait baver
En pauvres escargots à la lourde carapace fêlée
Se traînant parfois telles des limaces fatiguées 
Coquille de gastéropode ou de noix qui dérive
On use alors nos mots ainsi que notre salive
Le chemin à suivre est très long à s'éclairer 
Pour cela, il faut tant d'épreuves à traverser
Et comprendre un jour que vous devez mener une quête
Pour devenir celui ou celle, tout au fond, que vous êtes




Escargot

Mi-figue mi-raisin

Par Le 2019-08-06



Bien souvent mi-figue, mi-raisin
La vie n'est jamais carton plein
Trop souvent mi-fugue, mi-raison
Dans toutes nos mauvaises saisons
Que l'on voudrait pourtant fuir
Où l'on se dit qu'il faut partir
Quand le travail nous travaille
Que notre mental parfois déraille
Quand les nuits ne sont pas câlines
Et que la base reste très alcaline
On devient alors acide été comme hiver
Dans ces longues traversées du désert
Néanmoins la vie reste belle à vivre
Sous le soleil ou même dans le givre 
Mais quand la mort affamée, inéluctable 
Fait, peu à peu, du vide à notre table
Il faut trouver en nous toute la force
Pour que la pompe de la vie se réamorce
Et dans la douleur ou dans l'absence
Dans le bruit ou dans le grand silence
Restons dans l'acceptation et la gratitude
Nos vies futures dépendent de notre attitude
Et tous les fruits que nous récolterons demain
Seront doux au palais qu'ils soient figues ou raisins




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