Le blog poétique de LUOBER

Retrouvez ici, poèmes, articles et passions culturelles de votre héros,
ainsi que toute la petite histoire de la trilogie et autres anecdotes.

Le pays des gens qui m'aiment



Regarde, j'ai presque bouclé ma valise
J'ai passé avec vous des heures exquises
Mais, tôt ou tard, il nous faut partir d'ici
Y laisser quelques roses, quelques soucis

Les matins sur Terre sentent le croissant
La mer si vague, l'enfance et le sable blanc
Vous m'avez laissé, précédé, mes décédés
Et tel Lamartine, mon monde est dépeuplé

Le grand voyage n'a pas de frontières précises
Au hasard d'un matin, je partirai à ma guise
Oui, j'aurai accompli quelques jolies choses
Et écrit des milliers de vers et un peu de prose

J'irai donc au pays des gens qui m'aiment
J'arrêterai mes errances, mes blasphèmes
Je laisserai une enveloppe mais sans la lettre
Elle sera charnelle et le reste prêt à renaître



Licorne


 

Pour Temps



Tel le blé, tue tes graines, en farine
Sous la dure meule qui te mouline
Et tes ailes fragiles livrées au vent
Font tourner le monde et le temps

Inexorablement, le grand sablier s'écoule
Tout autour de nous, des vies s'écroulent
Nous rappelant alors pourquoi on joue la montre
Chaque jour, l'implacable mécanisme le démontre

Pour Temps, dans l'absolu, tu n'existes pas vraiment
Une humaine invention pour nous enfermer dedans
Pour Temps, tu cadences nos vies allégrement
Course des planètes et de la lune, couleur argent
Le grand Or, logé près du soleil, fait déformations
Où l'on apprend que ta courbure est dans l'équation

Pourtant, pour Temps, pourrissent nos corps
Parfois nos âmes en dedans sans trop d'efforts
De la petite minute que l'on s'accorde souvent
Au siècle que l'on aimerait traverser vivant
Pour autant nous ne sommes que fêtus de paille
Pauvres hommes un peu têtus dans cette bataille
En bons petits soldats perdus aux pieds de plomb
Jamais, échelle du temps, nous ne te remonterons

Mais si nous sommes un Temps soit peu idéaliste
Alors notre Esprit échappe à cette vision fataliste
Car au long travail de l'éternité, pas de pointeuse 
Seulement des avancées vers la source lumineuse




Temps 1

Hésitations



Tout comme la poésie
Parfois la peau hésite
On peut la mordiller
Ou parfois l'effleurer
Comme à l'escrime
Petit succès d'estime
L'amour a plusieurs touches
A la fin de l'envoi, je couche

Mais avant d'entrer dans la ruche
Il y a toutefois pas mal d'embûches
Pour aller rejoindre la reine aiguillon
Il faut souvent en connaître un rayon
Caresser l'essaim
Atteindre ​les cimes
Goûter au doux miel
Et à tous les délices

Pour s'adonner au rite
Il faut souvent du mérite
Les mots font cent rimes
Mais nos coeurs s'enrhument
Nos sentiments font barrage

Maintenant comme à tout âge
Même si l'inspiration nous habite
Bien souvent la messe est dite

Avec toi, coucher sur une page
Premier soir, premier ouvrage
Quand l'homme de lettres agit
La femme découvre son anatomie
Sans plus attendre, belle Balzacienne
A la lueur de ma bougie, je te ferai mienne
Et, sans hésitations aucune,
Cette nuit, je te ferai lune



Nuit 2

Tout ce qui doit...



Tout ce qui doit arriver, arrivera
Sur la ligne, sur le fil qui cassera

Tout ce qui doit dériver, dérivera
Sur les flots qui s'écoulent, là-bas

Tout ce qui doit résister, résistera
Même au temps, à la mort, parfois

Tout ce qui doit s'effacer, s'effacera
Sur l'ardoise de nos vies, on réécrira


Tout ce qui doit renaître, renaîtra
Et s'accumulent les actes, le karma

Tout ce qui doit être et qui sera
Un jour, tu verras, on s'aimera

Comme ces dix doigts portés par nos mains
Sur lequel on compte pour aller plus loin




Karma 


 

 

Des livres et moi


Avec ou sans Bible à bout de bras
Seigneur, des livres et moi

Avec du sang sur les draps
Saigneur, des livres et moi


Quand la vie est pesante parfois
Lourdeur des livres en poids


Avec l'espoir qui renaît chaque fois
Ami lecteur, garder la foi

J'écris pour toi, je crie cent fois
Les mots me mettant en joie

Quand ma langue enfin se délie
Et qu'avec ta bouche, elle s'unit
Je me sens fou, je me sens roi
Au dernier chat pitre, délivrez-moi



Livres 1





 

Je n'ai pas su




Je n'ai pas su te dire : je t'aime
​Sauf à quelques matins blèmes

Je n'ai pas su retenir l'amour
Ni toutes mes leçons du jour

Je n'ai pas su vaincre le temps
Désormais, le sablier m'attend
Je n'ai pas su garder l'humour
A cause de mauvais calembours

Je n'ai pas su planter les mots
Parfois, ils m'ont fait défaut
Je n'ai pas supplanté certains
Qui pourtant étaient malsains

Je n'ai pas su porter le fardeau
Je l'ai trouvé souvent trop gros
Je n'ai pas supporté l'absence
Même quand elle fut délivrance

Je n'ai pas su poser les hypothèses
Qui auraient résolu tant de malaises
Je n'ai pas supposé qu'il viendrait
Le grand moment de vérité

Je n'ai pas supplié les gens
Comme un origami élégant
Je n'ai pas su plier le roseau pensant
Qu'il fallait parfois plus que le vent



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