Articles de luober
L'amour vache
J'ai cru souvent et marées en toi
Lait cru, la vache, mais je me noie
Traire à l'arrache mais je suis envie
La taille basse que j'enfile en trop pie
Me nourrissant de mets androgynes
Mal de gorge, en malade, je m'imagine
Même pleine, la coupe me sied parfois
Levi's s'évertue et ne sont pas pour moi
Une vie, mots dits, sans amour
Au son des fifres et du tambour
Je suis pourtant emplie de ça
Que je distille au fond de moi
Cet élixir de joie et de douceur
Qui fait battre tous nos cœurs

Petite mine de rien
Petite mine au bout du crayon
Face au peloton d'exécution
N'être attaché qu'au pilori
Même froissé, prendre le pli
Une envie de toujours
Courte vie sans amour
Un roulement de tambour
Et l'amie la mort au détour
Petite mine de plomb
Qui alourdit le tréfond
Des âmes en repentir
Tu es mon seul désir
Petite mine de rien
Qui dessine le destin
Prends-moi l'humain
Et serre mon chagrin

Sonner chez Morphée
En fin de lune, faim de dune
Nuit, fais-moi la courte échelle
Le coup du sommeil profond
Ou du petit soldat de plomb
Poser sur oreiller de plume
Avec d'étranges rêves de brume
Dormir, c'est souvent mourir plus que de raison
Songer à singer la mort, voyager à l'unisson
Parmi tous les hommes et parmi les femmes
Donne-moi le sésame pour le pays des âmes

Sur le ciel irréel, le monde danse
Sur le ciel irréel, le monde danse
Où se pose le pinceau de Dieu
Ni vu, ni connu, comme un aveu
Grandir et aimer en toute confiance
Etre soi, doux tissu de la délivrance

La rime âge
Parmi mes semblables, je vole, je nage
Sans être trop volage, je prends de l'âge
Dans des combats internes, je m'engage
Chaque jour, j'écris Terre, j'écris de rage
Les pieds dans l'encre, debout sur la plage
J'avance sans cesse et je tourne des pages

Un nuage de laid
Homme, animal immature
Et qui, sur sa vitalité, rature
Jouant trop souvent la montre
Partant souvent à la rencontre
De toutes les autres créatures
Evoluant dans l'humaine nature
S'échappant à travers les barreaux
Il fait mur, tout en brisant les zoos
Mettant une vie entière à se souvenir
Ce qu'il sait déjà et qui doit resurgir
En oubliant en partie ce qu'on lui a appris
Car nous sommes âmes, ça n'a pas de prix
Avide naissance qui nous incarne
Acides errances devant la lucarne
Ainsi, en parfait bûcheron
Découpant les mots "scions"
Découvrant les abominations
Et vive la vie, à la population
Dans tout le fatras qui nous entoure
La bienveillance est encore à la bourre
Emphase, dire oui à la vie en douceur
En phase, regarder la mort, mes coeurs
Vie et mort des gens de La Fontaine
Qui coule quand la coupe est pleine
Inévitable débordement vers le ruisseau
Il y a toujours la fameuse goutte d'eau
Qui du vase verse un sanglot, bulle rouge
En vaines espérances, mais rien ne bouge
Trop souvent devoir toucher le fond pour enfin remonter
Alors dans votre été, vous prendrez bien un nuage de laid ?
