Eteindre le passé


Il y a ce que tout cela a été, et ce que cela aurait pu être.

Il y a toi, il y a moi, par dessus tout cela, il y a les autres.
Les objecteurs d'inconscience, ces drôles de faux apôtres,
ceux qui payent, conseillent à la fois, juste pour le paraître.
A l'époque des choix, je n'étais pas là, j'étais dans ma peur.
A l'heure du malentendu, j'ai souffert, j'ai tout pris à coeur.
On fait souvent des paris sur la désespérance, choix capital,
Abandon moral, tourner la page du doute, celle qui fait mal.
La fuite en avant, l'éloignement et ses froids déchirements,
recherche d'un salut admirable, d'un ailleurs de survivant.
Je n'ai pourtant rien appris de tous ces instants de douleurs.
Malgré tout, le ciel s'est toujours levé sur de beaux matins,
de douces pluies, des parfums d'été et des automnes sereins.
La vie m'a gâté et j'ai su l'aimer malgré mes craintes diffuses,
malgré mes angoisses de tomber dans certaines de ses ruses.
Autrefois, plus qu'un corps à pénétrer, je cherchais une âme,
une soeur, une âme soeur, une forme insensée d'immortalité,
fantasmant d'entendre à mon endroit un courageux "je t'aime".
Rêve utopique, un brin narcissique, un de mes plus beaux drames,
jouer le beau rôle du mal aimé magnifique d'entrée de gamme,
plus confortable que celui du mâle aimé de toutes ces dames.
Sur la scène des passions oubliées, le rideau finit par tomber.
A trop vouloir bien faire, c'est bien fait, on éteint son passé,
Cette lumière d'espoir, frêle bougie, peu à peu consumée.


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