Articles de luober
A la croisée des maux
Pose le vent à mes pieds
Dose le temps par palier
Quelle rose rouge t'a piquée
Quelle mouche t'a enrhumée
Tu te laisses porter, emporter
Par le flot d'une vie trop pressée
L'amour s'engouffre derrière mes mots
Et ressort par la bouche de mes trop
Et même si parfois je n'en fais pas assez
Pourtant ce que j'en fais détonne en vérité
Sur le chemin roux de tous nos automnes
J'écoute le bruit de la chute des pommes
Derrière mes maux, parfois je ris jaune
Et mon attraction vaut celle de Newton
Tant de choses que l'on nous reprend
Faisons des pauses avant d'être grand
Demain, quelle mort sûre nous attend
Traces dans notre chair, notre sang
Remonter le chemin de nos descendants
Y laisser la porte entrouverte du temps
Mais tu verras, derrière mes mots
Le monde te semblera plus beau
Et même si parfois tu en as marre
Ma jolie, jolie fleur de nénuphars
Ecoute au loin la voix de l'univers
Tel un écho, la lumière d'un phare
Rebondit pour éclairer mon propos
Oui, je me cache derrière mes mots
A la croisée des mots, perdu dans les hautes herbes
Je ne suis vraiment pas le meilleur exemple à suivre
A la croisée des maux, oui, j'ai cru six verbes
Résister, Avancer, Croire, Rêver, Aimer, Vivre

L'arbre de vie
Chaque épreuve nous fait grandir
Mais nous fait parfois un peu mourir
Des profondes racines jusqu'à la canopée
L'arbre de vie s'élève pour nous rappeler
Que nos pieds en cette Terre sont ancrés
Et que nos têtes vers les cieux sont levées
Nous puisons dans le sol, notre nourriture
Pourtant, nous y retournerons, pourriture
Et, tout en gravissant le tronc de l'existence
Pour mener jusqu'aux feuilles la verte substance
Qui par l'énergie lumineuse permet de respirer
Nous aussi, élevons notre âme vers l'éternité

Le souffre-couleur
Vois, je me shoote à toutes les couleurs
Pour apaiser mes plus grandes douleurs
Je m'injecte parfois des nuances violettes
Pour me souvenir des beaux jours de fête
J'ingurgite de grands verres d'absinthe
Rêves érotiques pour la femme enceinte
Et pour moi, un poison que je m'inocule
Jaunes ou blanches comme les renoncules
Perdu dans la fusion de mes sensations
Ivre de mes perceptions, de mes émotions
J'avance seul dans cet univers coloré
Graphème de nombres ou d'alphabet
Et les sons sont ronds ou bien carrés
Formes géométriques, notes sucrées
Que je goûte à longueur de journée
Tel un souffre-couleur, émerveillé

Le temps des autres
Le temps des autres n'est pas toujours le nôtre
Dans le jardin de la vie, passent les jours, les nuits
Chaque graine pousse à son rythme et grandit
Selon l'envie ou selon le cycle qui lui est propre
Le temps des autres est un point de vue
Qui court sur l'horloge de nos âmes nues
Chaque heure qui s'écoule, qui passe
Crée entre nous, encore plus d'espace
Le temps sépare ceux qui s'aiment
L'étang se pare de reflets blèmes
En attendant les reflets de lune
Ou des étoiles qu'il vole, une à une
Le temps des autres s'enroule à nos vies,
Nos envies, nos ennuis, nos rêves d'infini
Et ses secondes passent souvent premières
Spirale qui montre que la vie est éphémère

Ani-mots
L'araignée doit avoir confiance en soie
Et pour ne pas choir, faire le bon choix
Le croque Odile fait toutefois le difficile
Quand on ne lui présente que des Cécile
Le lion sot n'apprend pas sa table de trois
Car il sait que malgré cela, il deviendra roi
Et quand Léo part t'acheter de la viande
Toutes les antilopes dansent la sarabande
Du côté des babouins, ça vanne et ça critique
Les singes gris massent leurs zygomatiques
Pour ricaner comme le feraient des hyènes
Sans prendre toutes les mesures d'hygiène
Et le grand cerf pend et s'enroule
Autour de ses bois que l'on moule
Seigneur avec ses grands anneaux
Jouant comme moi avec les Ani-mots

