Articles de luober

Laissez-moi...

Par Le 2022-09-11

Laissez-moi toujours...
un bout de ciel bleu au-dessus de la tête et je serai heureux
Laissez-moi aussi...
une jolie fleur à sentir, un oiseau en fête et je serai joyeux
Laissez-moi vivre en paix..
et je sèmerai de douces graines sur les champs de bataille
pour que plus jamais la guerre n'y fasse d'autres entailles
Laissez-nous nos enfants...
Car ils sont nos seuls trésors d'avenir, nos seuls présents
Laissez-moi m'abreuver à la source éternelle
Car j'ai soif de Liberté, loin de toute querelle
Laissez-moi enfin reposer
Car je suis fatigué d'avoir tant rêvé


Ciel 1
 

Les enfants jouent

Par Le 2022-09-06

Dans leur étonnant monde imaginaire
Les enfants tentent d'oublier la misère
S'inventant des héros, des personnages
Tous ces jeux que l'ont fait à leur âge
Pour alléger le poids de tant d'horreurs
Les enfants jouent, les enfants pleurent
Et surtout ceux qui n'ont plus de père
Lorsque ceux-ci sont morts à la guerre
Les enfants jouent, les enfants rêvent
Et aimeraient un jour connaître une trêve
Car ils voient qu'on leur vole leur enfance
Une période qui aurait dû être une chance
Et qui s'envole à tout jamais vers les nuages
Par le toit éventré par les bombes et la rage
De ceux qui ne veulent pas les voir grandir
Et qui n'ont à la bouche que le mot "haïr"
Les enfants jouent aux soldats et puis ils tombent
Alors les mères pleurent sur leurs blanches tombes


Enfants
 

Donner et reprendre

Par Le 2022-08-15

La vie qui nous donne tant
Et qui reprend tout autant
Là, sous la Lune aux reflets roux
Cette envie de hurler tel un loup 
Comme animal blessé par les épreuves
Univers insondable, tu es à l'œuvre

En ces moments d'incompréhension
Nous laissant dans la sidération
Il nous faut ici-bas, accepter
Ce que pour nous il est décidé
Quand on croit l'existence bien assise
C'est là, qu'il nous faut lâcher prise 
Bien accroché au milieu de l'immense falaise
S'alléger pourtant de ce corps qui nous pèse
Nous ne sommes que lumière d'éternité
Sur le chemin de la source de Vérité 


Lune 1

Les cannibales

Par Le 2022-08-02


A ceux qui croient dominer notre monde
Du détroit de Béring aux îles de la Sonde
Qui n'ont pas de limite à leur féroce appétit
Allant de la Serbie aux confins de la Sibérie
A ceux qui exportent partout leurs petits dieux
A coups de bombes et de sermons pernicieux
Ceux voulant laisser leur empreinte profonde
Jusque dans la chair en des guerres immondes
Ces rêves de grandeur, de puissance et de gloire
Nostalgie du colonialisme et de grands territoires
Ou discrimination des femmes et rejet des différences
En règles rétrogrades d'une bien hypocrite bienséance  
Et ces mots sans cesse qui reviennent dans leur bouche :
 "Nationalisme", "Souveraineté" pour rajouter une couche
Ceux imposant en dogmes le fait religieux ou l'idéologie
Réprimant, torturant, massacrant ceux d'un autre avis  
Guidés par leur terrible volonté d'emprise sur les autres
Droit de vie, droit de mort malgré toutes les patenotres
Derrière vos bannières ensanglantées, des peuple opprimés 
Par les aigles multi-céphales bouffant la colombe de la Paix  
J'exècre tous vos absolutismes et vos nouveaux fascismes
De dévoreurs de chair et grands adeptes du cannibalisme


Cannibale

 

Un nuage fatigué

Par Le 2022-07-28

Un nuage fatigué s'était posé sur la branche d'un arbre
A force de voyages, il aurait aimé gravé dans le marbre
Tout ce qu'il avait vu d'en haut et tout ce qu'il avait plu
Comme gouttes en larmes du ciel tombant souvent des nues 
A force d'éteindre tous nos incendies, d'averses en orages
Il ne comprenait plus nos propres précipitations, notre rage
A saborder tant d'ouvrages, causant nous-mêmes notre naufrage
Dans nos errances, nos guerres, nos souillures sur les plages
Et toutes nos pollutions, nos divisions, nos gestes de voyous
Car depuis longtemps il savait qu'il faisait partie du Grand Tout
Et que depuis toutes les infimes gouttelettes s'évaporant de l'océan 
Lui et ses amis arrivaient à se condenser en beaux nuages blancs
Une fois rassemblés, ils étaient Un et pourtant nés de la multitude
Alors désespéré par notre attitude, il décida de reprendre de l'altitude


Nuage 1

    
 

Chaque année qui meurt

Par Le 2022-06-10

Chaque année qui meurt et où s'égrennent les heures
Nous ramène au tracé, pas très droit, empli de lacets
Ces virages incessants de nos intérieurs tourments
On panse les plaies, on repense aux coups d'épées
Que l'on a reçu dans le dos, dans le cul, pis donc
Entre les orages, s'il est clair qu'il y a des éclaircies
On porte des ciels si lourds que la terre en est écrasée 
Et sous ces noirs nuages, on se fout à poil à tout âge   

Chaque année qui pleure et où le poète maudit d'être né
Faisant bien malgré lui une oeuvre d'art de toute sa vie
Que nous contemplons comme une bête curieuse, furieuse
Révoltée, révulsée, aux poils hérissés, aux dents acérées
Mordant dans sa propre existence pour la faire saigner
Seul sujet de ses expériences, savant fou cherchant délivrance
Tout au bout de sa plume fébrile qu'il tient comme une lance
Pour se défendre des assauts du Spleen, du temps qui assassine 
 
Chaque année qui triomphe sur lui, chaque heure non résolue
Creuse sur son visage une petite ride et l'éloigne de tout salut
Ces phrases prisonnières, ces phases de lune, emphases de plume
Parmi tous ses mots dits, tous ses maux dits, tous ces maudits 
Se perdant dans des paysages arides, désert de sel, son cœur ​​​​se vide
Est-ce si indécent d'écrire avec son sang, ses tripes, ses sentiments ?


Plume calendrier