Articles de luober
Les cannibales
A ceux qui croient dominer notre monde
Du détroit de Béring aux îles de la Sonde
Qui n'ont pas de limite à leur féroce appétit
Allant de la Serbie aux confins de la Sibérie
A ceux qui exportent partout leurs petits dieux
A coups de bombes et de sermons pernicieux
Ceux voulant laisser leur empreinte profonde
Jusque dans la chair en des guerres immondes
Ces rêves de grandeur, de puissance et de gloire
Nostalgie du colonialisme et de grands territoires
Ou discrimination des femmes et rejet des différences
En règles rétrogrades d'une bien hypocrite bienséance
Et ces mots sans cesse qui reviennent dans leur bouche :
"Nationalisme", "Souveraineté" pour rajouter une couche
Ceux imposant en dogmes le fait religieux ou l'idéologie
Réprimant, torturant, massacrant ceux d'un autre avis
Guidés par leur terrible volonté d'emprise sur les autres
Droit de vie, droit de mort malgré toutes les patenotres
Derrière vos bannières ensanglantées, des peuple opprimés
Par les aigles multi-céphales bouffant la colombe de la Paix
J'exècre tous vos absolutismes et vos nouveaux fascismes
De dévoreurs de chair et grands adeptes du cannibalisme

Un nuage fatigué
Un nuage fatigué s'était posé sur la branche d'un arbre
A force de voyages, il aurait aimé gravé dans le marbre
Tout ce qu'il avait vu d'en haut et tout ce qu'il avait plu
Comme gouttes en larmes du ciel tombant souvent des nues
A force d'éteindre tous nos incendies, d'averses en orages
Il ne comprenait plus nos propres précipitations, notre rage
A saborder tant d'ouvrages, causant nous-mêmes notre naufrage
Dans nos errances, nos guerres, nos souillures sur les plages
Et toutes nos pollutions, nos divisions, nos gestes de voyous
Car depuis longtemps il savait qu'il faisait partie du Grand Tout
Et que depuis toutes les infimes gouttelettes s'évaporant de l'océan
Lui et ses amis arrivaient à se condenser en beaux nuages blancs
Une fois rassemblés, ils étaient Un et pourtant nés de la multitude
Alors désespéré par notre attitude, il décida de reprendre de l'altitude

Chaque année qui meurt
Chaque année qui meurt et où s'égrennent les heures
Nous ramène au tracé, pas très droit, empli de lacets
Ces virages incessants de nos intérieurs tourments
On panse les plaies, on repense aux coups d'épées
Que l'on a reçu dans le dos, dans le cul, pis donc
Entre les orages, s'il est clair qu'il y a des éclaircies
On porte des ciels si lourds que la terre en est écrasée
Et sous ces noirs nuages, on se fout à poil à tout âge
Chaque année qui pleure et où le poète maudit d'être né
Faisant bien malgré lui une oeuvre d'art de toute sa vie
Que nous contemplons comme une bête curieuse, furieuse
Révoltée, révulsée, aux poils hérissés, aux dents acérées
Mordant dans sa propre existence pour la faire saigner
Seul sujet de ses expériences, savant fou cherchant délivrance
Tout au bout de sa plume fébrile qu'il tient comme une lance
Pour se défendre des assauts du Spleen, du temps qui assassine
Chaque année qui triomphe sur lui, chaque heure non résolue
Creuse sur son visage une petite ride et l'éloigne de tout salut
Ces phrases prisonnières, ces phases de lune, emphases de plume
Parmi tous ses mots dits, tous ses maux dits, tous ces maudits
Se perdant dans des paysages arides, désert de sel, son cœur se vide
Est-ce si indécent d'écrire avec son sang, ses tripes, ses sentiments ?

Par le corps ou par l'esprit
Aimer ce n'est pas mettre sa vie entre parenthèses
Car sinon du Grand Amour, ce n'est que l'antithèse
Ce n'est que le grand tas mûr pour péter les plombs
Et finir entre détenu et geôlier d'une terrible prison
Ainsi, renoncer à soi pour ne faire que des sacrifices
C'est s'effacer tout entier et se soumettre au supplice
Tout véritable amour commence par l'amour de soi
Celui qui nous rend libre de vivre tous nos choix.
Au fil du temps, des événements, des coups reçus
On comprend qu'il nous faut réapprendre le vécu
Et on se libère de ce et ceux qui nous emprisonnent
Education, environnement et des mauvaises personnes
Par le corps ou par l'esprit, on quitte en somme
Ce qui nous contraint et ceux qui nous façonnent
Et de ma chère Liberté, je ne céderai pas un pouce
Trésor enfoui en moi dont personne ne me détrousse
Liberté de pensée, d'aimer, d'être autrement
Loin des standards qui mènent au renoncement
Regarde autour de toi pour voir qui est libre ?
Sur le fil de la vie, ce si difficile équilibre
On passe combien de temps à préserver les autres
On se comporte comme des faux saints, bon apôtre
Ménageant les parents, protégeant les enfants,
Epargnant les amis, les collègues au détriment
De ce que nous pensons et nous sommes vraiment
Alors combien de vies faut-il à chacun de nous
Pour quitter la peur et ne plus vivre à genoux ?
Toute cette énergie que l'on met à se mentir
Et qui trop souvent nous empêche de grandir
Alors nos âmes s'éloignent de nos corps
Qui souffrent et ne sont plus en accord
Réaliser la fusion entre coeur et raison
Dans le réacteur de toutes nos passions

L'Univers nous regarde
L'Univers nous regarde sans sourciller
Il n'en croit pas ses grands yeux étoilés
Il ne dit mot, mais il n'en pense pas moins
A jouer avec le diable, ce n'est pas très Malin
Il trouve que nous absorbons la lumière
Plus que les trous noirs, l'anti-matière
Dynamo, charges électriques par millions
Blessés par les ions, blessés par légions
Somme nous élégants à chaque main ?
Ou préhistoriques, porteurs de "faux cils"
Ceux moissonnant les champs pour le blé
A ras bord, leur coupe est "plaine" en vérité
Le pou voit des maux sur la tête du voisin
Le pouvoir des mots, demain sera-t-il vain ?
Qu'il faut boire à s'enivrer quand il est tiré
Et par mégarde, l'Univers qui a su nous regarder
Telle écharde dans son pied, il saura nous oublier

Déçu
Déçu, des sous, des dessous
Trop rouge sang, bien souvent
Déçu de tout, de moi, de vous
A moi, je dis : je ne sais pas
Quand l'indécent, l'autre monte
Toi, Père créateur de tout ça
Reprend notre libre-arbitre
Car on a trop fait les pitres
On n'a plus droit au chapitre
Du livre blanc de la vie, de l'envie
Entachée, maculée en sachet de thé
Toi si délicat, faîtière posée, imposée
Dans la maison fermée, bien encerclée
On en tient un grain, des cas, fées innées
Naguère, grégaire, trop rois de la guerre
Tue père et mère avec ton coeur de pierre
Déçu, pions de la vague mère patrie, partie
Faisant ses pieuvres de ses huit bras aux abris
Déçu, pas vaincu, car nage au dessus de la Mort
Même si cela sent mauvaix, l'espérance ressort
Déçu, des suées froides, déçu, positions instables
Déçu, planter la peur et toucher nos pauvres coeurs
