Chants de bataille


Le capitaine a le verbe haut, mais l'herbe est basse.
Il commande aux hommes, exige et ignore la menace,
Lançant en une fois toutes ses troupes sur la place.
A découvert et hagards, ils déboulent alors en masse.
Les voilà livrés au feu, attendant que la mort passe.
Elle n'est jamais très loin, espérant qu'ils trépassent.

Alors, aveuglément, les balles et les éclats fusent,
et leurs regards perdus et implorants accusent.
Bien loin de leur douce vie de père de famille,
ils slaloment pour éviter les coups de faucille,
espérant échapper à la moisson rouge et tragique
des blés humains faisant la grandeur de la République.

Alors, tombés pour la France sur les champs de bataille,
On les honorera au son martial des chants de bataille.
On vantera alors le sang versé pour la multitude,
enlevant de l'esprit du peuple toutes incertitudes.
Rétribuant la veuve et l'orphelin pour le tribut offert,
l'âme en paix, on se resservira deux fois du dessert.

Porté par le tourbillon et le tumulte incessant de l'histoire,
nos guerres, nos paix semblent si dérisoires, si illusoires
quand de la terre grasse de nos champs de batailles,
remontent le chant sépulcral de leurs vides entrailles.


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