L'ermite



Je ne me mêlerai pas aux fracas du monde
A tous ces cris et tous ces gens qui grondent
Je ne suis plus dans vos peurs, dans vos hontes
Ni de ceux en qui l'on croit ou sur qui l'on compte

Je suis mort à vos jeux, mis un pied dans la tombe
Autrefois j'étais vous, juste avant que je ne succombe
Depuis lors, je me suis retiré dans ma grotte immonde
Et je trouve uniquement le repos sur mon lit d'osmonde

Ma retraite me sera payée par l'écureil, vie au vent de la forêt
Et, près de la source, la roche moussue écoute mon pas discret
Mes semblables le sont-ils vraiment depuis que je fuis leur ombre ?
Autrefois, j'ai laissé derrière moi tout ce et ceux qui m'encombrent

Du fond de mon repaire où parfois je perds tous mes anciens repères
Si je ne prie pas souvent le fils et le père, je fais briller ma petite lumière
Elle éclaire mon antre et si toutefois mon confort paraît bien sommaire
Mon ascétisme est une façon d'oublier que la vie m'a blessé dans ma chair

 J'erre, mythe de la solitude choisie
Gère, mite sur le tissu des insoumis
Je grignote lentement les jours, les nuits
Trouant vos certitudes et vos modes de vie



Ermite



 
 

 

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