La voie de l'ésotérisme

 

La voie

D'ORIENT & D'OCCIDENT (Jean Moncelon)

           L’ésotérisme est donc une voie, tandis que la notion d’ésotérisme se rapporte essentiellement à un pèlerinage de l’âme vers son Orient.

            Ce pèlerinage est un chemin abrupt, une ascension en direction d’un Orient qui, naturellement, ne se trouve pas sur les cartes de géographie, qui est plutôt un Pôle – ce pôle hyperboréen de notre condition humaine, au-delà duquel se découvre une terre qui n’est plus notre terre « terrestre », mais une Terre céleste. Autrement dit, notre monde terrestre, que nous appelons « Occident », est limité par un horizon occidental et un horizon oriental. C’est en direction de cet horizon, de cet Orient, que, sous certaines conditions, certains d’entre nous sont appelés un jour à se mettre en marche jusqu’à atteindre les limites du monde terrestre. Le chemin qu’ils empruntent, c’est l’ésotérisme, la voie ésotérique à proprement parler, ou du moins, il en est la première étape.

            Cette étape ne s’effectue pas sans un guide, un maître, visible ou invisible, vivant ou ayant quitté la manifestation terrestre.

            Au terme de cette première étape, le pèlerin de l’Orient atteint donc la Source de la Vie, ainsi que la limite de notre monde terrestre, l’horizon oriental de la terre « terrestre ». Cette limite est une montagne, au sommet duquel un seuil est franchi, seuil qui s’atteint généralement au moment de la mort, mais que la voie ésotérique dépasse. Car la voie ésotérique ne s’arrête pas au seuil oriental de notre monde terrestre, elle fait pénétrer le pèlerin de l’esprit, l’initié, dans un « outre monde », qui est le Monde de l’Ame.

            Ce monde n’est pas le Paradis, il est une Terre céleste, et, comme notre monde terrestre, il présente, lui aussi, un Occident et un Orient. La seconde étape de la voie ésotérique consistera donc pour le pèlerin de l’esprit à passer de l’horizon occidental de la Terre céleste à son Orient, autrement dit à poursuivre l’ascension en direction de cet Orient majeur, depuis la Source de la Vie jusqu’à « l’oratoire du Père », selon le mot de Sohravardî, le Sinaï mystique de la tradition hébraïque.

            Cette deuxième étape s’effectue en présence d’un Maître intérieur, invisible, présent dans le secret du secret (sirr al-sirr), dans « la chambre la plus secrète de l’âme », pour reprendre une expression de Sainte Thérèse d’Avila. Ce Maître est une figure du Soi, Soi abstrait, impersonnel, ou bien du Moi céleste.

            A l’Orient de la Terre céleste, qui constitue le terme ultime de la voie ésotérique, qu’elle soit voie de l’union ou voie de l’Unité, le pèlerin de l’esprit rejoindra alors, lorsqu’il aura quitté la manifestation terrestre, non pas Dieu, mais « l’immense océan de la divinité », le Principe Suprême, l’Absolu, ou encore « le Saint, l’inconnu », selon les mots de Novalis.


 

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