Articles de luober
Au cimetière de Charleville
Au cimetière de Charleville,
Dans le coeur froid de la ville,
Un enfant fou est endormi.
Ivre de ses rêves, il est parti
Sur un bateau pour les nuages
Avec ceux partant avant l'âge.
Comme lors de ses voyages,
Aventurier pas toujours sage,
Marseille lui a fait mettre
Un premier genou à terre.
Ses proches amis ludiques,
Emplissant l'album Zutique,
On fait le poète et l'homme,
Ah, Vilains Bonshommes,
De l'amour et de la haine,
De l'absinthe à Verlaine.
Eternelle saison en enfer,
Pour l'enfant de l'hiver,
Des passions si subtiles,
Au cimetière de Charleville.
Le phare du bout du monde
Viens, je te mets sur ma liste avant que tu ne te désistes !
Nous irons tout là-bas ! Nous irons tous là-bas !
Sur cette langue de terre qui lèche le sel de la mer,
Phare éclairant de plénitudes, cette mer faite d'incertitudes.
Le rêve est un démon d'écume, apparition sortant de la brume.
Perdu au fin fond de l'Ecosse, nous chanterons
Lucy in the "ISLE OF SKYE" with diamonds !
Au gré de nos pâles et ternes, dernières illusions,
Sur cette île baignée par les vagues de nos émotions,
Vous qui, tant de fois, avez croisé ma route,
Vous qui, souvent, êtes bousculés par le doute,
Dites-moi, la terre n'est-elle vraiment que ronde ?
Ressentez-vous l'appel du phare du bout du monde ?

Ode à la Bretagne
Indéfiniment balayé par le grand vent du large,
Embruns chargés de sel et de parfums marins,
gonflant voiles de bateaux et secouant barges
et qui me conduiront peut-être vers toi au matin.
Alors sur les rochers noirs, je graverai ton nom
avec ma passion, mon sang et toute ma hargne,
et de tes femmes, je murmurerai les doux prénoms
dont la beauté fait rêver tous les esprits de Bretagne.

Les malentendus
Sur les marches de la cathédrale
J'ai attendu pour que dalle,
La belle enfant que j'aimai,
La belle enfant ne s'est pas pointée.
A la maison de l'emploi, je cherchai,
Quelques petits jobs pour subsister.
J'ai balayé les annonces de la journée
J'ai balayé la rue pour terminer.
La vie est faite de malentendus,
De contrats qu'on n'a pas conclus,
Sur des quiproquos, des coups du sort
On voit s'écrouler tous nos efforts.
Voyant que la chance se désistait
Et que je finirai comme un raté,
Sous le métro j'ai voulu me jeter,
Mais il y avait grève à la RATP.
La vie est faite de malentendus,
De conflits sociaux que l'on n'a pas sus,
Sur des quiproquos, des coups du sort
On passe pour un con face à la mort.
Alors j'ai sombré dans l'apathie,
Alcoolisme, gourmandisme, boulimie.
Défait, je me suis laissé abattre
Sans seulement vouloir combattre.
Enfin le jour où Dieu m'a rappelé,
Il n'y avait plus rien à négocier,
Et sur un nuage, je me suis posé
Mais mon surpoids m'a fait chuter.
La vie est faite de malentendus,
De régimes que l'on n'a pas tenus,
Et sur quelques kilos et des remords
On réintègre quand même le décor.
La vie est faite de malentendus,
De non-dits et de sous-entendus,
Sur des quiproquos, des soups du sort
On passe à côté de nombreux trésors.
Le soir sur la dune
Assis sur la froide et humide dune
A rêvasser sous les rayons de lune.
Pauvre Cyrano, coeur enserré de glace,
Finirais-je donc par trouver ma place ?
Parmi vous, mille et millions d'étoiles,
Pouvoir enfin mettre un jour les voiles.
Chimères du soir, appels des sirènes
Suffiront-elles à atténuer ma peine ?
Le sourire de la lune, là-bas, se reflète
Au sommet des vagues en fines paillettes.
Loin sur l'océan se dessine une silhouette.
On devine l'ombre furtive d'une goélette.
Partir à bord de ce vaisseau fantômatique,
Vers une destination inconnue, idyllique.
Suivre le ressac de douces aspirations,
Etre à la fois océan, dune et émotions.
