Articles de luober
Autant de pères
Le bricoleur raisonnable : Le père sage
L'autoritaire insistant : Le père sévère
Le coeur de pierre qui s'élève : Le père schiste
Le pédagogue efficace : Le père formant
Le bavard du perchoir : Le père hoquet
Le traducteur tordu : Le père version
L'écrivain allégorique : Le père-i-phrase
Le poète salace : Le père vers
Le tranchant : Le père-cuteur
La mauvaise langue : Le père-siffleur
Le littoral fragile : Le père-is-sable
Le présent vagabond : Le père manant
Autant de pères pour faire une Terre
Autant de mers et d'océans
Le masculin prend les devants
Pour être la moitié des enfants
Des fleurs et des hommes
Cette pensée que j'ai à fleur de peau,
Porte ma peine comme un fardeau.
Elle fait de ma vie un truc pas très rose,
Me rendant triste ou au mieux morose.
Sens sur mon corps ce parfum de violette,
Cet âge qui me forcera à battre en retraite.
Vois, je brûle par les deux bouts, le pétiole,
Et je dépéris, je me dessèche, je m'étiole.
Tenir tout l'argent et l'orchidée-vergonde
Ne m'ont pas rendu plus riche de ce monde.
Viens compter les pétales, allez, viens, je t'invite
A effeuiller ensemble l'immaculée marguerite.
Ton port royal, ta fleur de lys,
Et dans tes yeux verts, joli iris,
se reflètent un doux rêve d'avenir,
Senteur de jasmin, tendre sourire.
Dans tous les sens du terme
Les mères
Sans elles, nous ne serions pas là
Les oiseaux
Sans ailes, ils ne voleraient pas
Les amis
Sans aide, seraient en désarroi
***
Les femmes
Cent d'elles, mais une seule à la fois
Les baisers
Cent pelles, nous n'embrasserions pas
Les amours
S'emmêlent et provoquent l'émoi
***
Le repos
Sans pieu, nous ne dormirions pas
Les pères
Sans eux, nous ne grandirions pas
Les frères
Sans jeux, nous ne souririons pas
***
Les terres
Sans boeufs, nous labourerions tard
Les poules
Sans oeufs, nous ne mangerions que le lard
L'enfer
Sans Zeus, ne serait que steak Tartare
***
Les parfums
Senteurs d'autrefois
Les cadrans solaires
Cent heures d'autrefois
Les montres cassées
Sans contrainte au bras
***
Dans tous les sens du terme
La vie, cette prison ferme
Où on en prend pour perpét'
Sans carburant, on s'arrête
On est en panne d'essence
On naît en panne des sens
Rappelle-toi Barabbas
(Un clin d'oeil au "Barbara" de Jacques Prévert)
Barrabas, je voudrais tant que tu oublies,
Ces jours mauvais où nous étions ensevelis,
En ce temps là, la vie finissait souvent en croix,
Selon le fait du prince ou le bon vouloir du roi.
Les chrétiens morts se ramassent à Jérusalem,
Tu vois je n'ai pas oublié, le voleur que tu étais.
Les chrétiens morts se ramassent à Jérusalem,
Les souvenirs des crucifiés aussi,
Et le vent des morts les transporte,
Dans les tombes froides de la nuit.
Mais, tu vois, je suis ressuscité,
J'ai rejoins l'espérance en Yahvé.
Une ombre du passé
Dans la vieille maison au fond du grand jardin abandonné
Il y a une ombre qui vous observe et vous regarde passer
Elle est là depuis tant d'années, cette silhouette fanée
Qu'on ne sait plus vraiment, quel est son sexe en vérité
Une ombre coincée, ni homme, ni femme, une simple entité
Ne vous approchez pas trop près où elle va vous appeler
Si jamais vous croisez son regard invisible, transparent
Ne vous laissez jamais séduire par ses histoires d'antan
Vous resteriez prisonniers de tous ses drames si tristes
Ne sortez pas du chemin tracé et ne quittez pas la piste
La mort est partout sur son chemin alors passez le vôtre
Dans la vieille maison rôde l'esprit du treizième apôtre
En ces lieux lugubres, de nombreux disparus, on dénombre
Ne jouez plus avec les êtres qui vivent dans la pénombre
Demain
Demain ma vie doit courir à pas de géants.
Je dois me défaire de tout fardeau pesant.
Demain, être libre de tous faux-semblants,
Vivre de mes passions et relire Maupassant.
Parcourir le monde s'il en est encore temps,
Et me nourrir l'esprit aux parfums d'Orient.
Et sur mon tapis volant, en apesanteur,
Me défaire du poids d'un joug oppresseur
Et des ondes négatives, ces puits à malheur.
Vouloir plus que tout reprendre mon coeur.
Et il est vrai que je te l'avais laissé en gage,
Comme un bien curieux, bien pesant bagage.
Demain, je veux être encore libre d'aimer,
Et tel un mari volage, toucher décolletés,
Retrousser jupes, volants et m'émerveiller.
Je me suis oublié et t'ai parfois délaissée.
Il faut mettre au coffre nos belles années,
Poser un mouchoir sur ce qu'il faut oublier.
Demain, je veux être libre de choisir ma vie.
Libre de partir d'ici ou d'être ivre chaque nuit.
Demain, je dois être libre de mourir d'ennui
Et libre de revivre aussi dans des bras amis.
Boire à la source entêtante, l'élixir de vie.
Demain, je pourrais vouloir toucher l'infini.
