Articles de luober
Jour Mai de lutte
Premier "mais" : mais pourquoi, pour qui travailler ?
En ce jour naît mai, panse tes plaies, pense s'il te plaît
Mai lutte, Mai combat nos doutes et pour nos droits
Mai, deux seins de la République guidant le peuple roi
Mais pourquoi tri mai ainsi pour trois brins de muguet ?
Avoir foi ou bien se reconvertir, changer de voie, mue gaie
Mais quand vous défilez, souvenez-vous d'où vous venez
L'anarchie vaincue autrefois a sa fête comme il se doit
"L'Alarm" a retenti pour nous émanciper, faire des choix
Oui, autre foi, syndicats américains, au pied d'usines enfumées
Et autres lois, cinq pendus, procés et exécutions, peuple ouvrier
En mai, respecter la journée de lutte à travers le monde
En chantant l'Internationale, repousser la bête immonde
Journées de travail passant de douze, onze, dix, puis huit heures
Ce premier mai de luttes acharnées pour un jour finir de bonheur

Aujourd'hui et avec mes maux d'hier
Sur la belle route de deux mains
Je crois en avoir serré tout plein
A pied, en voiture, en bateau
Sur chemins, routes et canaux
Paix dans les arbres et la nature
Car trop d'agitation me sature
Je me suis parfois prêté au jeu
Mais je suis sauvage, sacrebleu
Élévation du poète vers les cimes
Je m'attache souvent à ma rime
J'ai jeté l'ancre dans les cieux
Comme une bête à bon Dieu
J'ai suivi de petits nuages
Même en prenant de l'âge
Pour que souvent le temps soit beau
Pour dire que mon "âme était haut"
J'ai fait des erreurs dans mes mots
Mais je ne suis pas homme de réseau
Je fuis toujours ce qui nous dévore
Juste adepte de quelques égrégores
Tel Adam, j'Eve à cul, l'air mort
Occis, gêne vicié, il est trésor
L'heure du repos et de la sieste
Quand l'impôt a fini son assiette
Dans mes absences emplies de rêves
Je vais jusqu'aux racines, puiser la sève
Et même si ma canopée est plus légère
Avant que demain ne survienne l'hiver
Aujourd'hui et avec mes maux d'hier,
D'emplir mes feuilles, il y a matière

Sacrifice
Sur l'autel de passe de la vie, j'ai sacrifié tant de choses
Je n'en aurais gardé que mes mots, ma poésie et ma prose
A la lumière incertaine et troublante de tout nouveaux jours
Comme le linge sale et souillé que l'on met dans le tambour
Laver, hériter dans ma bouche, et si dure à dire sans doute
Prostré et blessé sur ma couche, juste laisser tomber la croûte
Peindre demain l'impressionnant tableau de ma Renaissance
M'ouvrir à des senteurs nouvelles, m'enivrer de leurs essences
Ainsi soit-il, au nom d'impairs, du sacrifice et du sain d'esprit
Et mon corps, si loin déjà, si loin de moi, avait renoncé à la vie
Que me veulent ces gens qui m'agressent à longueur de journée
Ils ne sont plus que des voix lointaines dans mon rêve d'éternité
Je sais que demain, dans un jour, une semaine, je serai moi
Quoiqu'il m'en coûte, peu importe la route, enfin devenir roi

Ma vie, mes choix
Ma vie, mes choix,
Mes nuits, mes froids
Et quand j'ai si peur parfois
Le destin choisit pour moi

Quand mes deux vies...
Quand mes deux vies seront devenues antinomiques
Que mes devis auront atteint des sommes astronomiques
Je m'allégerai du poids de l'une d'entre elles
Sans faire de bruit, sans faire d'étincelles
Déposant le pesant fardeau qui m'encombre
Car l'âme atterrit, alitée, est bien sombre
Si malade que la spiritualité est à son chevet
Montrant la voie de la guérison, le parler vrai
Ainsi, un jour, il faudra la délivrer de ses sous, France
Et qu'elle accepte ce dépouillement comme une chance
Certains franchissements, certains pas, sont difficiles
Car nos attachements, nos habitudes ne sont pas dociles
Il faut pourtant y arriver au rythme de nos volontés
Ecouter le doux chant de nos âmes, de toute éternité
Alors quand mes deux vies seront devenues incompatibles
Je me détacherai de l'une d'elles, devenue trop prévisible
Je déploierai mes ailes et ma vie ne sera plus qu'un long été
Avec moi, je serai en accord, sage, défait pour enfin respirer

Au rythme de mes saisons
Écrivain, jusqu'au dernier souffle, écrit, vent
De la brise de mer jusqu'au Mistral violent
Se laisser porter par les chemins s'ouvrant
Faire des choix, avançant, reculant, doutant
Je fuirai, peu à peu, vos fausses directions
Vos routes ne mènent nulle part, aberration
Je fuirai ce qui m'éloigne de mes aspirations
Je marcherai vers moi, vers ma construction
Parcourant les sentiers, prenant pause souvent
Pour goûter de la vie, tous les fruits succulents
Douce fraise rouge, belles fleurs des champs
Vrai rythme de mes saisons, épanouissement
