Erwan Bucklefeet : quelques extraits du tome III

L'ombre du sépulcre

 

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"Etre père, voilà un bien curieux concept à assimiler quand on n’a pas encore vingt ans et que la nouvelle vous arrive de manière aussi soudaine et inattendue. Sans tomber dans la parano excessive d’une paternité imposée ou calculée par Hélène, elle venait néanmoins de le cueillir à froid à un moment où il pouvait s’attendre à tout, sauf à cela. Même s’ils ne se connaissaient que depuis quelques mois, Erwan avait confiance en cette fille et il n’imaginait pas qu’il soit tombé dans le piège d’une conception préméditée et à son insu."

 

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"Avant de poursuivre son chemin, sans trop savoir pourquoi, instinctivement, il posa ses deux mains sur l’une des têtes de loup ornant la base de l’édifice. Il fut alors assailli par un flot d’images sur la défunte princesse et sur l’histoire de sa famille. Il perçut que l’excentrique Marie-Elisabeth, princesse d’origine russe, était issue d’une famille de riches industriels possédant des mines d’or, d’argent et de diamant dans l’Altaï, chaîne de montagnes du sud Sibérien, ainsi que des fonderies dans l’Oural.


Devant les yeux mi-clos d’Erwan défila alors une partie de l’histoire de la Russie depuis le XVIIème siècle. Il y voyait le tsar Pierre Le Grand adoubant un des ancêtres de la princesse à qui le monarque avait confié par le passé la fabrication d’armes pour l’armée russe, ce Nikita Demidoff devenant le fournisseur officiel et construisant alors un des plus puissants empire industriel russe. La dynastie Demidoff s’étendait rapidement, donnant une nombreuse lignée de comtes et de princesses qui s’installa un peu partout en Europe pour y faire prospérer leurs affaires, Anatole, un des fils de la princesse Marie-Elisabeth et de Nicolas Demidoff, un des piliers de la dynastie, se mariant même avec la princesse Mathilde-Létizia Bonaparte, nièce de Napoléon Bonaparte."

 

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"Erwan s’approcha alors pour voir le visage de l’homme qui était en plein acte de dévotion. Ce n’était pas l’homme du cimetière, mais bel et bien Nicolas Flamel tel que les gravures de l’époque le représentait. Maintenant qu’il avait obtenu sa réponse, Erwan fit retomber sa concentration et revint peu à peu dans son corps physique quittant la rue Saint-Jacques. 

Depuis Hermès Trismégiste dans l’antiquité, d’autres grands noms de l’alchimie s’étaient succédés parmi lesquels Zozime, Marie La Juive, Geber, Abramelin le Juif, Albert le Grand, Raymond Lulle, Nicolas Flamel, Agrippa Henri-Cornelius, Paracelse, Cagliostro, Isaac Newton, Papus et enfin Fulcanelli. Combien d’entre eux avaient accompli le Grand Œuvre ?

 Erwan était captivé par les impressionnants pouvoirs acquis par tous ceux, parmi eux, soupçonnés d’avoir trouvé la pierre philosophale. Grâce à l’élixir qu’ils avaient su en tirer, Erwan avait entendu parler de la possibilité d’atteindre une incroyable longévité, mais aussi, encore plus fort, de se rendre invisible, de se déplacer instantanément dans l'espace, ou encore plus intéressant, franchir comme bon leur semblait la frontière séparant le monde des vivants et des morts sous le regard  protecteur du créateur leur ayant accordé ces faveurs."

 

 

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